DES CATHOLIQUES ROMAINS. 177
fie efpece de Chapelet. Il paroît encore , par des Médaillés que l'on peut voirdans le Traité de la Religion des anciens Romains par Vu Choul , que l’on avoir aussichez eux l’uíàge du Chapelet. Il n’étoit pas moins nécessaire aux Paiens, qu’auxChrétiens Sc aux Mahométans , puiíque les prières des premiers étoient pour lemoins aussi (a) chargées 8c aussi difficiles à retenir que celles des autres. On croieque le même Pierre PHermite, dont nous venons de parler, inventa les Heures& l’Office de Notre Dame.
Quatre Instrumens de pieté ont formé quatre Confrairies considérables. Celle duRosaire doit íà naissance au Rosaire de S* Dominique. Le Rosaire est un grand Chape-let de cent cinquante grains qui font autant d’Ave Maria. Ses dixaines font sépa-rées par un grain un peu plus gros, qui fait un Pater. Les quinze gros grains repre-fentent 1 5. Mystères, sb) „ qui sont comme de belles images où l’on voit les desseins„ du Pere éternel en la naissance temporelle de son fils, les accidens qui lui arri-3, verent dans son enfance en íà vie cachée 8c inconnue , en íà vie soufrante 8c33 laborieuse, 8c en íà vie glorieuse 8c immortelle. fC Les Chapelets ordinaires n’ontque cinquante Ave S>c cinq Pater. Avant que de réciter son Rosaire, il fout le pren-dre 8c faire un signe de Croix íur foi. On doit réciter ensuite le Symbole des Apô-tres , pour íè diípofer à la priere : après quoi on dira un Pater 8c trois Ave àcause des trois raports de la Ste. Vierge aux trois personnes de la Trinité. Aprèsces préliminaires de pieté on passera aux quinze dizaines. Le Chrétien dévotdoit obíèrver de s’introduire dans les mystères de chaque dixaine par une Orai-son, qu’il trouvera dans les livres qui traitent de la Dévotion méthodique du Ro*faire. Les 15. Mystères íè partagent en trois Classes, dont la premiere renfer-me les cinq mystères joieux 5 les cinq mystères íuivans font les douloureux , à eau-íè qu’ils roulent fur la Passion du Sauveur ; 8c les cinq derniers les glorieux , par-ce qu’ils sont destinés à íà Résurrection 8c à son Ascension 8cc. Après le RosaUre , les Confieres , qui ont l’honneur de porter son nom , doivent réciterles Litanies 8c les Oraisons pour les affligés 8cc. Ils élèveront leurs cœurs à laVierge, (c) qui est la Reine du Rosaire , ['Impératrice du Ciel & de la Terre , ['In-tendante Souveraine des snances & des richesses celejles : 8c comme non feulementles fidelles doivent prier les-uns pour les autres, mais demander même dans leursprières l’augmentation du Culte dont ils font profession ; ceux du Rosaire n’ou-Plieront jamais ce dernier article , 8c tacheront de foire des Profelytes á la foi deS. Dominique.
Ce Saint, dont les Légendaires content des merveilles, étoit d’une naissancerres illustre. Il nacquit en Espagne en lan 1170. Il étoit encore enfant, (d)quand la Sainte Vierge commença de lui aprendre la dévotion du Rosaire , quidevint bientôt le grand objet de la pieté du Saint. Une Mission à laquelle il fedestina en Espagne pour exciter la dévotion des peuples envers Notre-Dame luidonna occasion d’établir (e) la Consrairie du Rosaire , 8c dans la fuite il en prê-cha Rétablissement dans tous les endroits où il pastà. Nous ne dirons rien desmiracles de íà Mission contre les hérétiques du Languedoc, ni des feintes persé-cutions
O Agmìne verborum Deum adeundum putant. Tertul. de Orat.
C) Alanus Redivìvus.
'156 V°* es ^ pratique de la Confession & l'exercice du Rosaire à la fuite du Psautier de N. Dame a Lise
U) Alanm de Rupe. Giry Fies des Saints.
1 . ) ’s 6r cet etabliííement en faveur de quelques Corsaires Mahométans qui l’enlevercnt un jour qu’il pré-
oit lur le rivage de la mer. Après avoir été long-tems maltraité par ces barbares, il eut le bonheur de^ con veitir & de les baptiser, âpres quoi il les fit dévots du íâcré Rosaire.
Tome I. L. Partie , Y y