RELIGIEUX DES MAHOMETANS* a6i
Traité de Paix que fit Mahomet avec les Arabes en l’année ónsiéme de l’He-dre- du don de la bague» qui est une commémoration de la charité que ûtAlylun pauvre e n lui donnant une bague de grand prix, pour ne pas être interrompudans la ferveur de fa dévotion » & enfin de quelques fetes civiles. Je finirai donc furcet article par deux folemnités , qui me paroissent uniquement remarquablespar ks Souverains qui en font 1 objet ; à moins qu on ne juge á propos d’y a-iouter la valeur que la taille-douce peut leur donner dans ce livre. La premiè-re de ces deux cérémonies est la Cavalcade du grand Seigneur , que je raporceraidans les propres termes de Thevenot (a). „ {h) Le Grand Seigneur voulant
montrer toute lâ grandeur à l’Ambassadeur du Mogol , résolut dallerpar la ville en pompe. Je l’avois vu plusieurs fois , ôc entr autres le len-demain de la nuit qu’on fête pour la naissance de Mahomet. Je le vis allant' u Mofouée neuve accompagné d environ vingt Cavaliers. Il émit vêtu d unMman TÙn couleur de chair, & dune veste presque de même couleur.Son Tulban étoit orné de deux aigrettes noires garnies de diamans, lune re-gardant le ciel, & l’autre la terre. Ii avoir quantité d’Eunuques devant &derriere lui richement montés » àí à íès arçons íès deux Ecuyers a pie , legrand à gauche, & l’autre à droite. Un peu derriere fuivoient deux Pages,Pun à main droite (c) portant l’épée, l’arc & le carquois du Grand Seigneur,l’autre à la gauche portant le (d) Tulban , puis le (-) Kílar Agast & le (f)Capì Arasi: & ensuite deux autres Pages , portant chacun un pot d’argent," J l*un plein d’eau,l’autre de sorbet, & quelques autres Pages derriere à che-" val, suivis des (h) Peih , Lc de quantité de (i) Bostangts ì pié. Lesjanissai-" res étoient rangés le long de la rue. Après que le Grand Seigneur eut fait faprière à la Mosquée, il changea de veste . .... monta fur un beau che-val couvert d’une housse brodée d’or , avec une bride d’or ornée de pierre-ries, & s’en revint au Serrail suivi de cent Cavaliers richement montes, ou-tre plusieurs Eunuques, &í les memes Officiers qu en allant. Je lai vu ainsiplusieurs fois , & dans toutes ses sorties ii netoit accompagné que de gensde son Serrail : mais celle qu’il fit pour l’amour de l’Ambassadeur du Mogol,fut avec toute la pompe qui fe peut faire en de telles occasions. Premiere-ment on couvrit de fable le chemin depuis le Serrail jufqu’d la Mosquée deSultan Mehemet , où devoir aller fa Hautesse, comme on accoutume de sureà toutes les sorties qui íè font avec pompe, chacun ayant foin de mettre du
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(a) Voyages &c. L. í. Ch. 57. du tome prern. Ëd. de 1717. îí a été témoin oculaire de celle que fîtde son rems l’Èmpereur des Turcs , pour montrer fa magnificence à l’Ambassadeur d’un Empereur duMogol : & il est bon d’avertir ici que la pompe de cette cérémonie est à peu près la même en toute au-tre circonstance. T elle est auffi par exemple la Cavalcade du grand Seigneur après qu’il a été installé par le Mus tu
(b) Sultan Mahomet IV. qui regnoit alors.
(c) Le Seliâar Aga , ou Silendar-Aga , mot à mot pojfejfeur ou garde de l'Epe'e. Î 1 la porte dans un fou-ïeau rouge, fe Page est reprefenté ici.
(d) Le Dulbender-Aga , Dulbend-dar signifie possesseur ou garde du Turban.
(e) Le Kilar-Agajì est proprement le sommelier du Grand-Seigneur : maìsils’agit ici du Kitlar ou Ki&ler
r Agafi q m signifie mot à mot, maître , Seigneur ou gardien des yierges. Kìzì signifie en languaee Turc unefille, en est le pluriel. Cette remtrque est' % Befpier. . *
(/) C api , Capa ou Capau Agajï signifie maître de la porte.
(g) L Ebrittar-Aga est celui qui porte le bassin du grand Seigneur. Ì 1 faut, dit Befpìer , lire Jbrik-dar.II porte dans un baísin l’eau qui sert au grand Seigneur pour boire, ou pour faire l’ablution. L ’lfihioup*tar, ou Cubdar , ou Kuptar-Aga ess celui qui porte le Sorbet. Ulbrìkfdar est reprefenté ici.
(h) Les Peiks sont des valets de pied , selon Thevenot. Rìcaut ubí fup. p. 564. dit que ce sont des Pa-ges au nombre de 60 qui servent de Valets de pié ; furquoi on peut voir une note de Befpìer.
(<) Les Boftangis sont des jardiniers,
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