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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 91

mystiquement sacrifiés par les Chrétiens. . . . . Je croi que le pain Sc le vinfont ‘véritablement le corps & le sang de Jésus Chris , quils font changés patfa puissance divine intelleBuellement & invifiblement , au dessus de toute pensée na-turelle. ll se trouve enfin qu’un Grec très-modeme, ce Metrophane Critopule,qui d’abord avoir paru si favorable aux Protestarts, déclare formellement, que kpain consacré es véritablement le Corps de Jésus Chris , mais que la maniéré de cechangement nous efî inconnue , & ne sauroit s’expliquer. Après ce petit détail oùje ne pretens qu’efleurer une matière qu on a rendue très-litigieuse , dontla feule partie historique est de la compétence de cette Dissertation , je croisfaire plaisir au lecteur, en lui proposant le sentiment des Grecs íèlon l’idée dequelques Protestons célébrés* (a) ,, Ils regardent tout ce qui íè fait dans le Sa-„ crement de l’Eucharistie, comme une représentation mystique de toute l’Qe-„ conomie de Jeíus Christ. .... Ils considèrent le pain en deux divers terns,„ fur la Prothèse c’est un type, ou une figure j íùr le grand Autel c est le Corps„ Lc le Sang de Jésus Christ. Selon les Grecs , le pain ôc le vin y font„ changés au Corps ôc au Sang de Jeíus Christ après avoir été parfaitement„ consacrés par la priere ôc l’invocation du Prêtre ôc par Tavenement du St.„ Esprit”. (C’est ici où l’on tâche de se rendre favorables les termes Grecs,ôc de montrer qu’ils n’expriment ni la même idée, ni le même changementque celui de Traníùbstantiation.) „ Les Grecs ne pouvant donc expliquer le,, changement du pain ôc du vin au Corps ÔC au Sang de Jeíus Christ ". (b)(ce que toute la seience humaine ne sauroit faire) „ ils prennent quelquefois le„ parti d’arrêter la curiosité. . . . ôc 4 e remettre cette connoissance ôc cettej, détermination â Dieu, demeurant quant â eux dans la généralité. . . Mais,„ continue-t-on , malgré cette généralité, les Grecs ne laissent pas de déclarer„ plus particulièrement leur pensée touchant la nature du changement qui ar-„ rive au pain ôc au vin, ôc les fait être le Corps ôc le Sang de Jeíus Christ.„ . . . Ils croyent qu’ii se fâit un compose du pain, du vin, ôc du St. Ese,, prit, que ces (c) espèces gardent leur nature, quoi que jointes de telle ma-' „ niere â la Divinité. ... que non seulement elles font changées en la vertu du„ Corps Ôc du Sang de Jeíus Christ, mais que même elles font faites , par cette,, intime unim , ce corps & ce sang ”. Sur ce fondement 011 établit les raportsÔc les différences des Grecs avec les Latins de la maniéré suivante : „ Ils con-„ viennent dans les termes généraux qui marquent le changement du pain ôc„ du vin .... dans les expressions qui portent que le changement se faix

„ au véritable Corps de Jésus Christ né de la Vierge.en ce qu’ils

„ rapportent ce changement au St. Esprit, qui survient fur le pain ôc en

,, faic

0 *) Claude Reponfe a la Perpét. de la Pot Liv. III. Chap? 13. . / .

(b) Voici ce qu’on peut avancer pour diminuer les difficultés. S‘il etoit Vrai que chaque Point Phy-sique de la matière est composé de parties indivisibles & absolument insensibles, il pourroit être vrai aus-si, que 1*étendue ne constitueroit point l’essence de la matière. Ëst-il impossible de révoquer en douteque l’étendue soit essentielle au corps? & l’absurdité de ce doute est elle si bien démontrée, qu‘il yait de l’extravagance ì le proposer encore?

Après avoir supposé que l’étendue pourroit bien n’être pas essentielle à lâ matière , si l‘on ajouteque le Corps de Jésus Christ ne se corrompt jamais, ni ne se consume, la contradiction diminue en-core plus sensiblement: parce qu’alors il peut être pris & repris par des millions d'hommes, & le mi-rade se réduit à une feule difficulté, qui est que le même corps puisse être consacré & donné dansle meme instant par des milliers de Prêtres éloignés les uns des autres &c.

(c) Notés que le passage produit pour justifier cette opinion montre, que Dieu a permis que les

communians continuassent devoir lesaccidens du pain & du vin, de peur qu’ils n’eussent horreur, de Voir dela chair 6c du sang. Le passage de St. Jean Damascene ne prouve pas mieux. Seulement on entre-voit les efforts d un auteur qui tâche de mettre à notre portée des choses inexplicables & incompré-hensibles. . -