DES CATHOLIQUES ROMAINS. 15
Iteur qui aíìisteroit à cette cérémonie d’humilité ne reçevroit les Cendres qu’a-près tous les Cardinaux» Les Princes de TEglise sont au-dessus des Princes duSiécle.
' Íí CARNAVAL, te CARÊME,
les Q_U ATRE TEMS.
On trouve, dit (a) mi Auteur Protestant, 1 origine du Carnaval chez lesÀseodrogites, efpece de libertins qui parurent dans le quatrième siécle , & quirenouvelèrent alors les Bacchanales Païennes. Que lé Carnaval imite les Bac-chanales, ou les Saturnales, à la bonne heure, toujours est il fur que ion liber-tinage n’est pas ordonné. On le toléré , éc Tantiquité de ces débauches pério-diques les fait preíque passer pour légitimés. Les mascarades, les déguisemensôc les changemens d’habits étoient en usage dans plusieurs Fêtes du Paganisme *telles qu etoient les Fêtes dont nous venons de parler, (b) les Lupercales & les (c)Megalefia de la Deesse Cybele.
Le Carême est une imitation du jeûne de Jesus-Christ. IÌ est très an-cien , puisque plusieurs anciens Pérès le citent ; mais dans la primitive Eglise onaie se tenoit pas toujours au jeune de 40. jours : on a des exemples de Carêmesplus cours, éc l’on en a austì de'plus longs. Quelquefois 011 commençoit leCarême a la Septuagesime, d’autrefois â la Sexagesime, & souvent à la Quin-quagesime. Les uns lui donnoient six semaines, les autres sept, mais quelques-uns ne le commençoient que trois semaines avant Pâques. On l’observoit rigou-reusement , non seulement en s’abstenant du vin , de la viande, & de toutesensualité, mais même en jeûnant jusqu au soir. Enfin il étoit défendu de se■marier pendant le Carême, & cela s’obíerve encore aujourd’hui.
Le Jeûne des Quatre-tems est ( d ) d’Origine Judaïque. Ce que l’on appelle lesQuatre -tems consiste en trois jours de jeûne solemnel ordonné dans chaquesaison de Tannée. Le jeûne des Quatre-tems aprend aux fidelles que les quatre:parties de Tannée doivent être également consecrées â Dieu. Quelques-uns pré-tendent que ces jeûnes étoient établis dés le premier Siécle de T Eglise, maisqu’ils n’étoient pas d’une ordonnance absolue , & qu’on pouvoir s’en abstenirsens scandale. On prétend que cette indifférence ne sut suprimée qu’avec setems par ses Concises : on veut même que 1 e Pape Saint Léon n’ait institué qu’en-viron Tan 460. ses quatre jeunes solemnels que Ton appelle ses Quatre-tems. Ondit aussi que 1 e Pape Gelase commanda que ses Ordinations des Prêtres èc desPiacres se fiísent en ces jours lâ, & comme du tems des Apôtres on procedoitct ces ordinations par des jeunes &c des prières publiques, il étoit bien juste queles Quatre-tems fussent marqués par ces actes de pieté, & que ses fidelles em-
( a ) 'Hift* des Cérémonies & des SuperJì. qui fi fint introduites dans VEglise,
(b) Les Lupercales se célébraient au mois de Mars. On se déguisoit alors de toutes sortes de maniérés írnais les plus dévots, dans ^intention de plaire âu Dieu Faune, célébraient la Fête tous nuds, pour mieux íai-^ b commémoration d’une avanture galante du Dieu Faune, laquelle eft décrite par Ovide au L. r. de ses Fa-fi e t. Les Saturnales se célébraient avec là même licence au mois de Decembre.
(c) Cette Fete se célébrait au commencement du printems. Oft se masquoit & se déguisoit âlors si généra-Renient., qu’il étoit ailes difficile de reconnoîtreles gens, à ce que dit Herodien. L. r. Chap. 32.»
On veut que les Qyatre-tems aient du rapport à ces quatre jeunes que les Juifs appelloient du quatrié-i ne > du cinquième, du septième & du dixième mois. On solemniseles quatre-tems en Mars, Juin, Septeriì-
Decembre*
Tome IL
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