224 DISSERTATION SUR LES
comdemnation en lui ; la propagation spirituelle du péché originel, la rétrogra-dation de l’imputation du péché d’Adam aux Préadamites &c. Toutes ces matiè-res fous trop abstraites, & hors de la compétence des Dissertations de cet Ou-vrage, qui doivent rarement s’étendre au delà des matières historiques.
Un (a) Auteur moderne, qui s est fait connoitre dans la République des let-tres, par íâ Méthode four étudier ÏHifloire , & plus encore par l’adresse, avec la-quelle il soutient le pour & le contre aux dépens de fa réputation, n’a pas man-qué de saisir les paradoxes du íystême Préadamite , & nous les trouverions danscette Méthode j fi des ordres sopérieurs & l’intéret de la Religion ne les avoientfait soprimer. De, tels paradoxes ne pouvoient manquer d’être du goût de 1 Abbé,& cela ne surprendra point ceux qui. le connoissent pour un homme ex-traordinaire en tout. A la vérité, il ne so déclare pas ouvertement Préadamite. Jecite au bas de (h) la page le livre, ou le lecteur trouvera les cartons qui contien-nent les raisonriemens de 1 Abbé. Le P. Simon Auteur éclairé & d’une lecture in-comparablement plus étendue que celle de ces maigres Auteurs modernes, quisojettent à corps perdu sor le premier paradoxe qui frape, a recueilli diverses choiescurieuíés, (c) par où il paroît que la Peyrere avoir pris son íystême dans les Ra-bins & les Cabalistes qui, ,, fondés, dit-il, sor le premier mot de la Géneíé, qui„ commence par la lettre Beth, laquelle est la féconde lettre de lAlfabet, en„ concluent qu Adam n’a été que le premier homme d’un monde,, qui a été3 , précédé; par un autre. Une. infinité de Juifs, continue le P. Simm , ajoutent„ foi à cette rêverie”. Les'Mahométans sont allez plus loin que la Peyrere ; {d)car plusieurs de leurs Auteurs ont raporté les noms de ceux qui ont vécu avantAdam. Les Sahaites , (e) qui sont des Sectaires d’Orient, ont enseigné qu’A44am étoit venu au monde a la maniéré des autres hommes, c’est-à-dire d’unhomme òt d’.une femme : tout cela montre que le Préadamisme n’est pas une ima-gination moderne. Je ne dois pas oublier ici une autre particularité curieu-se, que je trouve dans les lettres de ce savant, (f) c’est que dans un (g)ouvrage aussi singulier que le. Traité des Préadamites, la Peyrere y soposoitdeux Messies, l’un pour les Chrétiens, qui est J. C. l’autre pour les Juifs,qui est celui qu’ils attendent depuis si long tems, & qui doit, à ce qu’ilseroyent, les rendre maîtres de toute la terre. Quel pouvoir être le but d’une i-dée si extraordinaire, sinon de faire plaisir aux Juifs, que cet Auteur flate si a-gréablement dans un discours, qui est à la fin de son Traité des Préadamites ìAu moins il ne me paroit pas que cette idée puistè avoir aucune liaison directeavec le Préadamisme.
■ Selon le P. Simon (h) il s’éleva d’abord en Hollande une eípéce de Secte,’sous le nom de Préadamites : mais sor les informations que j’en ai prisés, on m’arépondu que cette Secte est une pure chimere. Il falloit dire que le íystême trou-va
(A L’Abbé Lengìet du Frenoj , Atiteur du Traité de l'usage des Romans en r. vol. ir. fous le nom deGordon du Percel , Sc de Y Histoire justifiée &c. ouvrage écrit par le même Abbé, pour réfuter le Traité deP usage des Romans.
(р) Beyeri Memoria Hiflor. Critic. Libror. rarior. p. 1S1. & fuiv.
(с) Lettr. chois. du P. Simon Tome II. Lettr. i. & fuiv. ou il réfuté le système de la Peyrere.
(d) U bi sup. Lettr. i.
(e) On en parlera dans le Volume suivant, qui est le dernier de cet ouvrage.
(f) Lettre r. ubi fup.
(g) Cet ouvrage n’a jamais été imprimé. Il étoit intitulé le Rappel des Juifs. Voy. ubi fup. Lettre 4. oùl’on trouve d’autres particularités touchant la Peyrere.
(b) Ubi fup. Lettre 4.