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[Volume II.]
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RELIGION DES ANABAPTISTES. i 9 y

peines des Démons Ôc des damnés finiròìit ; qu’après le Baptême on ne péchëplus, & qu’en cet état la chair qui pèche ne souille point lame ; qu’iîs sont lesenfans élus de Dieu, ôc comme un second Israël, C’est en vertu de cela queJean de Leyde se íaiíoit appeller Roi de la nouvelle Jérusalem. Ils nioient, commëon l’a dit, qu’iî fallut être soumis aux Magistrats & leur obéir. Ils avoient desidées très fausses ôc très dangereuses du mariage, s’il est bien vrai q u'ils ayentcrû généralement, qu’il étoit permis de répudier ía femme, pour quelque causoque ce fut, ôc même pour Un simple dégoût, ^'imputation de cette doctrineen a fait mettre une autre sor le compte de toute la Secte : c’est la polygamie*Mais ou ceux qui ont écrit congre ces fanatiques ont réduit en points de Doc^trine ce qui n’étoit que dans la pratique, ou les Chefs, pour justifier leurs dé-réglé mens , ont voulu les convertir eux mêmes en points de Doctrine. Par exem-ple , c’est ainsi que plusieurs Chefs des Anabaptistes ont été d’abord (a) Polygamistes par libertinage, ôc qu’ensoite ils ont converti ce libertinage en précepte*C’est encore ainsi qu’ils ont soivi à la lettre ce qu’on leur attribue d’avoir enseigné ;qu’une femme doit satisfaire auífi-tôt la passion de celui qui la recherche, Le demême un homme (b) la femme qui lui fait connoître ses désirs. Avec la com-munauté des femmes ils établiísoient celle des biens. Ils íè déclaroient ennemisde toutes les sciences humaines, Ôc prétendoient qu’il falloit détruire toutes sor-tes de livres, excepté la Bible. Ils ont témoigné par leur conduite, ôc ils ont en-seigné aussi, que î’Ecriture est une lettre morte, qui s’explique parl’mfpiration.Ils ont publié que leur régné étoit le nouveau régné de J. C. pendant lequel ilpouvoit leur être permis d’exterminer tous ceux qui n’étoient pas Anabaptistes,ou qui réfuíèroient de l’être. De ces deux derniers dogmes découloit sor tousleur prétendu caractère de prophètes, Lc ce fanatisme, par lequel ils ont essayéde persuader, les uns, qu’ils étoient Elie, les autres Enoc, ôc quelques unsmême le Messe.

Après ces petits détails personne ne doit être sorpris, que ces Anabaptistesayent été traités comme des rebelles, des imposteurs ôc des perturbateurs du re-pos public. Mais ne valoit il pas mieux les renfermer comme des fols ? Je réponsqu’on ne pouvoit s’empêcher de faire un exemple des Chefs, ôc que leur con-duite monstrueuse les ayant comme dégradés de l’humanité, il falloit en user ítleur égard, comme on traite les bêtes féroces. Il n’en étoit pas tout à fait demême de tant de milliers de gens, qui furent pris aux pièges de ce fanatisme,ou que la maladie gagna. Quoi qu’un des reglémens de l’assemblée de Hambourgportât, qu on pouvoit çsp qu'on devoit punir de mort les Anabaptistes , on s’expliquapar ces termes ; & principalement ceux qui seduisoient les autres, ôc l’on ajouta, qu métabliroit des maisons de correction , ou l’on tiendroit enfermés ceux qui par soiblejp &par ignorance &c. se seroient laissés seduire ; qu on les y traiteroit avec rigueur , maisqu'en même tems on leur donneroìt toutes les instruCtions capables de les ramener*■ A

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(a) La Polygamie de ces Chefs nous a procuré la Secte des Polygamies , dont il plaît à d’autres Au-teurs de faire Bernardin Ochìn le fondateur: mais les Polygamies, tant de théorie, que de pratique, sontbeaucoup plus anciens qu 'Ochìn, ni que les Anabaptistes prétendus Polygamies. La Polygamie a bien étéUn des dogmes de quelques Sectes, mais il n'y en a point eu qui n’ait été que Polygamiste.

(b) Le désordre qui suivroit d’une telle permission seroit si terrible, qu’il faudroit bientôt renoncer às’en servir. 11 ne pouvoit donc y avoir que des débauchés de profession à qui cette doctrine pût conve-nir: mais outre cela une passion qui se satisfait, quand il lui plaît, se lasse Sc se dégoûte bientôt, /'ajou-te que la pratique seroit devenue trop forte, & que les plus robustes auroient été enfin réduits à prendrecongé du beau Sexe. Concluons que l’imputation de cette doctrine libertine n’est qu’une conséquenceodieuse tirée du dogme de l’égalité des conditions.

C CC 2.