Band 
[Volume I.]
Seite
168
JPEG-Download
 

168 SUPPLEMENT DE LA

l’Etat Ecclésiastique. Ges deux charges sont à vie, Sc le Pape les donne or-dinairement gratis 3 Sc quelquefois dans les pressens besoins de ses Etats il entire de l’argent; elles vallent quinze mille écus de rente par an.

Les Sous-Secretaires d’Etat sont obligés par leur office de faire toutes les minu-tes dont le Cardinal Secretaire a besoin, Sc de mettre au net toutes les Lettres ScPatentes qu’il doit signer. On donne souvent ces charges à ceux qui sont Se-cretaires de la Consulte, ou de la Congrégation du bon Gouvernement, com-me aussi le Maître de Chambre, Sc l’Auditeur du Pape, qui reçoivent des Mé-moires & Placets par lesquels on demande au Pontise des grâces, ou Justice quandles Magistrats établis pour cela ne sont pas équitables. Toutes ces charges sontdonnées par le Pape, qui en prive ceux qui ses ont quand il lui plait : ellesvallent quinze cens écus de rente annuelle fans compter le tour du bâton , qui envaut quelquefois quatre ou cinq cens.

Le Secretaire qu on peut appelles le Confident particulier du Pape, est presquetoujours un Cardinal, mais il y a quelquefois des Pontifes qui choisissent un au-tre Prélat, qui a sous lui plus ou moins de Sous-Secretaires, solon que le Paperégnant veut faire de la dépence, Sc rendre se Cour splendide. Ils portent l’ha-bit violet, Sc assistent â la Chapelle du Pape avec le Camail Sc le Rochetj leurdemeure est au Vatican, où ils ont chacun leur appartement, de même qu aMonte-Cavallo, quand le Pape y va faire quelque séjour, à quoi il ne manquepreíque jamais l’Eté, pour éviter les grandes chaleurs Sc le mauvais air de la basseVille. Toutes ces charges que le Pape ne donne qu’â des Prélats, qu’il juge ca-pables de garder le secret de toutes les affaires qu’il leur confie , ne sont pointvénales ni à vie, Sc cependant ceux qui en sont pourvus gratuitement, ne setrouvent jamais contraints de les quitter, si ce n’est pour en occuper de plusconsidérables j parce que si le Pape les en privoit de mauvaise grâce , Sc sousquelque prétexte que ce fut , ils prendroient de là occasion. de révéler biendes choses qui nuiraient au Pontife régnant.

II n’y a aucun de ces Secretaires qui naît au moins douze cens écus derente annuelle, sens être obligé de servir que par semestre , encore non t ils pasdurant ce tems là beaucoup de peine, car toute leur occupation ne consiste qu aseire quelques petites notes dans le Cabinet du Pape , à mettre au net quelquesLettres ou Billets, dont il leur donne les minutes, Sc à tenir quelques Regis-tres ou Tablettes , qui contiennent une eípece de Journal de tout ce que lePape fait Sc dit en présence de quelqu’un, Sc ce qu’il médite Sc résout en sonparticulier dont il veut que la mémoire soit conservée. C’est de ces Journauxque Platine a compilé son Histoire de la vie des Papes, & que l’on tire celle detous les Conclaves dont on publie les intrigues.

Tous les Papes n’entretiennent pas un pareil nombre de Secretaires, pourcomposer les Brefs taxés, qui sont des Lettres aux quelles on donne ce nom »quand elles sont expédiées sous l’Anneau du Pêcheur , qui est un des trois ca-chets du Pape. Il y a quelquefois juíques à vingt-quatre Secretaires qui travail-lent à seire ces Brefs, entre lesquels le Pape en choisit Un pour son Prélat do-mestique, Sc référendaire, lui donnant l’habitation au Palais, & la Table com-me à ses Secretaires particuliers. s ■

Ces vingt quatre Charges font vénales, Sc coûtent chacune neuf milleécus. Il n’y a point de Secretaire qui n’én tire au moins huit cens écus paran, mais comme elles vaquent à la mort du Pape , Sc que ceux qui en étoientpourvus ne peuvent plus lés exercer , ni recevoir aucune chose de la sommequ ils ont financée , il ne se* trouve pas toujours des personnes qui veuillent