La plupart des Prêtres Américains font en mêmé té ms Médecins, Ceux dek Floride portent toujours avec eux des secs remplis d’herbes & de drogues pourles malades qu’ils ont à traiter, 8c (a) qu’ils traitent dune maniéré qui tientdu Prêtre, du Médecin 8c du Charlatan. Ce n est pas feulement aux Ivdes Gc -àdentaks que la Medecine est entre les mains des Prêtres : la même chose sevoie en Asie 8c en Afrique : tant il est naturel de croire que (b) Dieu commu-nique particulièrement les moiens de guérir les hommes â ceux qui íont les dé-positaires du Culte Religieux. Cette idée est peut-être auílì ancienne que leMonde. Toute l'Antiquitê Paienne a crû que les Dieux étoient les Auteurs dela Medecine - 8c c’est par une fuite de cette croiance que les Païens ont mis lespremiers Médecins au rang des Dieux. Ces anciens Médecins emploioient aussidans leur art les charmes 8c les enchantemens, comme les Américains le pra-tiquent encore aujourd’hui : soit qu’ils prétendissent se donner plus de poids pardes impostures que les peuples grostiers & superstitieux prenoient pour des grâcesdu Ciel, ou que les peuples d’alors prissent pour magie 8c enchantement ce quipassoit les bornes de leur capacité. Quoiqu’il en soit, l’Europe , toute polie ex toutelavante qu’elle est, n’a pû encore se purifier entierement de cette idée grossière àlaquelle nous devons une infinité de mauvais livres de secrets qui tachent da!-lier la Medecine avec de prétendues opérations magiques. Du reste nous neìa regardons plus comme un Art qui ne puisse marcher qu’avec la Prêtrise jquoi qu’il soit assés ordinaire de trouver en Allemagne des (c) Ministres quisont Médecins 8c Chirurgiens en même tems. A prendre les choses en un cer-tain sens, les soiences se donnent la main ; 8c nous convenons même que deslumières médiocres suffisent pour les voir toutes ensemble. L’affemblage que lesAllemans font de la Medecine 8c de la Théologie ne seroit il pas venu des an-ciens Prêtres Germains, qui, comme les Druides des anciens Gaulois leurs voi-sins , unifiaient aussi la Religion 8c la Medecine ì
La Religion 8c les Conseils des Prêtres influent comme cheL nous dans lesdélibérations des peuples du Nouveau Monde. La même prévention qui faitqu’on se confie aux Prêtres pour la guérison des corps leur donne une auto-rité plus que médiocre dans les affaires d’Etat. Ils jouent leur rôle avec assésd’adreflè pour n’être pas inférieurs aux autres Clergés du Monde. Nous trouvons unexemple de cette adresse chez un peuple des plus sauvages de l’Amerique. „ Les„ Brésiliens, dit Lescarbot , ont leurs Caraïbes , lesquels vont 8c viennent par les„ villages, seisent accroire au peuple qu’ils ont communication avec les esprits,,, moienant quoi ils peuvent non seulement leur donner victoire contre leurs„ ennemis , mais aussi que deux dépend l’abondance ou stérilité de la„ terre. cc Ils font accroire aux Peuples , dit (d) Coreal, en parlant des Prê-tres Brésiliens „ qu’ils ont une secrette intelligence avec Agnian , 8c
„ qu’ils
(a) Voies Coreal Poiag, aux Indes Occidentales . Tome premier,
(b) „ En toute Nation du Monde la Prêtrise a toujours été reverée, Sc ce doutant plus que deux de cet*,, te qualité font comme les médiateurs d’entre Dieu . ... 6e les hommes. Au moien de quoi ils ont fou-,, vent poísedé le peuple & assujetti les Ames à leur dévotion , & fous cette couleur se sont autorisés en-, beaucoup de lieux par dessus la raison. ..... Celui auffi qui peut reveler les choses absentes pour les-„ quelles nous sommes en peine non fans cause est honoré de nous, & principalement quand avec ceci il a la.-, connoissance des choses propres à la guérison de nos corps, chose merveilleusement puissante pour acquérir„ du crédit & autorité entre les hommes. Lescarbot Histoire de la Nouvelle France. “ II y a un enchaîne-ment si naturel entre ces idées, qu’il n’est pas étonnant que les Sauvages de PAmerique & les autres peuplesdu Monde que nous regardons comme barbares Paient conservé dans toute fa simplicité.
(c) Et qui pis est Charlatans.
(d) Tome premier de ses Voiages.
lomé L i. Partie . E