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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 59

I’éclairer la porter solemnellement en procession, l’acíorer, prévenir pair dessoins infinis les moindres inconveniens &c. Les Catholiques soutiennent,quel'exces du culte & des soins est une juste réparation des outrages que Theresiea fait au St. Sacrement , mais que vrai-semblablemenc on ne seroit pas alléau point que Ion est aujourd’hui, ni peut être plus loin que les Grecs, sil’on n’avoit insulté le St. Sacrement par des opinions prophanes.

L’autre remarque concerne uniquement les Grecs. Par la dispute qui s’é-leva sous le régné d’Alexis Comnene au sujet du mystère de l’Eucharistie, onpeut prouver que la croyance de l’Eglise Grecque fur cet article ne différokpas de celle de l’Eglise Latine. Cette dispute échauffa beaucoup les esprits.Tout se reduisoit a rechercher inutilement si le corps de Jeíùs Christ dans l’Eu-charistie est reçu incorruptible par les fidelles , comme après fa résurrection ,ou corruptible, comme il l’étoit avant sa passion, (a) Un Moine nommé Si-cidite avoit établi sous le Pontificat de George Xiphilin, que le corps dé, Jé-sus Christ dans i’Euchariítie est mortel & corruptible , fans vie , fans ame-;que ceux qui le reçoivent ne reçoivent pas Jésus Christ entier, mais seulementune partie, laquelle est brisée & divisée avec les dens, quoi qu’après la man-ducation la chair de Jésus Christ devienne incorruptible, comme avant íâ ré-surrection. Nicetas semble avoir affecté d’accompagner ce sentiment de quel-ques accessoires odieux : mais cela ne fait rien ici. Il suffit de pouvoir con-duite de cette dispute, qu’au moins les uns & les autres admettaient se chan-gement de la substance du pain en celle du corps de Jésus Christ. S’il ne s’étoitagi que de signe & de figure,la dispute auroit été également extravagante ~6crisible.

CROYANCE des GRECS touchant f adoration duSacrement de l’Eucharistie.

„ Quoi que cette adoration soit une fuite nécessaire de la Transubstantia-„ tion, (Q il se trouve néanmoins des Protestans, qui accordent assez faci-„ lefncnt, que ses Grecs font à peu près de même sentiment que les Latins„ dans 1e fait de la Traníubstantiation • mais ils (c) nient qu'ils adorent .Jésus

„ Christ

(a) Nicetas Chômâtes L. III. cap. 3.

se) La plupart des Protestans nient qu’ils accordent facilement que le sentiment des Grecs soit àpeu prés la Eranfubstantiation des Latins. Tout ce qu’on a dit montre le contraire : mais il eft vraique plusieurs Protestans, moins décisifs que les autres,conviennent ailes facilement que les idées des Grecsfont obscures & embaraífées, qu’en général ils ne comprennent point l’état de la Controverse qui estagitée entre les Catholiques & les Protestans fur la Traníubstantiation. Je renvoyé à la secondéDissertation ce qui regarde encore la matière du changement des Especes.

(c) Voyez le Chap. 7 . du Livre III. de h Réponse a la Perpétuité &c. par Claude. Voici engros ce que les Protestans disent pour défendre ce qu'ils avancent contre les Latins. „ La Liturgie» des Grecs ne marque aucun acte d’adoration adressée à l’Eucharistie immédiatement après la confé-" cration ... . si les Grecs faisoient profession de rendre à la substance du Sacrement l’adoration’> qui est due à Jésus Christ, ils n’auroient pû choisir de momeût plus favorable que celui de fa pré-» fence fur l’autel .... L’adoration fuit naturellement la Tranfubstantiation .... si f Eglise Grec-!51 que adoroit, comme la Latine, le pain & le vin transubstantiés , elle leur décerneroit (du moins en” tes*^ ^ £S donneurs que les Catholiques rendent à l’hostie consacrée; comme par exemple, les Fê-” r ^ e seJ es Processions, l’exposition dans les afflictions publiques, & plusieurs autres dévotions gêné-éxterieure P art * cu ^ eres Outre cela, bien loin de trouver chez les Grecs aucune marque d’adoratioh'h 'ftie d ° n trouve . au contraire beaucoup d’irreverence & de mépris. Leurs Prêtres tiennent ì’Eu-1*TMT - ;s nS u lme P et ' te hoirs de bois enfermée dans un chétif sac de toile, qu’ils pendent au mur de? 1 . a ument des chandelles devant les Saints, ils les saluent humblement, & tournent le dos

3 , U E , aC1£ j, nt ’ ors fl u ’ils entrent dans une Eglise. Arcudius lui-même, Grec latinisé , ne peuts empecher avouer, que quand le Prêtre consacre, il ne rend ni respect, ni culte, ni adoration au

P r Sacre-