igo DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
,, mencement par les Evêques mêmes, pour reconnoître le mérite & subvenir„ aux besoins de quelques Ecclésiastiques. Mais cela a passé bientôt plus loin„ s’est étendu sens bornes, comme on l’a vû depuis dans le Clergé & dans„ les Monastères. Le Benefice n’est donc pas simplement un droit de recevoir„ une partie des revenus de l’Eglise, à cause du service qu’on lui rend, droit„ qui est fondé sur l’Evangile, & qui a toujours été depuis les Apôtres. C est„ celui de jouir d’une partie du bien de l’Egliíè, spécialement assignée & de-„ terminée , en sorte que les autres Ecclésiastiques n’aient aucun droit d’en
„ jouir . ... & ce n’est pas feulement aujourd’hui le droit de jouir d’un re-
,, venu de l’Egliíè. C est encore un droit fixe & permanent, en forte qu il
„ passe a un autre, après la mort de celui qui l’a possédé - ce qui n’étoit pas
„ autrefois : car lorsque les Benefices ont commencé de s’introduire, . . . ils,, n’étoient donnés que pour un tems, ou pour la vie aux Ecclésiastiques que„ l’on vouloir gratifier, & après leur mort ils revendeur a l’Eglise. "
Il fiiut au moins être âgé de quatorze ans pour tenir un Benefice, & avoirreçu la tonsure. Nous laissons a d’autres le foin du détail de toutes les qualitésrequises pour vaquer dignement au Benefice. Nous ne disons rien non plus dela Vocation au Benefice.
A 1 égard de la pluralité des Benefices, le Rituel d'Aïet parle très sagementsur cette matière. L’ancienne Eglise, dit-il, n’a pû condamner cette pluralité,puisque la possession des Benefices, telle quelle subsiste aujourd’hui, ne luiétoit point connue. " On voit néanmoins l’esprit de l’Eglise sur ce sujet dans„ un des Canons du Concile de Chalcedoine qui défend aux Ecclésiastiques de,, se faire enroller en deux Eglises. Cela revient a la pluralité des Benefices...„ le second Concile de Nicée tenu au tems de Charlemagne, défend la même,, chose comme un gain honteux , excepté pourtant qu’il le permet a la cam-„ pagne, à cause de la rareté des Ecclésiastiques en ce siécle la. Enfin un Con-„ cile de Paris tenu en l’an 82.9. condamne le même désordre & en marque„ la même source, qui est l’avarice. " Depuis rétablissement des Benefices,la pluralité n’en a pas moins été condamnée. Les Docteurs de l’Eglise s’ensont plaints, &c quand le Pape a dispensé de tenir plusieurs Benefices, ils ontsoutenu que cette dispense n’excusoit pas le péché de la pluralité. Ils ont insi-nué que cela étoit bon pour le monde , mais que dans le Ciel on en jugeoitautrement. Néanmoins l’usage est depuis long-tems général de tenir plusieursBenefices.
Ceux qui ont des Benefices, & surtout ceux qui en ont avec charge dame,sont obligés â la résidence: mais ils laissent souvent le soin de résider au Vi-caire. Cependant la discipline de l’Eglise les prive de percevoir les fruits de leurBenefice pour autant de tems qu’ils s’en, sont absentés. La quantité de Bene-ficiers, qui ne résident pas , nous persuade que l’on use d’une extrême indul-gence en cette occasion & de plus l’abus est.si invétéré, qu’il est comme im-possible de le corriger. ,
Il est défendu aux Ecclésiastiques de vendre ou d’acheter les choses spirituel-les ou celles qui y sont annexées. Ce trafic] s’appelje simonie. Par choses spiri-tuelles on entend les dons du S. Esprit, les Sacremens & les fonctions spiri-tuelles, comme prêcher, celebrer la Messe. Par choses annexées aux spirituelleson entend les revenus des Benefices , qui dépendent des fonctions spirituellesque les Beneficiers doivent exercer. Si l’on pressoir un peu l’article de la Simo-nie , il seroit bien a craindre que le péché qui en est la fuite ne s’étendit sor laplus grande partie du Corps Ecclésiastique. On distingue cette Simonie en