i8 SUPLEMENT ET ADDITIONS.
poursuivirent par tout, pour achever de massacrer, & de détruire les restes duChristianisme, doptdé seul nom étoit devenu odieux.
Quelques Ecrivains leu/: donnent une autre origine , & prétendent, qu’unComte de Dreux du tems des Croisades ayant été défait par Saìadin , les soldatsde ce Comte s’enfuirent dans les montagnes, & s’y retranchèrent ; &: que s’é-tant ensuite multipliés, ils s’y firent des habitations, & prirent le nom de Dru-ses en mémoire du Comte de Dreux , qui avoir été leur Chef.
Mais comme il est certain qu’avant les Croisades , cette Nation' pòrtoit déjaen ce pays le nom de Druses j il demeure pour copstant , que leur origine estplus ancienne que celle qu’ils se donnent, ou que d autres Ecrivains leur attri-buent. \ . J '.'
Si on en veut juger pár leurs livres , il est vraisemblable que leur nom deDruses vient par corruption du mot Arabe Deux , qui signifie cette ligné, oùíè joignent les deux parties du crâne, lesquelles forment lé crime entier de í’hom-me; car il est aise de remarquer , qué fes Auteurs de leurs livres font souventla comparaison de l’union parfaite des deux parties du crâne de l’homme avecl’union qui doit regner constamment dans la Nation j car par cette comparai-son les Auteurs de leurs livres leur ont voulu faire entendre , que comme laconservation de l’homme dépend de letroite union des depx parties du crâne defa tête, ainsi la perpétuité de la Nation Drusienne dépendra toujours de l’unionparfaite de tous les membrés pour se maintenir , & se défendre contre ses enne-mis j & de ion uniformité dans la pratique constante de ses coutumes , prati-ques & cérémonies.
Cette comparaison repetée si souvent dans leurs livres , étant ici supposée,on peut conclurre, que de ce mot Deux , que nous avons dit signifier la lignequi est entre les deux parties d u crâne , cette Nation a d’abord été appelléeDerzz en Arabe, ou au pluriel Derouz , c’est-à-dire en François, qui conserveson union & son uniformité : & de ces mots Arabes est venu par corruptioncelui de Druses , qui est demeuré à cette Nation.
Les Druses aujourd’hui reconnoissent pour leur Législateur un Egyptien, qu’ilsnomment Bom rillah , El hhazem , Ma^wlana , c’est-à-dire le Sage, notre Jugeôc notre Maître. Il n’a paru , disent-ils, que deux mille ans après Mahomet.Ses Diseiples l’honoroient comme leur Roi , &c ne paroislbient en fi présence,que dans une posture prosternée.
La Religion des Druses est un compose monstrueux fie maximes & de prati-ques qu’ils ont retenues'du Christianisme , dont ils faisoient anciennementprofession ; & de coutumes & cérémonies Mahométanes , qu’ils ont adoptées,soit à cause du commerce continuel qu’ils ont avec les Turcs , soit plutôt parpolitique, poiir se concilier leur bienveillance, & leur protection.
Ils gardent très-religieusement le livre que leur a laissé leur Législateur. Celivre contient trois Sections , qui sont en forme de lettres : les Druses préten-dent quelles contiennent tout le mystère de leur Religion.
Outre ce premier Législateur, ils en reconnoissent un second , qui étoit sonDiseiple. Ils le nomment Hamzé (a ), homme saint selon eux. Il leur a com-pose trois livres pour leur loi. Elle leur défend de communiquer ces livres aaucun étranger , tel qu’il puisse être. Je ne íài si c’est pour cette raison, qu ils
les
(a) Ce livre est à la Bibliothèque du Roi.