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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 145

'venot dans ses Voyages, où l’on lit aussi ,,que d’autres dévots vont mesurer„ de la toile sur le Saint Sepulere ôc sor la (a) Pierre de ÍOnîîïon , ôc qu’ils la,, coupent de la longueur de ces Sanctuaires, afìn que ces morceaux leur ser-„ vent un jour de suaires”.

J’ose regarder comme un usage superstitieux celui que les pèlerins observentde se faire marquer au bras, ce qui est comme un certificat de leur pèlerinageà Jérusalem. Cette marque se fait par le moyen de certains moules de boisque l’on remplit de poudre de charbon, ôc qu’eníùite l’on applique fortementfur le bras. On pique l’endroit de l’empreinte avec une canne où font desaiguilles, après quoi l’on enveloppe le bras. Il s’y fait une croûte, qui tom-be deux ou trois jours après, mais les marques bleues qui restent ne s’estacentjamais.

Près de Betlehem, on voit une pierre qui est restée blanche, dit-on, du laitde la Sainte Vierge. Les Grecs assurent que cette pierre a la vertu de faire venir dulait aux femmes. Les Turcs eux memes ôc les Arabes ont cette croyance fifort imprimée, qu’ils font prendre à leurs femmes un peu de poudre de cettepierre détrempée dans de l’eau, pour rendre le lait á leurs femmes. On ditque la chose arrive, mais que cela les convertisse au Christianisme, on ne ledit pas. Les Monts de Sinaï, ôc d’Horeb, les frontières de la Terre Sainte,la Terre Sainte elle-même, en un mot tous ces païs qui s’étendent depuis lamer rouge juíqu’a Jérusalem, font comme autant de sources qui entretiennentdepuis longtems les fables des Grecs, & la superstition dés bigots. Plus les lu-mières de la vérité s’y sont répandues, ôc plus auííì les illusions de la faussedévotion s’y sont sentir. En voici quelques-unes encore. Les Grecs montrentfur le Mont Oreb l’endroit, où le Prophète Jeremie cacha les tables de la Loi,ôc une pierre fur laquelle, diíènt-ils, on voit des caractères Hébreux gravéspar le Prophète lui-même. Cette opinion procure à la pierre un culte super-stitieux , qui consiste en des inclinations & des signes de Croix réitérés plu-deurs fois de fuite avec beaucoup de précipitation, ôc par conséquent avec fortpeu d’attention. Aussi le culte n’en mérité aucune.

Le Vulgaire Grec attribue aux eaux du Jourdain, ôc a presque toutes lesfontaines de la Terre Sainte la vertu de guérir plusieurs sortes de maladies. Selonle même Vulgaire, cette plante que nous connoissons sous le nom de Rose deJfericho , a la vertu de guarantir de la foudre, ôc de faciliter les accouchementUn Voyageur nous assure dévotement que cette derniere propriété est dûe à laSainte Vierge, (b) dont cette plante efi la figure.

Je passe sor plusieurs traditions superstitieuses que les Turcs, ôc les autresMahométans ont communiquées aux Grecs ôc aux Chrétiens Orientaux ; sorla force des Talismans; sor les mystères de plusieurs livres superstitieux &c.On pourroit reprocher de semblables extravagances à notre Occident. En voi-ci une que je ne dois pas oublier. Les Orientaux, les Turcs ôc les Grecstirent des présagés de certains trèssaillemens involontaires, que l’on sent quel-quefois aux paupières, ou en d’autres parties du corps. On a chez ces peu-ples un formulaire de prières où l’on en trouve pour chaque partie attaquéedu tressaillement.

Chrifiophle Angélus] ( c ) rapporte trois raisons pour justifier le tems de la

cele-

( a ) ,J >re ? Mont Calvaire , avant que d’arriver au S. Sepulere. On l’appelle ainíì, parce que Jo-

seph d Arimathee oignit sur cette pierre le corps sacré de J. C.

(f) Relation d un Voyage an Mont de Sinaï , par Morifon impr. à Tonl en 1704.

(c) De Statu Grac. cap. 42.

Tome III. Part. I. o o