Band 
[Volume II.]
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F A N A T I Q^U E S &c. t g s

jusqu a la fin cl u monde. Leurs uíàges & leurs opinions coníistoient, suivant leraport de NaucU , a s'habiller à la maniéré du pais ou ils se trouvoient ; a aífisterau moins une fois paranaux assemblées de la jfocieté, sinon ils dévoient donner dejustes raisons de leur absence ; à avoir toujours le caractère de la Rose croix, com-me une marque ou un symbole de la Consratemité, à íe regarder comme desti-nés a réformer toutes choses, & en vertu de ce droit, comme soûls possesseursde toutes les grâces que la Nature donne. Ils dévoient publier hautement que lePape est l’Antechrist, &: qu ils renverseraient un jour íà triple couronne. Ilscomdamnoient la Doctrine du Pape & de Mahomet, qualifiant lune ôc l’autre deblasphèmes d'Occident d'Orient. Ils ne reconnoistoient que deux Sacremens, &pour cérémonies que celles de TEglise primitive. Ils áppelloient leur Confrérie laConfrérie dû S. Esprit. Ils prétendoient avoir le droit de sc choisir leur succès;leur, & de pouvoir lui remettre leurs privilèges & leurs vertus, avec la qualitéde représentant. Ils íè donnoient pour connoître par révélation ceux qui étoientdignes de devenir membres de la Confrérie. Ils prétendoient avoir la puissancede soumettre les démons, & de découvrir les thrésors. Leur Confrairie, disoient-ils encore, ne pouvoit jamais être détruite, ajoutant que Dieu les eiivironnoit d’unenuée impénétrable a leurs ennemis. Ni faim, ni soif, ni maladie, ni aucune infirmiténe pouvoit les incommoder. Quelqu’un des Freres venant á mourir íà íépulture de-voir rester inconnue, & les congrégations dévoient être aussi fort sécrétés pendantcent vint ans. Cetoit comme un article de foi de la Secte , que la Compagniemenant à défaillir, elle poumoit être réparée au monument (au sépulchre) de son fonda-teur. Enfin ils se vantoient d’avoir trouvé un nouveau language, pour exprimerla nature de toutes choses. Cependant, & c est toujours Naudé qui parle, ilsne sexprimoient ni par enigmes, ni par paraboles, ils ne vouloient point paf.sor pour auteurs de nouveautés, &c l’on nc devoir point s’imaginer, qu’il yeut ni imprudence ou sotiso, ni malice ou fourberie dans le détail qu’ils don-noient de leurs merveilles. A la vérité il falloir les croire fur leur parole, com-me l’exigent ordinairement les Charlatans ôc les Alchimistes, avec lesquels lesprétendus Freres illuminés avoient beaucoup de conformité tant pour le jargon,que pour les mystères de leurs prétendues sciences. Aussi les uns òc les autresont été formés & instruits aux Ecoles des Arabes & des Allemans.

Les Rosecroix disoient encore, qu un soleil éclairait la grotte, où le corps deleur fondateur étoit en dépôt, & que ce soleil recevoir íà lumière du soleil dumonde; que par ce soleil on découvrait les merveilles de la grotte. Quelquesunes de ces merveilles étoient gravées fur une plaqué de cuivre posoe sor unAutel. On y voyoit par exemple quatre figures avec ces quatre infcrip-tions ; jamais muide, le joug de la loi , la liberté de VEvangile , la gloire de Dieu. Jelaisse les autres merveilles, qui soroient bien dignes du Commentaire d’un Alchi-miste, ou d’un Cabaliste visionnaire, entre lesquels on en trouve (a) quiont promis, comme les Freres de la Rosecroix , la réparation des breches & des dé-sauts de l’univers, comme si la Nature étoit capable de vieillir, & que cetteProvidence, qui la gouverne fut assoiblie au point de (b) la laisser tomber dans la dé-ca-lé Naude ubi sup. cite Pojiel, quì a écrit de injlaur/itione rerum omnium Sec. Paracelje , qui á prédit laVenue d’un Elie artiste, lequel en révélant le secret de la Pierre Philosophale & du grand œuvre, apporte-ra l’abondance, la sagesse &c. ' . ,

(£) C’est une erreur populaire que de croire la décadence de la Nature, & qui n’est pas mieux fon-dée que terreur de ceux qui s’imaginent que les mœurs & lee déreglémens des hommes vont en empi-rant. Sur quoi l’on peut voir ce qui a été remarqué p. 46. & 47. de la premiçre partie du Tome II.

Tome IV, T t des