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[Volume III.]
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81
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1 DIS S ERTATION

S U R L E S

FAUSSES IDÉES

Et les préjugés qu'on a pris contre le Mahometisme, tra-duite du Latin de M. R élan d.

§. í.

<3}ue la plupart des Religions ont été mal décrites par leurs Adversaires > cÉr premier e*

ment celle des Juifs.

’E s t le sort de toutes les Religions , tant anciennes que moder-nes , d’avoir été d’abord mal entendues, mal expliquées & en-suite maltraitées -, à quoi les ennemis de ces Religions n’ont pasmanqué de mêler l’injustice & la Calomnie. Les Juifs qui avoientreçu de Dieu , c’eíbá-dire qui avoient puise dans la source mê-me de la justice & de la sainteté, leurs institutions &c leurs Loix, qui parconséquent pouvoient íè glorifier de le servir d’urte maniéré plus digne de lui,n’ont nullement été a couvert de ces mauvais traitemens : ils n’ont pas mieuxévité les faux exposés de la calomnie & les mensonges répandus a leur sojet pardes ennemis remplis d’ailleurs de mérite.

C’est ainsi que Tacite , habile Historien , qui ne manquoit ni de secours, nid’occasions pour s’instruire sor le Judaïsme par le moyen des Juifs même, est tóm-bé dans-les fautes les plus grossières. Par exemple il dit (b) qu’on les a appellé Juifs

(Ju-

(a) Cette Dissertation n’est autre chose que 1a Préfacé donnée pâr M. Reland à k tête dé son Traité dela Religion Mahométane. M. D** qui l’a traduite avant moi l’a fait avec beaucoup de négligence. Outrécela il a souvent substitué ses propres pensées à celles de f original, il y a fait des additions triviales ; Sccomme il se croit du talent pour k Poësie, il a glissé quelquefois dans fa traduction des vers qui ne doi-vent rien à ceux de k Pucelle. J’ai fait main basse fur ces additions. A mon égard je n'ai pris que k liber-té de diminuer quelquefois, 8c même de íuprimer ce qui né me paroissoit pas nécessaire. Quelquefoisaussi j’ a i abrégé le discours pour lui donner plus de force. Le génie du pays où ÌA. Reland étoit né, c’estd’aimer des discours fort détaillés; dût il même y avoir des répétitions. La longueur des phrases & deSperiodes y est en juste proportion avec k lenteur de l’imagination : mais 1a Langue Françoise est plus vive.Quoi q u’il en soit, si l’on est pas content de moi , je consens qu’on me mette à côté de ce Critique tra-ducteur de quelques lambeaux de Pline le Naturaliste, Peintre, Sculpteur, Théologien Sc Poète. Je fais qu'ilne convient jamais de citer son propre Ouvrage. Je demande pourtant 1a permission au lecteur de lui in-diquer la page ;8. des Réflexions Morales > Satiriques &c« Il y trouvera Cretique Sc peut être qu’il m’ytrouvera aussi.

(b) Histor. Lib. V. Cap. 2 .

Tome V.

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