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RELIGION DES GRECS.
- Les enfans destinés à la Prêtrise sent ordonnés dès 1 âge de dix ou douze ans:après avoir achevé d’apprendre à lire , leur Maître les présente à l’Evêque.L’Ordination faite, ils font un séjour de deux ou trois jours dans l’Eglise sensen sortir. Pendant cette retraite on les fait lire, & le reste du teins ils s’y amu-sent comme des enfans. Les jours de cette retraite étant expirés, on leurôte le surplis dont on les avoit revêtus, les Prêtres les rendent aux parons,qui font un festin òc payent á l’Evêque douze fols pour l’Ordination dechaque enfant.
Je dois dire quelque chose de la dévotion des Arméniens & de la décen-ce qu’ils observent dans les Eglises. Je commence par les pèlerinages deleurs dévots à (a) Itchmiazin &c à Firap , deux endroits qui valent pour eux No-tre Dame de Lorette , Saint Jaques en Galice & tout ce que nous avons de plusrare & de plus édifiant en matière de pèlerinage. On dit même qu’ils préfè-rent les deux pèlerinages d 'Itchmiazin & de Virap à celui de Jeruselem. Le pè-lerin fe prépare à cette sainte visitation pendant sept ans , Sc jeune quarantejours par aimée, fans préjudice aux autres jeûnes qne l’Eglise Arménienne or-donne , dont je parlerai tout a l’heure. A ces pèlerinages font attachés des avan-tages essentiels, pourvû que la préparation soit bien faite. Ces avantages sontUn eíjsrit orné de talens extraordinaires, beaucoup d’agilité , d’excellentes dis-positions â bien chanter &c a bien danser, des amis sincères, une belle fem-me. Qui pourroit s’imaginer que les Saints d'Arménie s’amufent a procurer desbiens aussi peu dignes d’un fiaelle, que le sont la danse, la musique, I’agilité ?mais les dévots , ôc surtout les ignorans, attendent tout des bontés du Ciel.ïi ne faut pas oublier pourtant, que lès Arméniens ri’oseroient demanderdes richesses a leurs Saints.
Entrant dans l’Eglise les hommes & les femmes quittent leurs souliers a íaporte. On y a même des armoires pour les serrer pendant les exercices de dé-votion. Ils font aussi en entrant le signe de la Croix trois fois, mais a la fà-<£on des Latins. Ainsi le rapporte le P. le Brun. Les hommes se découvreur•la tête. Le Clergé est aussi au choeur sens souliers i mais ceux qui, sont dansle Sanctuaire prennent des pantoufles noires. Pendant la Messe &c l'Office, onest toujours ou debout ou assis à terreles hommes croisent les jambes , lesfemmes sor les talons. A tout ce détail d’useges, qui constituent au moins estpartie l’exterieur de la dévotion, il faut ajouter, qu’il y a toujours beaucoup demonde dans les Eglises, que l’on y est long tems, & comme je Pal déja dit,que l’on s’y fend de fort bonne heure. Le P. Monier témoigne qu’ií fut édifiéde la modestie qu’ils observent dans les exercices de pieté , ôc je Cheval. Ri-cmt dit qu’il le fut de leur zélé. Toutes ces attentions redoublent en certainstems, comme par exemple, pendant la Semaine Sainte.
Passons aux jeûnes : (b) ils sont beaucoup plus rigoureux que chez les Grecs£& rien ne peut en diípenser. Dans les quarante jours du Carême qui pré-cede Pâques, il n’est permis de manger que des racines, des herbes ou des lé-gumes, & beaucoup moins qù’il n’en faut pour contenter son appétit. Tourne-fort nous dit pourtant, que pendant le grand Carême, les Arméniens peuventmanger du poisson le Dimanche : mais cela est il bien exact ì A cette mortifi-cation
(a) Voy. en Je détail dans Ricaut Etat de TEglise Arméniennes Trois Saints distingués d* Arménieont enterres prés tchmiaùn. Vira p dans la Province d ’^irdashat est un lieu ou Saint Saveriah , un«e ces Saints, a beaucoup souffert.
(b) Ricaut t le P. Monkr , Tournefori , le F. le Brtin.
Tome III. Part. I. ~ Kkk