24 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
Paul y celui de Saint Marcel lest aussi. Fête en l’Egliíê des Arméniens, on l'on voitun Saint Sépulcre de Nôtre Seigneur semblable à celui du Cahaïre: Chapelle Pa-pale au Palais Apostolique : un Pere Jésuite sait le Sermon de la Passion & le Car-dinal Pénitencier fait l’Office :
L’Ofiìciant est ( a) en noir : il n'a ni sandales, ni gands, l’Autel est nud , laCroix qui est au millieu est revêtue de noir, comme nous lavons déjadit: lesCierges font de cire commune :1e baldachin est couvert de noir, de même que lesiège de S. S. pour les murs de la Chapelle, ils sont dépouillés de tout ornement.Le dueil du jour ne permet pas qu’on rende certains honneurs au Vicaire deJesus-Christ crucifié. Les Eminences ne lui sont pas la reverence, & les Mi-nistres qui doivent chanter la Passion ne lui baiíênt point le pied. Quand ceuxqui chantent la Passion disont ces parolles, aiant baissé la tête il rendit l’esprit, lePape, le Célébrant & les autres fidelles doivent so tourner vers l’Autel, faireune génuflexion & prier tout bas. Tout cela s’obíèrve de même dans les au-tres Eglises, & ne change pas quand même le Pape officieroit.
(b) Le Vendredi Saint le Vicaire de Jesus-Christ ne s’assied que fur un.banc 8c lors qu’après l’Office leurs Eminences le ramènent dans íâ Chambre, ildoit fe garder de part & d’autre un profond silence , qui est l’effet de la tri-stesse.
Le soir à u. heures les Grecs font en leur Eglise les obsèques de Jésus -Chris en leur langue, autour d’un grand Crucifix expose fur un lit de paraderempli de fleurs, que l’Evêque Grec distribue aux Assistans par dévotion aprèsla fin de l’Office.
LAD O RATIO N de la CROIX.
Voici un grand sujet de scandale pour les hérétiques. Ils regardent commeune Idolâtrie manifeste les Cérémonies de cette adoration solemnelle du Vendre-di Saint. Ils ne íàuroient comprendre que les prières de ce jour s’adreíìent àJesus-Christ crucifié , & que quand on dit à la Croix, ( c) Notre unique espé-rance , on parle métaphoriquement au Sauveur lui même. Peut-être feroit il bond’ôter des scrupules qui diminueroient l’aversion des ennemis de l’Eglise ; peut-être rameneroit on des gens qui ne cessent de crier à la mawvaise foi , parce quele Vendredi Saint on dit figurément de la Croix, qui est lob jet de la Cérémo-nie, (d) Voici le bois de la Croix , venés , adorons le. Ne vaudroit il pas mieux re-trancher que d’avoir pour ennemis déclarés ces dévoies, qui depuis plus de deuxcens ans tiennent en échec les fidelles de la Catholicité, & leur font honte deplusieurs pratiques autrefois si constantes, si autorisées, qui tombent presque dansî’oubli, ou tout au plus n’ont d’autre refuge que l’Italie & l’Eípagne? Combien degens sont réduits aux subterfuges, aux déguiíèmens &' aux détours, pour n ’oCetdéfendre ouvertement ce qui est folie au libertin & scandale au Huguenot.
(e) Après Nones le Célébrant íè rend a ’l’Autel, précédé des Acolytes íâ nsluminaires, &: des autres Ministres de l’Autel. D’abord ils font une génu-flexion à l’Autel ôc saluent la Croix, devoir neceflàire en tout tems, mais par-, ticuliemenc
(a) Cerim. Sdcr. Eccl. Rom. Lib. z.
(b) Id. Ibid.
(c) O Crux ave fpes mica.
(d) Ecce lignum Crucis, venite, adoremuu
( e) Pifcara Praxis Csrem.