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[Volume II.]
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RELIGION DES PROTESTANT 203

àe voulut accorder aux Autrichiens que la Communion du Calice. Lá Polo-gne íè mit aussi fur les rangs pour faire au Pape certaines demandes qui mar-quoient de l’inclination pour la nouvelle Doctrine, comme les deux espècesá la Communion, le mariage des Prêtres, la Messe en langue Polonoife, Ta-bolition des Annates, un Concile National, ll paroit que ces demandes n’eu-rent point de fuite, &■ aju’on fut content de ce que le Pape promit, tant d’unConcile que de la Reforme, qu’il faisoit semblant de souhaiter.

Le nombre des Calvinistes augmentoit fi fort en France vers Tannée 1558.que les anciens Catholiques commencerent de craindre une Révolution dëReligion. Plusteurs Grans'de la Cour croient à la tête des Calvinistes, Sc mê-le Roi de Navarre, ce qui donna beaucoup de courage au parti, jusquesta que dans Paris on chantoit assés publiquement les Pseaumes de Clement Ma-r °t. En Allemagne l’Empereur Ferdinand essaya de persuader aux Protestansde sen rapporter à un Concile général, mais ceux-ci répondirent comme aupa-ra vant, que le Concile devoir être libre, convoqué en Allemagne, sens la pré-sidence du Pape: en un mot, ils réfutèrent ce qu’ils appelloient un Concile Pa-pal, Sc demanderent la confirmation de leur Religion selon le traité de Paíseu& le décret de la Diette d’Augsbourg dont j’ai parlé. Dans les Païs-bas le fer& le feu que l’on employoit contre les partisans des nouvelles opinions neriempêchèrent pas i’accroissement, parce que ces pais étant devenus le théâtre deta guerre entre la Maison d’Autriche Sc la France, les Suisses Sc les autresProtestans qui sorvoient dans les armées contribuoient ainsi à entretenir lanouvelle Religion dans ces Provinces. Ce fut là le premier motif de 1 éta-blissement de l’ínquisition en Flandres Sc dans les autres Provinces des Païs-bas , mais ce ne fut pourtant qu’après la paix de Cambrai conclue au commen-cement de Tannée 1555). que Fstiilippe II. Roi d’Efpagne, Prince égalementbigot Sc impitoyable pense sérieusement á établir ce redoutable Tribunal chez lesFlamansîPour mieux en venir à bout on erigea trois Evêchés en Archevêchés,& Ion fit treize nouveaux Evêchés : fous prétexte, difoit-on, que le païs étant in-vesti d Hérétiques, il lui falloit de nouveaux Pasteurs pour le garder. De son côtéHenri II. Roi de France poursuivit les Luthériens Sc les Calvinistes de sonRoyaume beaucoup plus rigoureusement qu’auparavant. Entre ces derniersAnne du Bourg Conseiller au Parlement souffrit le supplice du feti, autantpeut être pour avoir parlé trop librement devant le Roi à la Mercuriale duParlement, que pour l’Heresie qui lui étoit attribuée. Il fe fit un si grandbombre d’exécutions, que les Princes Protestans d’Allemagne crurent devoir in-te rceder pour ceux de France : mais les persécutions] n’empêcherent pas cesRkbgionaires de tenir leur premier Synode á Paris le 15. Mai de Tannée 15 5 9,p François Morel de Colonges y présida. On régla dans ce Synode laforme & la discipline des Eglises : dans la fuite on y fit plusieurs changemens.^pendant les persécutions Sc les supplices irritoient les esprits au lieu de lesintimider. La haine Sc la fureur de parti commencerent d’éclater en r ;6o. parune conjuration contre les Guises. Cette haine Le cette fureur continuèrentongtems de part & d’autre, Sc causerent de grans désordres daus le Royaume.

J ai dit que les Vaudois s etoient unis de sentiment avec les Zwingliens : on5 * P er fecuta dans le même terris qu’on persécutoit en France leurs freres Calvinistes

Luthériens. Ils prirent les armes du consentement seuleriïent d’une partie dëou Ministres, tous n’ayant pas voulu approuver cette eípëcé dée e ion, Sc ils maltraitèrent les troupes du Duc de Savoyé, qui leur accorda áumois âe Juin de lannee 1 $61. la liberté de conscience, avec quelques en-

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