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[Volume I.]
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184 SUPPLEMENT DE LA

civiles des Finances , Sc outre cela il assiste avec le Trésorier Général a la Revi-sion de tous Comptes, dont il est comme le Controlleur, quoi qu’il y ait pource même sujet un Computiste, mais l’un Sc l’autre ne sont que simples dépu-tés du Pape, &: n’achetent point leurs Charges. Celle du Computiste rend en-viron mille écus par année , Sc celle du Commissaire douze cens fans y com-prendre ce qu’il retire pour vérifier les comptes des Gabelles, Sc Impôts, ceuxdes Gréniers de l ’Annone ou abondance, Sc pour tenir un Registre de tout cequi entre Sc fort des Chambres où l'on fait battre des monnoies au coin duPape. Ces trois derniers emplois rendent au Commissaire de la Chambre A-postolique, pour le moins autant que les autres Controlles qu’il tient ; déser-té que ses appointemens valent d’ordinaire deux mille quatre cens écus tous lesans, fans y comprendre le Cafuel qui est un des plus considérables qui soit dansles Charges des Finances.

L’Avocat Sc le Procureur Fiscal défendent 1 un par le droit, & l’autre par lefait, les intérêts de la Chambre Apostolique, sor toutes sortes de matières, Scpar devant tous les Tribunaux, en quoi ils sont aidés par le Commissaire , leTrésorier, Sc le Computiste dont nous avons parlé.

Les Charges de l’Avocat Sc du Procureur Fiscal sont vénales. Le Pape les ataxées à quinze mille écus chacune, Sc elles rendent du moins huit pour centtoutes les années. Outre cette somme fixe, il n’y a point de Charge dans laChambre, ni dans la Chancellerie Apostolique, dont le Caíuel soit plus consi-sidérable que de celles-ci,parce que les principaux différends qui surviennent ausujet des Fiels, concernent l’Empereur d'Allemagne, Sc les Princes d’Italie.

Nous renvoions le Lecteur a la page 6z. de la seconde partie de cette Diíïèr-tation, pour y aprendre les Cérémonies qui concernent la maniéré d’indiquer Scde tenir le Consistoire. Il n’y a jamais plus de douze Avocats Consistoriaux àRome, leurs Offices sont à la nomination du Pape, qui donne , ou vend cesCharges comme bon lui semble. Ce sont ces Avocats qui font les discours Scles Harangues dans les Consistoires publics , secrets, Sc demi publics. LaChambre Apostolique leur paie douze ducats pour chaque diseours. Us deman-dent le Pollium au Consistoire secret pour les nouveaux Archevêques, en fàiíântune efpece de Plaidoyers pour chacun deíquels ils ont dix ducats, qu’ils reçoi-vent de ceux qui obtiennent le Manteau Archiépiscopal.

Ils ont la faculté de créer des Docteurs de í’un Sc de l’autre Droit étans assem-blés en leur College de la Sapience. Leur habit est une Robe longue de lainenoire, avec la Queue de couleur violette , les montres Sc doublures de soyerouge, Sc un Capuchon abatu entre les deux épaules qui est de même couleur,Sc fourré d’Hermines. Mais leur habit ordinaire est une Soutane arrondie déserge noire, &: un Manteau de même étoffe, traînant a terre, avec des fentespour paílèr les bras.

Un d’entr’eux est Recteur du College de la Sapience, il a le soin de retirerles fentes qui y sont affectées, Sc de faire paier les pensions des Lecteurs publicsdont les chaires se donnent par une Congrégation de Cardinaux que le Pape dé-puté pour cet effer.

Les sept plus anciens Avòcats Consistoriaux ont sept cens écus chacun de re-venu annuel de leur charge, Sc les cinq derniers n’en ont que trois cens, rnaisles gratifications que les nouveaux Docteurs qu’ils agrègent leur font rendent leurCharge aussi lucrative que celle des premiers Avocats du College de la Sa-pience.

PRO-