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[Volume III.]
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DU MAHOMETISME. 51

près de la Mecque. Mais comme il fuioit des efforts pour y entres , il íè

„ trouva arrêté tout court toutes les fois qu’il pouffoit son Eléphant vers la

,, Ville. Cet Eléphant, dont le nom étoit Mahmoud, (c’est-a-dire Loué) pliant3, les génoux, fc jettoit a terre comme assoupi ou endormi, Le refuíoit d’avan-3, cer. Dès qu’on lui commandoit de íè relever , il le faiíoit promptement ;

„ mais il tournoit le dos à la Mecque . On le frappa rudement pour le faire,, retourner, mais il íè mit en fureur. On tâcha même de le tromper, en luis, faiíant faire volte face vers ì'Temen , comme pour s en retourner , ÔC en effet„ il marcha de ce côté-lâ. Mais quand on tourna la bride vers la Syrie , L!

3, vers l’Orient , l’Elephant íè mit â faire des bonds , & ne cessa d’être rétif

(Enfin l’on tâcha plusieurs fois & toujours en vain de le ramener vers la Mecque»L’Eléphant fut toujours désobéissant & opiniâtre.)

3, Dans cette confusion Dieu, pour punir l’obstination téméraire des Abíffins,

„ envoya contre eux une Armée d’oiíèaux (a) , qui parut en l’air comme une„ nuée venant du côté de la Mer. Ces oiseaux fondirent tout d’un coup fur„ l’Armée d ’Abrahah. Ils ressembloient â des hirondelles & étoient de couleur,, blanche & noire , entremêlée de verd &c de ja^ne. Chaque oiseau étoic„ armé de trois petites pierres de la grosseur d’un poix , ou,d’une lentille : ils„ en tenoient une au bec & deux dans leurs pieds. La pierre portoit en écrit„ le nom de celui qu’elle devoir frapper. En même tenis les oiíèaux lancèrent,, ces pierres fur la tête des ennemis ; elles tombèrent fur eux avec tant de for-„ ce &c d’impétuosité , quelles les percèrent du haut en bas. Tous ceux qui„ en furent frapés périrent misérablement de cette maniéré ; le reste de l’Armée„ Ethiopienne fut mis en fuite ; une partie fut entraînée dans la Mer par un,, torrent d’eau que Dieu envoya ; les autres fuirent vers Ì’Temen àvec Âbrahah„ leur Roi, & périrent en chemin. A 1 égard d ’Ahrahah, Dieu le frapa d’une„ playe , laquelle courant par toutes les jointures de íès membres , les fit peu â,, peu tomber par morceaux, juíqu’â ce qu’elle pénétra au cœur & lui fendit la„ poitrine en deux. C’est ainfi qu’expira ce malheureux Roi, dès qu’il fut ar-„ rive dans íà capitale, (suivant la merveilleuíè Legende des Mahométans.)

3, Cependant les Koraïjhites , qui du haut des montagnes avoient apperçucette nuée d’oiíèaux, & la déroute de toute l’Armée ennemie , íè trouvoient3, en íulpens entre la crainte & l’eípérance: mais Ahddl- Motalleh envoya ion fils» ^bdo llah (le père de Mahomet) monté fur un bon cheval , pour reconnoître,, les ennemis &: savoir ce qui íè passait. Ahdollah ne tarda guère â revenir33 revint a bride abatue en criant, l 'Armée ennemie ejl férie. Ah do'U Motalleh íòr-„ tit avec tout son monde. On s’enrichit tout â son aise des dépouilles„ de l’ennemi.

„ (Les Legendes Arabes assurent encore que) de toute cette Armée il ne ré-,, chapa qu’un íèul homme, qui fut AhuTaksum. Celui-ci íè mit â fuir au moment„ qu’un de ces funestes oiíèaux voltigeoit fur íâ tête & l’alloit tuer, Lc il ne cessa„ de courir qu’après avoir passé la mer. Etant arrivé en présence du hlégus ,j> il lui rendit compte de la déroute de l’Armée ”• Ahu-Taksum eut â peine a-chevé son récit , que l’oiseau qui l’avoit poursuivi le frapa , & le fit tombernrort aux pieds du Roi.

Tel-

(a) C etoient des corneilles, dit M. de Bofilamvtllìers , Vie de Mahomet P. 07. mais après tout qu’est*

Cë;que cela fait au lecteur? r ‘

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