SUR LA RELIGION DES BANIANS. 61
la beauté de la morale Chrétienne contrastent d'une étrange maniéré dans lesIndes. Par ces oppositions, on fait en forte de mériter leur mépris. Un Apô-tre a dit, qu’il (a) vouloir montrer ía foi par ses Oeuvres. La foi moderneest donc bien dificile à définir , car elle marche souvent toute feule. Il sortitautrefois d’un certain Pais plusieurs milliers de personnes, qui paroissoient sifcrupuleusement attachées à leur Religion, que les fuplices & la perte de leursbiens ne purent jamais les obliger à l’abandonner. Ces personnes s’attirerentla compassion dans les Etats qu’ils traverserent, & dans ceux où ils fe fixèrentenfin. On leur donna des Privilèges, on leur procura des établiísemens Scdes pensions considérables, tant on étoit persoadé que des gens de leur carac-tère dévoient connoître & pratiquer tous les devoirs de la morale , avec beau-coup plus d’exactitude que d autres. Une conduite souvent opposée aux prin-cipes qui dévoient les faire agir, ne tarda pas long-tems à desobuser le monde,Sc l’on vit alors combien la pratique n’est que trop souvent éloignée de laconnoiíîânce spéculative de ses devoirs. Tel est le foible de l’humanité : nedoutons pas qu’il ne soit par tout le même.
Leurs FETES * leurs TALAPOINS c*
L Es Siamois oat plusieurs sortes de Fêtes (b) où l’on ne nous soit aper-cevoir rien qui tienne du religieux. Ils font la Fête de la Dédicaced’un Temple neuf , fur tout lors qu’on y place une Statue neuve de Som-mona- Codom.
(c) Quand les eaux commencent de se retirer , ils font des illuminationsgenerales fur la Riviere , comme pour la remercier de ce que ses eaux sefont écoulées , Sc de la fécondité quelles ont donné aux terres. Toute hRiviere est couverte de lanternes, qui nagent sor la sorsoce de Peau, Sc,pour ainsi dire, s’en vont avec elle. La grandeur de ces lanternes Sc leursornemens dépendent de la dévotion de chaque particulier. Les anciens E~gyptiens celebroient auísi une fête à l’honneur du Nil, pour le remercierde la fertilité qu’il donnoit aux terres par ses inondations. Il reste mêmedes traces de ces uíàges chez les Egyptiens modernes. Les Siamois fontdes illuminations pour remercier la terre , quand la récolté est abondante :autre Cérémonie, qui a quelque raport á la solemnité dans laquelle les Egyp-tiens offroient des épis d’orge Sc de blé à Isis , pour la remercier de sesbiens. Les fêtes Sc les spectacles de Religion étoient auísi accompagnés chezceux-ci de beaucoup d’illuminations.
Les Talapoms vivent dans des Couvents , que les Siamois regardent auísicomme des Temples. Le Temple Sc le Couvent occupent un terrain quar-té , entouré d’une double enceinte, comme on le représente ici. Le Tem-ple est au milieu du terrain comme le lieu le plus socré : les Cellules sontrangées tout autour du Temple , à peu près comme les tentes d’une armée,Sc dans le vuide qui est entre les deux enceintes. Ces Cellules font isolées ;on voit plusieurs pyramides tout autour du Temple.
Le P. Tachard dit, qu’on fait à peine une lieue sons rencontrer quelque
Pa»
(a) Saint Jaques , dans íòn Epître Catholique.
(b) Voies La Loubere ubi sup. p. 150.
(c) La Loubere ubi sup. tom. I. pag. 147.
Tom. IL Part . I.