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Tome second.
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34 SUPLEMENT AUX DISSERTATIONS

donnez pas en cet exil. Et lautre partie du Chœur repondoit : afn que nousparticipions avec vous aux biens du Seigneur . Apres cela tout le monde semit à genoux , un vieux Prêtre se prosterna , 3c harangua le déftint , ou,pour parler selon nos idées , fit ion Oraiíon funebre. Un autre réponditau nom du défunt en des termes assez Chrétiens , Lc toute lassemblée priadu même style le Dieu qui régné dans le Soleil. Cette priere fut suivie du-ne nouvelle Procession de jeunes gens , qui íàluerent le défunt , 3c firentune eípece dexorcisme, avec des cimeterres , dont il eícrimerent autour ducercueil , pour chasser le Diable 3c le renvoier dans la maison de fumée , ypaier , sans jamais achever de mourir 3 la juftice rigoureuse du Seigneur. Ces exor-cisans íè retirerent à leur tour. Des Prêtres vêtus de violet 3c couverts d'u-ne maniéré de tôle, vinrent encenser le corps. Toutes ces Cérémonies fini-rent par le sacrifice volontaire de six jeunes Gentils-hommes. Après cela onbrûla les corps de ces victimes humaines for un bûcher, qui étoit compo- de Sandal 3c dautres bois de senteur. On brûla de même le corps dugrand Prêtre 3c le Théâtre íur lequel il étoit expose, avec quantité de cho-ses précieuses. Noublions pas que le lendemain de ses funérailles , un au-tre Roolim prêcha devant le Roi, 3c fit le Panégyrique d u Pontife , qua-près le Sermon, les cendres de ce Saint furent distribuées comme des reli-ques , que néanmoins on éclaira de quantité de lampes d argent le tom-beau du Saint dont les cendres avoient été distribuées aux fidelles.

Ceux dAsem ne brûlent pas les morts , mais ils les enterrent, (a) Ilscroient qu après cette vie on va dans un autre monde , Ion trouve a-bondance de plaisirs 3c de deliees, quand on a bien vécu en celui-ci : maisquand on y a mal vécu, quand par exemple on a pris 3c dissipé le biend*autrui, on y soufre d étranges peines, 3c íurtout la faim 3c la soif. Com-me larticle du bien dautrui est fort délicat, 3c quil faut se défier beau-coup de soumême, par précaution , ils font enterrer quelques provisionsavec eux.

On porte le corps du Roi dans une cave , avec tout ce quil avoit deplus précieux , quantité de provisions , 3c lIdole en laquelle il avoit leplus de confiance pendant íà vie. Ses femmes, ou ses concubines , 3c ses^ principaux Officiers sempoisonnent pour le foivre 3c pour le servir. Oaenterre aussi tous vifs douze Chameaux , six Chevaux, un Elefant & quan-tité de Chiens de chasse.

Sil faut s en raporter à Ovington , les Indiens òìAracan affectent dans leurtaille 3c dans leur figure ce que les autres Nations méprisent le plus. Ilsaiment un front large 3c plat , des narines larges 3c ouvertes , des yeuxpetits : les oreilles leur pendent fur les épaules comme chez les Malabares,ajoutons y comme chez les Indiens d 'Asem , suivant Tavernier. Ainsi voi- lancien Ctesas {b) justifié sur un des points qui lont fait regarder com-me un insigne menteur. Autres singularités : on sert dans leurs festins desmets qui ne flateroient ni les yeux , ni le goût des Européens. Par exem-ple , ils se font un délicieux ragoût des rats, des souris , des serpens : ilsne mangent point de poisson qui ne soit si mortifié quil en est puant, &même ils en font une eípece de moutárde dont ils assaisonnent leurs repas. Sans

vou-

(a) Títvernkr Voiag. L. z.

(b) Cet Historien a écrit que les Rois des Indes ont pour leur garde m corps de troupes, dont lesSoldats ont les oreilles si grandes, quelles leur tombent fur les épaules.