86 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
VApologie pour Hérodote pourroit nous fournir des exemples fort rejouïíTans decette ignorance , mais l’Auteur est: recuíable à cauíè de son Calvinií-me. IÍ suffira d’alleguer pour la satisfaction du lecteur (a) une Epigram-me de la façon d’un poete Catholique._ A 1 égard des défauts du corps , ondiroit presque sans croire avancer un paradoxe , qu’il est plus nécessaire deleviter que le défaut d’efprit. Peu de fìdelles verroient avec édification unPrêtre difforme de corps , borgne ou mutilé , surtout au visage , faisant lesfonctions Ecclésiastiques. S’il étoit possible de le supporter quelque tems, ildevroit ce bonheur à la curiosité du public, & peut-être n’iroit-on le voir quepour insulter à ses défauts & íè divertir de fa physionomie. Mais aussi qui estcelui qui ignore dans cette occasion le foible de l’eíprit humain ? Après toucDieu lui même a récusé sous le Judaïsme les Prêtres difformes ou mutilés : il estjuste que les Chrétiens suivent un ordre qui en conservant la dignité du sa-cerdoce montre aux hommes que Dieu souverainement parfait veut des Mini-stres aussi parfaits que la nature humaine les peut produire. L’Eglise Catholi-que observe assés exactement cette réglé : mais il s’en faut beaucoup que laCommunion de Calvin l’obíèrve avec exactitude : aussi un fameux Auteur a-t’il jugé à propos de se plaindre dans (b) un excellent Ouvrage de la négligen-ce au choix des Pasteurs. Ce n’est pas que ceux de cette Communion ne Rac-commodent fort bien de ces prédicateurs agréables & de bonne mine , quiprêchent beaucoup mieux par leur éloquence exterieure & par l'étendue d’uneimagination accompagnée de la beauté du viíâge, que par la régularité de la vie& par le détachement des choses mondaines : mais quoi qu’il en soit, ils re-çoivent &t consacrent ceux qui ont des qualités corporelles sort opposées auxtalens dont nous venons de parler. Revenons de cette petite .digression. L’E-gliíè Catholique exclut les bâtards des Ordres sacrés : cependant il y a excep-tion à cette réglé & de nos jours on en a reçu qui étoient publiquement re-connus pour tels. Le défaut de réputation, le défaut d’age & le défaut de dou-ceur ne font gueres moins d’exceptions. Elles sont si connues qu’il seroit foreinutile d’en alléguer des exemples.
Le Rituel d’Alet nous dit, qu’on ne doit point uíèr de censures pour exter-miner les animaux nuisibles aux biens de la terre, comme les rats, les chenilles,les sauterelles &c. L’Egliíè fe sert d’exorcifmes , d’eau benite & de quelquesprières instituées à cet effet. Le Curé, ou le Vicaire,dit encore ce Rituel, doitfaire rapport à l’Evêque d tu dommage que les injectes font aux fruits de la ter-re dans íà Paroisse, & pour lors, si l’Evêque le juge a propos, on emploiequelques prières contre ces Infectes. Le Curé íè transporte en un lieu éminent,de la campagne où ces animaux font le plus de dégât : il s’y revêt du surplis& de l’étole violette : il a a fa droite un Clerc qui tient le vaíe de l’eau benite SCl’aípersoir. De ce lieu éminent, après un signe de Croix, le Prêtre prononceles prières ordonnées, après quoi il aíperfe les champs d’eau benite, & cela troisfois en forme de Croix. Quoiqu’il soit défendu de fe servir de censures 8c de
l’ex-
(a) Quelqu'un desrant être Prêtre ,ui l’Evêque Je présent a,
Lequel lui dit, fi tu veux l’être yQuot sunt septem Sacramenta ?Puis il dit , tres ; Y Evêque , quas ?Sunt fides, fpes & charitas.Parbieu tu as bien répondu:
Sus Clerc qu'on de'pêcbe son casJl mérite d’être tondu.
(}) Mr. Ostervald dans íòn Traité des sources de la Corruption.