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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 165

a, avoir pris l’avis des plus éclairés, qu’en tous ces pointslâ ils ne s’entendent„ point les uns les autres. Et en effet , T Abbé Adam tâche de se justifier

3, dans un long discours, dont nous ne rapporterons ici qu’un sommaire , Sc

„ même nous ne parlerons point des deux derniers articles qui sont communs„ â tous les Orientaux : il n’y a que les trois premiers qui regardent particu-„ lierement les Nestoriens, Sc je trouve que cet Abbé Nestorien montre a-3, vec évidence, que le Nestorianiíme d’aujourd’hui eít une Hcrefìe de nom,3j Sc qu’on ne les a condamnés , que parce qu’on ne les entendoit point.

„ Premierement cet Abbé fait voir, qu’il est facile de concilier l’Eglise Ro-„ maine qui appelle la Vierge Mere de Dieu, avec la Nestorienne qui l'ap-3, pelle la Mere de Jésus Christ ; parce que c est un principe reçu des deux E-33 glises, que la Divinité n engendre point, ni n est point engendrée, Sc qu’ain-3, íì la Vierge a engendré Jésus Christ, qui est Dieu Sc homme tout ensemble;

„ qu’il ne faut pas croire pour cela , que ce soient deux fils , mais un soûl

„ Sc véritable fils : de forte qu’il n’y a en Jésus Christ qu’une feule filiation,„ Sc qu’une seule personne visible, que les Nestoriens appellent parsopa. En-„ fin il conclut, qu’ils ne nient point qu’on ne puisse appeller la Vierge Me-„ re de Dieu, parce que Jésus Christ est véritablement Dieu, Sc que cette33 doctrine est conforme aux paroles de St. Jean en son Evangile, de St. Paul,-3 Sc de St. Grégoire de Nazianze. C’est pourquoi, dit-il, selon ces principes,s, l’Eglise Romaine reconnoit véritablement que la Vierge est Mere de Dieu,„ & les Orientaux disent auíïì avec raison , quelle est Mere de Christ : Sc,3 ils ne différent pas pour cela de sentiment.

33 En second lieu , il examine la différence qui paroit être entre l’Eglise,3 Romaine, Sc la Nestorienne touchant les Natures Sc les Personnes de Je-33 fàs Christ. Il est constant que les Latins reconnoissent en Jésus Christ,3 deux Natures Sc une seule Personne : au lieu que les Nestoriens disent qu’il» y a en lui deux Personnes, Sc une parsopa ou personne visible; Sc outre3, cela , qu’il n’y a aussi en lui qu’une puissance ou vertu. Il concilie ces,3 deux sentimens, qui paraissent d’abord si éloignés l’un de l’autre, par l’expli-33 cation qu’il donne de ce mystère. Les Orientaux ou Nestoriens, conror-,3 mement aux deux Natures qui font en Jésus Christ, distinguent en leur en-„ rendement deux Personnes ; mais ils ne voyent de leurs yeux qu’un seul Je-„ fus Christ, qui n’a que la parsopa ou apparence dune seule filiation. Et,, c’est aussi en ce sens que les mêmes Nestoriens ne reconnoissent qu’une,3 puissance ou vertu en Jésus Christ, parce qu’ils ne le regardent que com-„ me une parsopa ou personne visible : Sc ainsi, â raison de cette union par-„ faite Sc véritable qui ne fait qu’un composé des deux natures divine Sc hu-„ maine, ils ne distinguent point une double vertu ou puissance, faisant tomberS , ces termes fur l’unité de filiation. Au lieu que dans l’Eglise Romaine, 0113, distingue ces puissances ou vertus, en divine Sc humaine, parce qu’on les23 considéré par rapport aux Natures; Sc l’on conclut facilement de lâ , que,3 cette diversité de sentimens n’est qu’apparente, puis qu’en effet les Nesto-33 riens avouent avec les Latins, qu’il y a deux Natures en Jésus Christ, Sc que„ chaque Nature a fa puissance Sc sâ vertu : & de plus, les deux Eglises re-3, connoissent, qu’il ne se fait aucun mélange ni confusion de ces deux Natures,cha-„ cune retenant les attributs qui lui sont propres. Enfin il ajoute ces paroles„ pour un plu S grand éclaircissement de son opinion : Comme les PP. de l’Egli-,, se Romaine reconnoissent me personne à cause d’ une filiation ; aussi eux Orientaux,, reconnoissent me vertu ou puissance à cause â’me filiation.

Tome III. Part. I. T t „ En