II
EPITRE.
absolu ? F eut-être qu a texemple d'un Auteur fi attentif a chercher la vérité,on sentira la nécesjité d’approfondir les faits extraordinaires , Çf de prononceravec moins de hardiesse.
Ojerai-je vous dire , M O NSE IG N EU R , que cet Ouvrage doit vousplaire par un autre endroit ? A la vue de tant de différentes superstitions , vousvous rapellerez, que, pendant que vous avez, gouverné b Eglise de Frejus, vousles avez, détruites. Leurs images retracées jans crime dans cet Ouvrage -, neferont pas moins agréables d VOTRE EMINENCE , que les portraitsdes vaincus ont accoutumé de l'étre aux vainqueurs. Mais ces fuperflitions,vous les avez, anéanties par ïexercice d!une raijon supérieure & par une dou-ceur aimable , qui font les fuies armes de la persuasion > quels effets rit ont
point produit, MONSEIGNEUR, ces deux rares qualitez> dans ce Dio-cèse ? Ce fut par elles qu on vit d’abord le vice disparoitre , la vertu recueillirfeule des hommages , o refleurir dans le Clergé , le zJle , & la discipline despremiers siécles de I Eglise.
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Chargé de P éducation dé un Prince qui fait les délices de ses Sujets , vous luiavez, appris d fi soumettre d I empire de la raison, d la faire présider d f s con-
vous étés appliqué d la faire rejpeéíer , & toujours semblable d vous 'rnème,vous n avez, opposé aux flots des passions humaines qu un calme inaltérable. Lesmomens de trouble ont toujours coûté des regrets a un cœur qui ri aime que lapaix. Quelle supériorité de raijon ne faut-il pas pour s*élever ainsi au dessus de ,la raijon aes autres ì
Si je ne craignois , MONSEIGNEUR , de blesser votre modestie parmes louanges , je peindrois ici cette intelligence supérieure pour le conseil, Ì élé-vation du génie avec la bonté, les lumières vives & pénétrantes avec les char- ,mes dè la douceur, cette aimable politesse répandue dans vos difours & dansvos allions, & tant d!autres Vertus dont on est plus frappé ,. d mesure qu onles contemple déplus prés >• bien différentes de ces ingénieuses perspectives , quine paroiffent belles que par l'éloignement, dans un certain pomt de vue. Il
m est encore moins pofible d’exprimer d VOTRE EMINENCE les fen-timens de ma reconnoiffance, pour les bienfaits dont vous m avez, honoré: pluselle est vive , moins elle est éloquente. Si j ét ois moins pénétré, MONSEI-
GNEUR , de vos bontez,, il me firoit aisé de trouver des expressions pourpeindre mes fentimens. je compte parmi les grâces que je tiens de VOTREEMINENC E, la permijfon quelle ma accordée de lui donner ce t émoi-gnage public du profond rejpeól avec lequel je ferai toute ma vie,
MONSEIGNEUR,
DE VOTRE EMINENCE
Le très humble & très obéiíîànt Serviteur
B E L L O N.
PRE-