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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS. 125

tonsure, laquelle, selon les Rituels, marque le renoncement au Siécle. Cettetonsure trouve son origine dans le Nazareat des anciens Juifs, que S. Paul [a)conserva pour gagner les Juifs au Christianisme. Les témoignages des AnciensEcrivains Ecclésiastiques confirment quelle a été pratiquée dans l’Eglise primiti-ve. ( b ) Un ancien Prélat, qui stetoit pas ennemi des explications mystiques 8tallégoriques des Cérémonies, nous aprend que la simple tonsure est l’image dela Couronne d’épines qui fut mise fur la tête du Sauveur , en dérision de íâRoiauté, & que la double represente la tête de S. Pierre, ou pour mieux dire laCouronne de Martyre, dont cette tête fut couronnée, après que l’Apôtre l’eucperdue dans fa mission vers les infidelles. Cependant les Actes du Martyre déS. Pierre , ne disent pas qstil perdit la tète, mais bien qu’il fut crucifié. Si cesallégories ne plaisent pas au lecteur , en voici d’autres. La rondeur de la ton-sure est un hiéroglyphe (c) de la perfection à laquelle les Ecclésiastiques doi-vent tâcher de parvenir. Cette tonsure, que l’on appelle Couronne â cauíè desa figure, represente encore la Roiauté spirituelle des Ecclésiastiques. Nous nesaurions dire précisément, si les peuples du Paganisme steíîàioient pas aussi d’ex-pliquer par de semblables allégories la tonsure de quelques-uns de leurs Prêtres,comme par exemple celle des Prêtres d’isis ôc de Sérapis : car ils a voient la tête rasée.

L’Evêque administre le Sacrement de l’Ordre en qualité de Chef de l’Eglisc &cde tous les Ecclésiastiques. Cette cérémonie religieuse doit íè faire en preíèncedu peuple, 8c s’il sc peut, dans l’Eglisc Cathédrale : le rems qu’on choisitpour la faire c’est le Carême, la veille du dimanche de la Passion ou dePâques, 8c les Quatre rems. Les fidelles, nous disent les Rituels, emploientalors les jeunes 8c les prières pour demander â Dieu des Ministres sages 8cprudens.

Celui que l'on doit tonsurer se présenté devant l'Evêque en soutane noireavec le surplis fur le bras gauche, 8c un cierge allumé en la main droite, (d)Il est â genoux pendant que l’Evêque debout 8c couvert de fa mitre récitéune Oraison 8c les Versets sacrés qui conviennent â la cérémonie. Ensoitel’Evêque s’assied, (e) lui coupe les cheveux en cinq endroits j assavoir par de-vant, par derrière, aux deux côtés des oreilles, 8c au sommet de la tête, pen-dant que le tonsuré dit avec l’Evêque , (f) le Seigneur ejl la portion de mon hé-ritage, &c. Après la tonsure, l’Evêque dépose fa mitre 8c dit une Oraison surle tonsuré, 8c le Chœur chante une Antienne, après laquelle l’Evêque réciteune seconde Oraison en se tournant vers le tonsuré. Ensuite il le revêt du sur-plis, en lui disant, (g) que le Seigneur vous revête de l’homme nouveau 8c c. (h)Lorsque la Cérémonie se fait en particulier, le tonsuré remet son Cierge â l’E-vêque,

(a) vîtles de Apêtr. Ch. 21.

(b) Germain Patriarche de Constantinople cité par Cafalius.

(c) Les Egyptiens deíignoient la perfection & l’éternité par le cercle. Cette idée paíîà aux Juifs, témoin lecercle ou la couronne d’or qu’on voioit autour de l’arched’alliance. Elle passa aux Paiens le plus éloignés, com-me les Romains &c. Enfin on la trouve chez les anciens Mexicains. Voiés à ce sujet le premier Volume desCeremomes des Peuples Idolâtres.

(d) Pifiara Praxis Cazrem.

(e) Autrefois on coupoit tous les cheveux, de telle façon qu’il n’en restoit qu'un petit cercle aux extré-mités. Telle est encore aujourd’hui la tonsure des Religieux &desensans de chœur. Le Concile de Tolèdecondamna comme hérétiques les Espagnols qui, à l’imitation de ceux de l’Ordre des Lecteurs en France, &de quelques h'ff tiques en Espagne, n’avoient la tonsure que furie sommet de la tête. Canon. Cône. Tolet, dansCafalius de Ritib. étrange & dangereuíe herefie !

(f) Domìnus pars hareditatis me& &c.

(g) Induat te Domìnus novum hominem &c.

C h) Pifcara ubi sup.

Tom. II.

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