RELIGION DES GRECS. 225
par devant & par derrière. Celle du Prêtre est; étroite & na rien de singulier:mais selon Tournefort elle est fort (, a) large. Je passe la ceinture, les bouts demanches, qui fervent aux Prêtres Arméniens de manipules , l’amict , ou lecollier de moire dor ou d’argent, semblable à celui d’un Moine , d’où pendune toile fur les épaules du Prêtre , & enfin la chape. Le Diacre aide auPrêtre à íê revêtir de ces ornemens : ce Prêtre officiant est assisté d’un oude deux Diacres, souvent aussi d’un plus grand nombre. Les Diacres tien-nent ordinairement à la main un Quechoué. Le (b) Quechoué est une plaqueronde de cuivre garni© de sonnettes , qui, par le mouvement qu’on leurdonne, rendent, à ce qu’on nous dit, un son assés harmonieux. Un bâtonmédiocrement long sort de manche â ce §uechoué. Cet instrument accom-pagne ou réglé le chant des Arméniens â l’Lgliso. Je ne m’arrête point àl’aube des Soudiacres & des Clercs , ni à toutes ces croix peintes sur ledos, fur les manches ôc fur la poitrine de l’aube. Je dirai seulement, quele Bâton pastoral des Archevêques est fort haut & terminé en rond , quela crosse des Evêques, â l’endroit où elle est recourbée comme les nôtres, a lafigure de la tête d’un serpent, ce qui leur apprend (s’ils veulent l’apprendre)que la prudence est une vertu Episeopale. Les Vertabiets ont aussi un bâtonpour marque de leur Doctorat. A tout cela je dois ajouter , comme une re-marque importante, que chaque ornement dont le Prêtre se revêt est accom-pagné dune priere convenable. En mettant la mitre il demande â Dieu qu’illui mette fur la tête le casque du salut ; en mettant l’aube, la robe de rédemption ,ou la tunique de joyey â la ceinture, que la ceinture de la foi serre son cœur ; â l’é-îole, que la jusice orné son cou y & ainsi du reste.
La Liturgie des Arméniens, telle que nous la donne le P. le Brun , est bel-le, expressive, capable dexciter l’attention. Ils n’en ont qu’une, dont ils seservent en tout tems &c aux obseques même, n’ayant point de Meíse propreparticulier© pour les morts. On y change, ou ajoute les prières selon la circons-tance des Fêtes. On en fait de même du chant. Je laisse le détail de la célébra-tion : voici les usages qu’il faut remarquer. ( c) Le pain de l’Eucharistie estfait de la serine que les Paroissiens offrent chacun â son tour. Comme chez lesCoptes & autres Orientaux, ce pain doit être seitle jour même de la célébra-tion. Les Arméniens le font sens levain. Leurs {d) Hosties sont rondes, af-fés épaisses, avec la figure d’un Crucifix, ou d’un Calice d’où l’on voit sortir leCorps de Jésus Christ. On réservé de ce pain préparé sens le consacrer, & leCélébrant le distribue après la Messe aux personnes distinguées. On chante leîrisagium avec l’addition de (e) Pierre h Foulon. Dieu Saint, Dieu Saint & sort,Dieu Saint & immortel, qui avés été crucifié &c. Si les Arméniens prenoientcette addition â la lettre,ils seroient ce qu’on appelloit autrefois (s) Theopaschi-tes - Supposons charitablement, (g) qu’ils prétendent ne parler que de Jésus
Christ.
se) Le p. u Brun dit qu’il a pris l'étole des Maronites pour celle des Arméniens,se) On le voit ici dans la main du Diacre. Dans cette même planche on peut voir les habillemensdes Prêtres, Diacres & Moines Arméniens.
(c) Le P. le Brun ubi íup. _ , , 2
(d) Pour éclaircir ceci, il f au t se ressouvenir de la distinction qui doit être mise entre le pain destine á
la Communion & les Hosties avec lesquelles on communie les fidelles ; c’est-à-dire , comme s’expn-
me le P. Manier , entre ljHostie entiere & l’Hostie rompue en amant de parties qtt'ìl y a de commu-niant. î
(f) Moine Euty chien, & ensuite Patriarche d’Antioche dans le millieu du V. siecle.
(f) C’est-à-dire _ qui attribuent la Passion à toute la Trinité. On tirait cette odieuie consé-quence de la doctrine d’Eutyches & de ses Disciples.
se) Voyés fur cela quelques extraits remarquables dont le P. le Brun a fait usage Tom. III. deTome III. Part, I. L11 ses