RELIGION DES GRECS. 167
-» c’étoit une erreur de ne íàvoir pas les termes qui íònt en uíâge depuis quel--, ques siécles parmi les Théologiens d’Occident.
' „ Je ne croi pas qu’il soit nécessaire de produire ici tout ce que Strozâ rap--, porte pour la condamnation des propositions de Nestorius, parce qu’il nedit rien qui ne se trouve dans les Actes des Conciles. Je remarquerai seu-» lement, que quelques-uns pourraient inférer de ces mêmes Actes, que le» Nestorianiíme n’est (a) qu’uneHeresie de nom, ôc que si Nestorius ôc St. Cy--, rille íè fussent entendus, ils auraient pu concilier leurs opinions, 8c auraient» empêché par-là un grand ícandale dans l’Eglise. Mais les Grecs ont toujoursété de grands diíputeurs : auísi voyons-nous que la plupart des premieres He--, resies íònt nées parmi eux. Le plus íòuvent leurs disputes n etoient que de» Métaphysique ôc de pures équivoques, d’où ils tiraient ensuite des conse-quences a leur maniéré, venant enfin aux injures; ôc par-là les choies de-venoient irréconciliables : au lieu que si les parties eussent expliqué modeste--, ment leur pensée, il n’y eût pas eu le plus íòuvent la moindre apparence,? d’Heresie. C’est ce que quelques-uns disent être arrivé dans l’affaire de Nef-». torius ôc de St. Cyrille. Il leur semble que Nestorius a toujours reconnu en-, Jeíùs Christ deux Natures, qui ne faiíòient qu’un composé étant unies ensem-» ble. C’est ce qu’il appelloit une períònne, autrement en Grec-- d’ou les Chaldéens ont pris leqr parsopa. Or il est certain, que le terme», ■srpóa-a'vo» signifie dans les anciens Peres Grecs ce que nous appelions per-sonne ôc hypostaíê. Car pour ce qui regarde les deux personnes que Nef-torius mettoit en Jésus Christ, ce n etoit que pour expliquer qu’il y avoic-» en lui véritablement deux Natures, ôc pour marquer par-là quelles demeu-" raient toutes deux entieres sens aucun mestange, ni confusion. En effet, ou-» tre ces deux personnes métaphysiques qui n’étoient pas distinguées de la na-» ture, il admettoit une autre véritable personne visible, de la maniéré qu’elle,> est définie par les anciens Peres. On trouvera même, que le sentiment de» Nestorius , si nous en éloignons les consequences que St» Cyrille en ti-» toit, est moins embarassé de diffículcez, parce qu’il est plus simple, & qu’il» regarde toujours Jésus Christ en lui-même ôc comme Fils, au lieu que l’au-tre opinion ne le considéré le plus souvent que par parties, c’est-a-dire, tan-„ tot comme Dieu, ôc tantôt comme homme. Aussi ne condamna-t-on pointdans les commencemens l’opinion de Théodore de Mopsueste Maître de Nef-„ torius, ôc l’on ne s’en avise, que quand les Nestoriens voulurent se preva-„ loir de son autorité. Il est cependant certain, que ce Théodore, de qui», Nestorius avoit pris le sentiment, reconnoissoit en Jésus Christ deux Na-.. tures ôc une Personne, ainsi qu’il parait de ses paroles rapportées dans lesActes du V. Concile Universel. S’il a nié que la Vierge fût Mere de Dieu,», cen’a été que pour réfuter l’Heresie d’Apollinaire, êc en ce sens seulement,». que la Vierge n’a pas pû engendrer la Divinité, quoi que d’ailleurs celuiqu’elle a engendré fut véritablement Dieu ".
( Selon le rapport du P. le Brun , (h) le Pape Innocent XI. procura la con-version d’un grand nombre de Nestoriens du Diarbek , par les Mission-naires Apostoliques qu’il leur envoya. Ces progrès l’engagerent à leur donner
un
(a) II y a lieu de le croire ainí! de cette Herefíe & de plusieurs autres, où l’on iie trouve que des
logomachies perpétuelles, & une espèce de fureur de développer des idées que le peu de portée de notreesprit ne P as de développer : ce qui a fait inventer des expressions, des comparaisons & des figu-
res auísi difficiles que les objets auxquels on a voulu les assortir.
(b) Liturgies Tome III.
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