la chaise 3c porte à son beau pere les profits de ía journée. Souvent même onfe marie sons entrer dans tout le détail de l’amour : point de caresses , pointde conversation, point de badinage pour se connoître avant qué de s’unir d’unnœud qui n’est que trop funeste ailleurs. Supposons par exemple, qu un Sau-vage & une Sauvágestè so voient pour la premiere fois de leur vie , 3c que toutà coup fenvie d’en venir à l’hymen prenne l’un deux, celui qui restent cette en-vie brusquera fort bien les réglés qui doivent s’observer en cette occasion, f amou-reux Sauvage demandera sons façon a celle dont il vdudroit faire so femme, si el-le veut de lui, 3c celle-ci répondra ouï ou non , sons aller consulter so famille;Le consontement donné tête à tête est suivi d’abord d’une eípece de cérémonieque l’on peut regarder comme l’effet dune modestie de Sauvagesse 3c de la fu-ture occonomie de cette femme. C’est que le soir de ses noces, la fiancée prendune hache, s'en va couper du bois dans les champs, en prend ensuite sa charge,met son bois à terre devant la porte de la cabanne du futur époux, & s’affiedauprès de son bien aimé , qui pour toute caresse lui dit , il ejl heure de sereposer. Quelque teins après celui-ci se rend auprès d’elle , 3c se couche. LéPere Hennepin ajoute que 1 amitié de ces Sauvages est fort incertaine, 3cqu’aprés avoir rompu ensemble ils ne se voient plus qu’avec la derniere indifference. Quand la separation se fait, la femme emporte quelquefois ses bardes3c les pelleteries, quelquefois auífi elle n’emporte qu’une bande d étoffé qui luisert de juppe avec une couverture. Les ensons suivent leur mere, qui continuede les nourrir, parce que les biens de chaque famille , ou de chaque Tribu 3(ainsi s exprime le P. Hennepin , ) sont communs. Il y en a qui suivent leur pe-ire : mais en général les Sauvages qui font divorce laissent les ensons à leurs sem-ée disent qu’ils ne croient pas qu’ils soient deux. Cela est fondé, s’il est
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vrai quelles soient aiiffi commodes que le prétend le P. Hennepin : du moins pa-ìroît il par tout ce qu’il en dit, quelles n aiment pas le joug de la foi conjugale3c quelles se separent très volontiers de leurs maris. Les hommes ne font pas demeilleure foi fur l’article : un Sauvage qui se trouve en course loue une femmepour quelques jours, ou même pour quelques semaines, sons que les païens décette femme prise à terme y trouvent à dire, parce qu’ils gagnent des pelleteries àce commerce. La femme légitimé , ou pour mieux dire la premiere femme,garde le logis, 3c fait les semailles, pendant que 1 autre court le Pais avec le mari imais celui-ci étant de retour chez lui renvoie cette compagne de voiage avec despresens, 6c revient à so femme domestique ; à moins que les charmes de la voia-geuse n’aient ruiné so rivale dans 1 esprit du mari commun. N’oublions pas quela femme a le même droit, 3c qu’il lui est permis de se dédommager de l’ab-fence de son époux.
Ce que nous venons de rapporter de la maniéré dont ces Sauvages jugent duMariage 3c de la foi conjugale n’empéche pas les exceptions. De même que nousavons parmi nous des gensSauvages sor ces articles, ils en ont austî parmi eux quiobservent tous les devoirs qui sont attachés au Mariage, 3c qui ne le regardentpas comme un joug, mais comme un état de félicité. En un mot on trouve auCanada des maris qui aiment leurs femmes fort tendrement.
(a) Dés qu’un homme a fait les présens aux parens de so suture , elle lui ap-partient ; c’est un achat dans les formes. Quelquefois les parens prennent lesensons de leurs gendres, 3c leur rendent les presens qu’ils en ont reçu, ce quiarrive fort rarement. Nous avons dit dans la Dissertation précédente, que ces
Y z Peu-
(a) Le P. Hennepin dans le To* V* du Recueil de Vòiages au Nord*