146 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
au titre de superieure. Voilà tout le rapport que Ton peut trouver entre nosReligieuses & celles des peuples que nous venons de nommer.
Celle qui se présenté pour être Abesse commence par prêter le Serment defidélité à ion Ordinaire & à l’Eglise qu’il gouverne. Ensuite le Prélat qui la re-çoit lui donne íâ bénédiction, & après avoir posé les deux mains fur fa tête, luidonne la réglé, bénit le voile blanc dont il doit couvrir la tête de cette nouvelleAbesse, 8e le lui {a) met fur la tête, de telle façon qu’il tombe sor les épaules& fur la poitrine de l’Abeíse. Il n’y a rien de particulier au reste de la cérémo-nie, qui consiste au baiser de paix, 8c à introduire la nouvelle Abesse parmi sesReligieuses.
On ne donne le voile aux nouvelles Religieuses, non plus qu a l'Abesse,dont nous venons de parler, qu en des jours solemnels, comme le dimanche,ou les grandes Fêtes. En général ces filles ne doivent être reçues qu a vint-cinq ans, & après les avoir bien examinées, questionnées, instruites fur le grandprojet de garder fa virginité tout le reste de ses jours: projet qui petit bien sefaire dans la vivacité de la dévotion, 8c quelquefois du dépit, mais dont l’exe-cution dépend d’une infinité de circonstances, est (h) sujette á beaucoup d’accidens,8c exposée à de terribles tentations , même dans les retraites 8c les Couvens.Le Diable se fourre par tout: nous ajouterions volontiers, que le projet de restervierge se fait souvent après coup : mais les réflexions qui refulteroient d’un teljugement seroient trop peu charitables pour leur donner place dans la descrip-tion d’une cérémonie , où les filles déclarent qu’elle ne veulent donner leur foiqu’au Seigneur. La précaution qu’on observe, de leur demander si elles (c) fontvéritablement Vierges, 8c la réponse quelles sont sens doute, ne prouve pasquelles le soient. Én pareil cas une fille qui veut se donner à Dieu manque ra-rement de répondre avec édification. On porte donc à l'Autel tout lequipa-ge de la future Religieuse , habit , voile , anneau, couronne : ses proches pa-rentes l’accompagnent devant l’Evêque, deux vieilles 8c vénérables Matrones sontses paranymphes. L’Evêque dit la Messe. Après le Graduel , les futures Reli-gieuses eseortées de la façon que nous venons de le dire, 8c aiant le visage cou-vert entrent dans l’Eglise 8c se présentent au Prélat : mais avant que de se présen-ter, l’Archiprêtre chante une Antienne, dont le sens est, quelles doivent avoirleurs lampes allumées , par ce que ÌEpoux vient au devant d.'elles. Pendant que l’Ar-chiprêtre chante, elles allument leurs cierges. L’Archiprêtre les présenté à l’E-vêque de la façon qu’on le voit (d) dans la figure. Après la présentation l’E-vêque (e) les appelle juíqu’à trois fois en chantant 5 elles lui répondent de mê-me. Etant en présence du Prélat, elles écoutent à genoux l’exhortation qu’illeur fait touchant les devoirs de la vie religieuse ; ensuite elles lui baisent la main,8c se prosternent autour de lui; pendant que le Choeur chante des Litanies.Alors l’Evêque tenant íâ croise de la main gauche acheve de leur donner íâ bé-nédiction. Elles se releventj il bénît ces habit nouveaux , qui marquent le mépris du
mon-
(a) Voies la Z- figure page 14 5. Cette cérémonie a lieu quand l’Abesse n’est pas encore Religieuse.
(h) Les Médecins attribuent divers, maux à des excés de continence. On remarque auíli que les filles quivieillissent fous le joug de la virginité, font ordinairement acariâtres, médisantes, de mauvaise humeur, &d’une dévotion incommode & impérieuse.
(c) Inquirit ipfas de integritate carnis. Pontif. Roman.
(d) Voiés à la page 145. la 4 - figure de-la planche.
òo In cmtu-i dicens, vende. V'irgines respondent , & nunc sequìntur. La premiere fois elles s’avancent jus-qu’à l’entrée du Chœur ; la seconde jufqu’au milieu ; la troisième juíqu’au Presbytère. Elles s’agenouillentdevant l’Evêque , baissent la tête jusqu’à terre , & se relevent ensuite en chantant ce Verset , Receves mot ,Seigneur , filon votre sainte parolle. >
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