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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 217

„ Chrétiens du Levant, de la maniéré que nous les avons expliquées en par-„ lant des Grecs. Ce quon pourroit reprendre dans les Arméniens , c’est„ qu’ils s’attachent trop scrupuleusement a de certains jeûnes qui sont en gran-„ de quantité parmi eux , & qu’ils ne se font pas instruire astèz exactement

des mystères de la Religion. Il n’y en a point dans l’Eglise Orientale, qui„ fasse plus d’estime des jeûnes que les Arméniens 5 & l’on diroit à les enten-3, dre parler, que toute la Religion consisteroìt a jeûner. Pour ce qui est de33 lobstination qu’ils ont toujours fait paroître pour celebrer la Fête de Notre3, Seigneur & son Epiphanie en un même jour, ils ne paroissent pas blâmables3, en cela ; (a) parce que cet uíage a été long-tems dans l’Eglise , & qu’en ef-33 set l'Epiphanie ou l’apparition de Notre Seigneur n’est proprement que íà33 Naissance.

3, La qualité de Maitre ou (b) Docteur est si grande parmi les Arméniens,s j qu’ils la donnent avec les mêmes cérémonies que l’on conféré les Ordres ;„ & ils (c) disent que cette dignité imite celle de Notre Seigneur , qui s’ap-33 pelloit Rabbi, ou Maitre. Ce sont ces Docteurs que l’on consolte dans les3, points de Religion , & qui en decident, considérant les Evêques plutôt„ comme des personnes propres â administrer les Ordres , que comme des33 Docteurs. Ce sont ces mêmes Docteurs qui prêchent dans les Eglises , 3c33 qui sont les juges des dissérens qui surviennent entre les particuliers. En un33 mot, ils tiennent le même rang parmi eux, que les Rabbins parmi les„ Juifs.

„ L’Ordre Monastique est aussi en grande réputation parmi les Arméniens,3, depuis qu’un de leurs Patriarches nommé Nierses introduisit celui de St.33 Basile: mais depuis qu’ils se sont réunis 7 avec l’Egliíê Romaine, (d) ils ont en-3, tierement changé leur Réglé pour s’accommoder â celle des Latins; & l'Ar-33 menien dont nous avons rapporté ci-dessus un Catalogue des erreurs qu’il„ impute â fa Nation, étant venu â Rome , fit vœu que sitôt qu’il serok„ de retour en Levant, il vivroit lui 3 c ses compagnons selon la réglé de St.

( a ) Voy. là dessus un passage du Docteur Cave dans VEtat de l'EgUfì Arménienne par Ricaut, Chap.

(b) Ils les appellent Vertabiets. Le P. Manier dans sà Relation de V Arménie assure, qu’ils ne font pas dif-ficulté de prendre le pas fur les Evêques qui n’ont pas le dégré de Docteur ; qu’ils portent la crosse &qu’ils ont une Mission generale pour prêcher partout où il leur plait ; que plusieurs font Supérieurs deMonastères, que les autres courent le monde & debitent leurs Sermons aux peuples qui les écoutent avecrespect. Pour n’en faire pas à deux fois, voici ce qu’il y a de plus remarquable à leur égard. Le ti-tre de Vertabiet passe, fans beaucoup de science ni d’application, du maitre au disciple. Au moins le P.Manier nous l’assure ainsi, ajoutant que pour le communiquer de cette façon , l’on enseigne au disciplecertains traits de l’Histoire Ecclésiastique, fur tout, (& ceci est remarquable) de ceux qui ont rap-port à leurs opinions erronées. A cela l’on ajoute quelque chose de fort important encore, c’est de ía«v °ir comment s’appelloient les Saints Peres. Rien n’est plus commode que la science acquise de cetteManiéré. II faut esperer que nos jeunes gens parviendront peu à peu au meme avantage. Déja leur ca-pacité fe borne aux idées generales des choses, ils passent diligemment d un abrégé de Philosophie à unabrégé de Théologie, ils n’étudient l’antiquité que dans ces savantes gazettes que leurs auteurs offrenttous les trois mois au public comme les fruits de leurs veilles. Dans ces mêmes gazettes ils cherchent àPrendre le goût, la délicatesse, l’art de raisonner & celui d'écarter les préjugés. Ils apprennent par cœurles opinions orthodoxes & hétérodoxes, & enfin parviennent à connoitre de nom les Docteurs anciens &modernes. Mais revenons encore une fois aux Vertabiets. Ils fe font rendre un grand respect : ils re-çoivent assis les personnes qui les visitent, fans même excepter les Prêtres. On s’avance modestementvers eux pour leur baiser la main, & après s’être retiré à trois ou quatre pas d’eux, on fe met à ge-noux pour recevoir leurs-avis. Les Vertabiets, nous dit Tottrnefórt , oient bien usurper le pouvôir d ex-communier. Us vivent de la quête que l’on fait pour eux après le Sermon. Ils gardent le Célibat &Cjeûnent rigoureusement les trois quarts de l’année.

(c) Galan. in Concil. Ecoles. Armen. cnm Rom.

(d) Les Religieux Schifmatiques suivent toujours 1a Réglé de St. Basile, mais les Catholiques, ou- réunis suivent celle de St. Dominique.

Tome III, Part . I.

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