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[Volume II.]
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SECTES MYSTIQUES. 237

il ne paroit pas, à en juger de la maniéré qu’il s exprime fur cet article j que ce

foie-

fà volonté» voilà d’abord la conformité de sentiment. J*enterìs que comme iî n’á point eu d'autré volon-té que celle de son Père , vous n’en ayés point d’autre non plus que la sienne » & que comme ses affec-tions ont été entierement détachées du monde, & portées vers la sanctification , vóus renonciés à tout cequ’il y a de charnel & de terrestre, pour vous donner tout entier à Dieu, jusqu’à souffrir s’ille faut,lámort pour l’intérêt de fa gloire.

Le Fils. Comment appellés vous cela être rempli de l’esprit de J- C.?

Le Pere. La chose parle d’elle-même. Ne concevés vous pas que comme par l’esprit otï entend ordinaire-ment les facultés de l’ame, l'entendement, la volonté & les affections ; on dit aussi qu'un homme à l’es-prit d’un tel lors qu’il se conforme tout à sait à lui.

Le Fils. Mon Père , je vous fuis bien oblige de cet éclairciílement. J’étois prêt de rii’imíaginer Quel-que vertu surnaturelle & extraordinaire partant de J. C. descendant du Ciel pour m’inspirer.

Le Pere. Cette pensée , mon fils , ne vient que de ce que vous avez lû dans l’ancien Testament' duel’esprit de Dieu étoit sur tels & tels ; qu’ils en étoient remplis ; qu’ensuite de cela ils saisoient des chosesextraordinaires. Peut-être aussi vous êtes vous souvenu de l’esprit qui descendit sur les Apôtres à laPentecôte ; mais il faut mettre de la différence entre une vertu surnaturelle que Dieu communiquoit ex-traordinairement à ses Prophètes & à ses Ministres pour leur faire opérer des choses extraordinaires , &une vertu qui vient naturellement de l’étude des vérités celestes & ne tend qu’à porter les hommes à unevie sainte & religieuse.

Le Fils. Je vous entens mon Père ; mais dites moi je vous prie ce que je dois entendre par le S. Espritsu nom duquel on baptise. Est-ce le don des Miracles , où Pesprit de sanctification, ou une troisièmesorte d’esprit qui ne soit pas une vertu, mais un principe d’où toutes les vertus découlent ?

Le Pere. Je me rangerois volontiers à la derniere de ces idées, d’autant plus que S. Paul nous parle d’unEsprit qui est auteur de toutes les vertus. Mais de vous dire précisément ce que c’est , ou de vous enparler en d’autres termes que ceux que l’Ecriture a employés ; c’est çe que je n’ose entreprendre de peutde me tromper, & de faire une divinité ou une idole de mon imagination. Si je dis que c’est une per-sonne, vous me demanderés quelle est cette personne? Si elle est divine,humaine, angélique? Et qui saits’il n’y en a point de quelque autre forte ? Si je dis que c’est un Ange, peut être que je ne diraipas assez ; & peut-être que je dirai trop , si je dis que c’est Dieu lui même , puisqu’il paroit dansl’Ecriture qu’il est'envoyé de fa part.

. Le Fils. Vous dites vrai, mon Père : mais après tout que nous servira t-il de nous tourmenter à savoir-ce qu’est cet Esprit, si nous demeurons d’accord qu’il est & qu’il agit. Nous sommes convenus qu’iln’est point nécessaire de pénétrer la nature de Dieu, 8c même qu’il est impossible de le faire ; quelle né-cessité y auroit-il donc après cela de vouloir pénétrer dans le sein de cet Esprit pour y découvrir ce qu’ilri’a pas trouvé à propos de nous révéler ?

Le Pere. Je vous sai bon gré de cette retenue, 8c de vouloir profiter de l’avis de S. Paul qui nous re-commande d’être discret dàns notre savoir & dans notre curiosité.

Le Fils. Jusques ici , mon Père , nous n’avons parlé de la Religion Chrétienne que d’une maniéréfort générale. Entrons, je vous priç un peu plus dans le détail , & dites moi précisément en quoi vousla faites consister.

Le Pere. La Religion Chrétienne est la maniéré de sèrvir Dieu établie par J. C. que Dieu a envoyépour cet effet en qualité de son fils , & qu’il a élevé âu dessus de tous les Prophètes qui l’ont précédé. 1Ainsi la Religion Chrétienne consiste proprement 1 . à connoître Dieu & J. C. 2 . dans la soumission àleurs préceptes & à leurs commandemens. Ensuite de cela vous aurés part aux promesses de l’immortali-téy 8c de la gloire que J. C. présente à tous ceux qui croiront en lui , & qui sortiront du péché pourembrasser son salut : promesses qu’il a ratifiées par ses souffrances , par son sang , & par sa mort. Il estdonc vrai de dire que J. C. est mort pour nos offenses , & qu’il est notre Sauveur, parce que par sonMinistère, il nous a procuré les moyens de nous retirer du vice , & de nous mettre à couvert des peinesqui sont les suites du péché. C’est dans le même sens qu’on peut dire qu’il a racheté l’Eglise par sonsang , & que sa mort a été un véritable Sacrifice , parce qu’elle a été volontaire, & qu’il l’a souffertedans la vue de se rendre agréable à Dieu & de sauver les hommes ; deux vues que ceux qui sacrifioient seproposoient sous la Loi: & vous lavés que le stile de cette Loi a été employé fort souvent par les Au-teurs du N. T.

Le Fils, Après avoir établi le fond de la Religion Chrétienne , ne saut-il pas lui donner quelque for-me extérieure qui serve du moins à unir ceux qui en sont profession ? Ce que je dis est si raisonnable',que tous les peuples du monde ont témoigné être dans ce sentiment; Payens, Juifs, Chrétiens, Maho-métans, &c.

Le Pere. Cela est vrai. J. C. ne s’en est pas éloigné mon plus quand il a institué le Batême , Sc la 8.Cène, Sc qu’il a supposé que ses Disciples s’assembleroient en son nom. Mais j’en demeurerais là en mê-me tems, me contentant de l’administration du Batême pour servir d’introduction dans l’Egliíè , & de lacélébration de la S. Cène , pour entretenir les fidelles dans une charité mutuelle , semblable à celle queJ. C. a eu en mourant pour eux.

Le Fils. Cela étant, mon Père, q u i aura J e soin de faire pratiquer cela ?

Le Pere. Toute l’Eglise mon fils, qni pourra en charger ceux de son corps qu’elle en trouvera les pluscapables: car nous ne voyons aucune institution précise de J. C. qui pte à l’Eglise en corps la liberté dece choix.

Tome IV, O o o Lt

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