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[Volume III.]
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DU M A H O M E T I S M E. 279

Baba fera la clôture des Sectes anciennes du Mahometisme. Il vivoit dans lemilieu du septième siécle de ì'Hegire. Ce Baba fe fit un gros parti dans la Tur-comanïe dont iPétoit originaire, & íè déclara Prophète. Sa mission soutenue d uníèul Apôtre nommé Iíàc étoit indifféremment annoncée le fibre a la main auxChrétiens & aux Mahométans par cette formule ; il rìy a qu m seul Dieu & Babaejl son Apôtre, Voilà tout ce cju’on nous en dit ; à quoi il faut ajouter que GtSecte eut le fort des précédentes.

SECTES modernes du MAHOMETISME.

J’ai raporté la division du Mahometisme en Sonnites Lé Schijtes. Les effets del’intolérance Lé de la haine de ces deux partis, qui font mutuelles, comme onla dit , pourroient fort bien être mis en parallèle avec ce qu’elles produisentailleurs : mais la comparaison íèroit odieuse. Il faut leviter. Arrêtons nous feu-lement a la maniéré dont elles agissent sor les Musulmans. L’interêt des Princesqui gouvernent dans l’un Lé dans l'autre parti a fait de ces divisions une affairede politique Lé d’Etat. Un Schijte à Constantinople est moins Y ennemi de Dieu& de Mahomet que celui du Grand Seigneur Lé de son gouvernement. L édu-cation y forme les hommes sor ce principe j & il y a apparence que le peupleTurc heureusement prévenu par ce mélange d’interêt d’Etat Lé de Religion ,' quiest l’ouvrage dîme politique sobtile, ne manque gueres de regarder un Persan dela maniéré qu’on doit regarder un homme qui croit en Dieu autrement quenous. Ensoite le Sonnite Lé le Schijte s’attribuent mutuellement les choies lesplus odieuses ; des crimes, des fourberies, des parjures, des trahisons. On sotrouve chargé de dogmes Lé d’opinions que l’on ne íè connoiffoit pas. Du moinson n’avoit pas eu l’art d’en tirer de • certaines conséquences. On so repro-che des altérations dé Livres Lé deManusorits capitaux: & c’est ce que les Turcsreprochent aux Perses (a) au sojet de 1 ’Alcoran. Après cela on ne peut être re-garde que comme abandonné de Dieu , abominable , blasphémateur ; Lé c’estainsi, nous dit-on , que les Turcs appellent les Perses. Sur un tel fondementla cause du Prince devient nécessairement celle de Dieu ; Lé c’est aussi en vertu de cesaint motif que (h) Selirn premier fit la guerre aux Perses. Tant de crimes ne per-mettent plus les liaisons d’amitié Lé de charité ; Lé c’est pourquoi il n’est paspermis de recevoir de jeûnes Persans dans les Ecoles où l’on éleve les enfànsTurcs. Il pourra même arriver que l’on craindra que cet homme, que la poli-tique y ,1e préjugé de parti , celui de l’éducation nous forcent de qualifier l’en-nemi de Dieu, ne soit devenu l’ami du Démon, pour pouvoir nous nuire pardes charmes Lé des sortilèges, ou par certaines impressions magiques que le Dé-mon ne manque pas de communiquer à cet hérétique : Lé ce fera cette crainte,laquelle n’est pas absolument inconnue ailleurs , qui pourra justifier les moyensemployés pour repousser ces maléfices Lé charger de leurs pernitieux effets ceuxqui , conséquemment à leur hérésie , sont réputés! capables de les met-tre en œuvre. Telle est fans doute l’origine de la pratique observéepar les Persans dans leurs mariages , au raport d’un auteur digne de foi dont jevais citer les paroles (c) „ pour faire paroitre à quel point ils haïssent les {Son-

„ nites

(a) Voy. Ricaut ubi s U p. L. II. Ch. 10.

(ù) Idem Ib'id..

(c) Ricaut ubi fup. ' "

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