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[Volume II.]
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DISSERTATION SUR LES

bornée, qu’est celle qui est renfermée entre la création d’Adam, 6c le tems au-quel nous fixons communément l’origine de ces sciences chez les Chaldéens &c.Il y a donc aparence que, suivant la pensée de la Peyrere , il faudroit aller cher-cher, si cela nous étoit possible, l’origine de ces sciences douze ou quinze milleans au delà du siécle d’Adam : & il en est de même de la Théologie de cesanciens peuples qui est comme la mere de la Magie, dont on a des monu-mens très anciens 6c qui témoignent à quel point de perfection elle étoit déjaparvenue au tems de Moïíè. Mais íùr cette matière point de détails : ils sont i-nutiles 6c nous meneroient trop loin. Contentons nous d’y ajouter pour corol-laire à tout ce qui a été dit, que puiíqu’il est démontré par notre propre expé-rience , que les arts, les soiences 6c les découvertes ne sont point aménés du pre-mier coup à la perfection, ce que nous avons pu remarquer auísi, par ce qui s’estdécouvert peu à peu depuis plusieurs siécles , à quoi de nos jours ôc de ceux denos Peres, il s’est ajouté tant de nouvelles découvertes ; de même les sciences,dont il a été parlé ne pouvoient être si parfaites dans un âge que nous regar-dons mal à propos comme celui de leur enfance, 6c qui étoit certainement {fé-lon la Peyrere ,) celui de leur plus grande vigueur, à en juger feulement partant de choies accessoires, tant de connoissances liées, attachées à ces soiences,dont il étoit impossible de so passer, 6c fans lesquelles ces soiences n’auroient pûêtre mises en pratique de la maniéré surprenante que ces anciens peuples l’ontsoit. soroira-t-yn raisonnablement après cela (a) que l’eípace de tems qui s’estçcoulé d’Adam à Abraham &: même juíqu’à Moïse, si l’on veut, ait pû suffireà la découverte de ces soiences 6c de tout ce qui y est compliqué ?

„ Qn pourroit répondre que les arts & les soiences sont nés avec Adam ; qu’iln’a eu que la peine 6c le soin de les cultiver, 6c de les enseigner a sos ensons, qui

de même les ont,soit passer à leurs ensons ; que de cette maniéré chacun a con-tribué de son genie , Sc même avec beaucoup de diligence, â leur perfection : mai$tout cela ne plaît pas à l’inventeur du système Préadamite. Pour n’être pas troplong, je n’alleguerai pas sos raisons. Je dirai soulement qu’il somble so plaindre dela force du préjugé, qui fait regarder les livres de Moiso, comme les plus an-ciens monumens de Histoire civile 6c de l’históire naturelle 6cc. Au reste il y abien des çhosos hardies dans ce (b) Chapitre, & il y apuye assez les difficultés queles libertins font contre les livres de cet illustre Legistateur. Il est auísi persuadéque Moiso a extrait diversos choses des Auteurs qui l’ont précédé, 6c il croîtmême que Moïse avoir écrit sor l’origine du {c) monde, 6c l’histoire des Préada-mites. La Peyrere nous assure encore que les monumens qui nous sont restés de cegrand homme ne concernent à proprement parler que les Juifs, 6c qu’il a abrégé touece qui ne servoit pas directement à l’histoire des enfans d'Adam. Le même préjugéqui nous fait prendre Moïse pour le premier Ecrivain, nous soit regarder auísicomme très général ce qui n’est que particulier 6c borné à un seul peuple. Ainsil’Arche 6c la culture de la vigne sont regardées mal à propos comme des inven-tions de Noë. Elles étoient des inventions pour la postérité d’Adam, mais quelleaparence qu’avant lui lune 6c l’autre ayent été inconnues ? 6c quelle aparence encorequ’Adam les ait ignorées ? Il est bon de remarquer ici, à propos de l’Arche, quele Déluge, selon la Peyrere , ne s’est point étendu au delà des pais occupés par

(a) Ubi sup. Chap. dern. du L. z.

(b) C’est le prem. Chap. du Liv. 4.

(c) Rermn omnium genefim ante Adcimnm conditum , firìpfjse mìhi facile'perfuadeo &c. L. 4. Cap. 2.