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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. i 7 i

Des INDIENS m CHRETIENS de St.

THOMAS.

„ On peut comprendre sous un même Chapitre les Indiens ou Chrétiens,, dç St. Thomas, & les Nestoriens; parce qu’il est constant que c est laj, même Secte, ôc qu’ils n’ont tous qu’un même Patriarche, dont la Jurif*>, diction s’étend jusques dans l’Inde : les Chaldéens qui sont à Goa, à Co-,, chim , à Ángamala, ôc dans les autres lieux de ce quartier-là sont verita-,, blement de la Secte Nestorienne. Les Papes ont souvens envoyé des Mi£,» sionnaires en ces païs-là, principalement depuis que les Portugais y ont été« établis. Mais celui, qui a le plus travaillé à la réunion de ces Chrétiens de„ St. Thomas avec TÉglise Romaine, a été Alexis de Meneíès de l’Ordre de„ St. Augustin, qui (ut soit Archevêque de Goa, ôc prit la qualité de Primat„ de l’Orient. Comme l'on a compilé son Histoire sor sos Mémoires ôc sor„ la relation de ceux qui l’ont accompagné en ce pais, ôc de quelques Jesoi--, tes qui ont été dans les mêmes endroits que lui, on fera voir Pétât ôc la„ Religion de ces Peuples au tems de cette fameuse Miííìon qui arriva en 15 99.„ Plusieurs avoient dé j a tenté ayant Meneíès de réunir les Chrétiens de St.„ Thomas avec TEglise Romaine, (a) Don Jean Albuquerque, de l’Ordre de„ (h) St. François, fut le premier Archevêque de Goa, ôc ce fut sous lui en

15 4A. qu’on établit (c) un College à Cangranor, pour instruire les enfans,, dans les cérémonies des Latins. Mais les Jésuites, qui étoient plus habiles,„ sapperçurent bientôt que les jeunes Chaldéens instruits à la maniéré des La-,, tins, étoient inutiles, ôc que c’étoit en vain qu’on pensoit convertir les„ Chrétiens de ce païs-là fans la connoissance de la Langue Chaldaïque ou Sy-„ riaque. Ils établirent donc un autre College à une lieue de Cangranor en-, 1 5 87. ou ils enseignèrent la Langue Chaldaïque aux enfans, afin quetant„ devenus grands, ils fussent reçus dans le Ministère comme de véritables Chai-„ déens. Cela ne servit encore que fort peu, parce qu’il ne soísisoit pas d’être-, instruit dans la Langue de la Religion, il falloit de plus convenir de senti-„ mens avec les Prélats, pour avoir la liberté de prêcher dans leurs Eglises;„ au lieu qu’ayant été enseignés par des Jésuites, leur doctrine ôc leur maniéré-, de parler étoient bien différentes de ce qui étoient communément reçu dans„ le pais. C’est pourquoi il fut impossible aux Jésuites de leur faire quitter„ entierement leurs vieilles coutumes, ôc de les détourner de la soumission„ qu’ils rendoient au Patriarche de Babylone, qui n’étoit point dans la Com-„ munion du Pape, non plus que les Evêques qui étoient sous íà Jurif--, diction.

,, Le remede donc qu’on trouva à cela, fut de íè saisir d’un certain E-

„ vêque

(<i) Hìst. Orient, des progrès d'Alex . Men. en la redttEl. des Chrétiens de St. ’Thom. tmpr. à Brulfeles en160g.

(^) Des le commencement du x 6. siecle ces Chrétiens avoient rendu un hommage assés déclaré àjc° e Gama, qui le reçut au nom duRoi de Portugal son maître. Ils présenterent à l'Amiral Portugaisun aton e bois d. Indes, garni d’argent & sur-monté de trois clochettes, en signe d’hommage & deloumi ion. e bâton, à ce qu’ils dirent à Fajco, avoit été le Sceptre de leurs Rois.

^ „ rere , mcent Cordelier eut foin de ce College, fit bâtir dans Cranganor des Eglises à la maniè-re des uropeans, tu élever dans son College des enfans Indiens suivant les Dogmes & le rit des Latins,dans la vue e es or onner avec le tems Prêtres des Indiens, & de les amener par ce moyen à la réunion.Mais les Indiens retulerent de reconnoître ces nouveaux Prêtres Sc de les admettre parmi eux.

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