revient aux âges d’Or d’Argent, d’Airain Sc de Fer des Poëtes. L’Univers, csoíènt-ils, ressemble à un oeuf, qui comprend le Ciel, la Terre Sc l’Abîme. Dansle Ciel ils arrangent divers mondes ; Sc Bartrmherrï (a) en compte jusqu aquatorze qui font placez dans cet oeuf. Les huit dont j'ai de j a parlé, sont fousle Ciel où Brahma fait íà résidence, Sc ils les appellent ensemble du mot géné-ral Surgam : Ainsi pour dire qu’un homme est mort, ils diíènt qu'il est allé â Sur*gam. Ces mondes sont au-dessus de celui ou nous habitons, Sc qu’ils appellentBoU'locon . Au-dessus de Surgam , il y a encore Brahma-locon Sc plus haut 3 Kaila-fom. Lila<veicontam Sc Veicontam qui sont trois places où Dieu-même résidé. Ilsplacent Patalam ou l’Abîme au-dessous de Bou-locon. Au milieu de Bou-locon ilsimaginent une montagne dont le haut s’éleve par delâ les huit mondes , Sc dontle bas descend au-deísous de Patalam. Cette montagne, qui est la même que Me~r orna dont j ai parlé en racontant la découverte de ÌAmortam , est de pur or 3Sc comme le Soleil, la Lune Sc les Etoiles tournent autour d’elle, de là vient làdifference des jours Sc des nuits. Quoi que l’or ne soit gueres propre à nourirdes arbres, la montagne Merowva ne laiíîè pas d’être couverte de fruits qui ontla propriété que quiconque en mange, n a jamais ni faim ni soif, ni n’est pointíujet aux incommoditez de la vieillesse. Ce sojour délicieux n’est point fait pourêtre le partage des hommes z il est resorvé aux fils de Dìti femme deÇajjîopa.
Bou-locon est divisé en sept mondes dont chacun est entouré d’une Mer parti-culière. Celui qui est au centre nage dans une Mer d’Eau douce , le suivant aune Mer de Lait, le troisième une Mer de Beurre , le quatrième est ènvelopéd’une Mer de Lait caillé, le cinquième a une Mer de Vin, la Mer du sixièmeest de Syrop Sc enfin la derniere qui est la nôtre, est d’Eau salée. Chacun deces Mondes est nommé félon la Mer dont il est environné.
Ce Monde-ci finira, (b) mais íà fin est encore loin, car mille révolutions desquatre âges ne font qu’un des jours de Brahma qui est assuré de vivre cent ansde cette sorte de jours ; Sc en 165 9, on comptoir qu’il n avoit encore que cin-quante ans Sc que íà cinquante Sc unième année commençoit alors. Le pre-mier mois Sc le premier jour après que les cent ans seront expirez, le Mondeíèra consumé par le feu. Le Soleil dont nous n’avons à présent que quelquesraïons, les lancera tous sor la terre en même temps. La Mer fè défichera. LesMontagnes feront réduites en pouffiere ; après cela les pluies tomberont avecviolence , comme l’eau qui fort de la trompe d’un Eléphant, Sc pour lorsBrahma expirera.
(a) C’est un Sage Indien dont les Proverbes sont fort estimez.
(b) Le Lecteur n’a pas besoin d’être averti que ce Sistéme des quatre âges du Monde selon les Bramínes estfort diffèrent de ce qu’il a lu du système des Banjans dans la Dissertation précédente. Cette difference setrouve encore dans les circonstances de la création. On voit bien que les uns & les autres ont puisé dans lamême source, à savoir dans la doctrine des Anciens Egiptiens, que chacun a peut-être déguisée à sa maniéré.Les variations sont inévitables dans les institutions humaines ; & à dire vrai un siécle est auísi authorisé qu’unautre à imaginer des dogmes, quand il n’est question que de fictions, & de rêveries,
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