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tiges de l’imagination , 8c des illusions de lacrédulité.
Une addition non moins curieuse, est His-toire critique des pratiques superstitieuses ob-servées en l’honneur de saint Hubert, pouríe préserver de la rage. Comme elles ne Rac-cordent point avec les faits rapportez parles Historiens comtemporains , PAuteur voU-droit qu’on se bornât à un culte plus simple,Sc qu’on supprimât de vaines observances. Lalettre latine d’un célébré Théologien Fran-çois, ne laisse rien à desirer fur cette matiè-re ; cependant le F. Ie Brun a cru devoir yjoindfe la réponse des Religieux de S. Hu-bert, afin qu’on puisse mieux juger de Ja so-lidité des raisons alléguées pour Sc contre cespratiques , qui certainement paraissent super-stitieuses. L’histoire des Chevaliers issus de S.Hubert, fait une épisode agréable.
Ceux qui attribuent à ces prétendus Cheva-liers le talent de guérir les gens qui ont été mor-dus par des chiens enragez, St de préserver dela rage, s’appuyent fur l’exemple de nos Roisqui ont la vertu de guérir les écrouelles. Le P.le Brun a cru devoir s’étendre fur ce dernierpoint -, Sc a montré que la vertu attachée à nosRois est ancienne 8c respectable, au lieu quele talent des Chevaliers istùs de 8. Hubert estvisiblement supposé. La guérison des écrouellespar les Rois d’Angleterre, n’est pas plus certai-ne. 11 parait que vers la fín de Ponziémesiécle,ils entreprirent de toucher des malades à l’exem-ple dos Rois de France. Edouard III. dont lesprétentions fur la Monarchie Françoise font siconnues , signala son zélé pour ces guérisons,Sc régla les cérémonies qu’on devoir observer.
Outre ces additions considérables , il y en aencore plusieurs autres répandues dans les deuxpremiers volumes, ainsi qu’il sera facile de leremarquer ; mais le détail me mènerait troploin. J’avouerai cependant que le P. le Brun au-rait donné plus d’étendue à son Ouvrage -, ils’étoit proposé de donner un traité complet dusortilège, & y aurait joint une réfutation sui-vie du Monde enchanté , de Bekkerj mais cequ’il a laissé là-dessus , n’étant qu’une légèreébauche , je n’ai pas cru devoir Pimprimer. IIs’étoit encore proposé de parler de différentesépreuves pour connoitre la vérité ; j’aurois pucontinuer ses recherches, mais je n’ai point osemêler mon travail avec le sien. Si je croyoisque cette addition fût agréable au public, jeI’iníërerois dans une nouvelle édition.
En comparant les deux éditions de l’histoiredes pratiques superstitieuses, on verra que Per-dre n’en est plus le même. C’est le P. Brun qui
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a ainsi arrangé cet Ouvrage, Sc l’on nepeutqu’applaudir à ce changement. On trouve d'a-bord des principes généraux pour discerner cequi est naturel d’avec ce qui ne Pest pas j 8c quifont comme un flambeau pour distinguer lespratiques qui ont séduit les Peuples 8c embar-rasse les Savans.
A la persuasion de quelques personnes cu-rieuses, on a réimprimé dans le ftroìsiéme Vo-lume, P Illusion des ‘Philosophes fur la Baguet-te , pareeque le P. le Brun renvoyé quelquefoisà cet Ouvrage devenu fort rare. On y a jointune lettré sor la même matière, qu’il avoit faitinsérer dans le Mercure de Juin de 1693. Sccomme le P. le Brun a principalement attaquéles systèmes de Messieurs Chauvin 8c Garniersor les effets de la Baguette, j’ai cru devoir im-primer leurs dissertations qui sont fort ingénieu-ses , Sc qui par la netteté des principes Sc dustile feront certainement plaisir. Enfin j’ai tiréde différens Mercures de l’année 1693, les piè-ces les plus curieuses Sc les plus solides touchantles productions de la Baguette. La lettre qui està la fin de ce 3. volume, est une critique sen-sée de quelques endroits de l’histoire des Prati-ques superstitieuses. Si je ne me trompe, ce 3.volume ne sera pas moins bien reçu que lesdeux premiers, par les personnes qúi aiment lesrecueils de pièces de Physique.
Voilà une idée générale de cette nouvelleédition ; si on prend la peine de comparer ceque je dis avec Pouvrage même, on verra faci-lement que je n’ai point voulu en imposer.
En effet rien n’est plus judicieux Sc plus digned’un Philosophe chrétien que les régies établiespar PAuteur, pour discerner les effets naturelsd’avec ceux qui ne le sont pas. II est en gardecontre la crédulité Sc l’incrédulité , qui fontdes écueils presque également dangereux, Sc i!n’oublie jamais que la Religion se trouve com-me située entre deux vices pernicieux, l’impié-té 8c la superstition. L’une par un oubli deDieu , 8c par le mépris de tout ce qui est éta-bli, sape le fondement de la Religion; Sc l’au-tre en la portant trop loin , n’en fait révérerqu’un fantôme. Le nombre des superstitieux estbeaucoup plus grand que celui des impies, par-mi ceux qui ont quelque connoissance de laReligion i parcequ’il y a peu de pratiques [quel-les qu’elles soient, qu’on ne puisse rapporter àDieu Sc à ses Anges. Les prestiges ont le mê-me dehors que les miracles. Faut-il s’étonneraprès cela que les esprits peu éclairez se trom-pent sor des faits, capables d’exercer la sagaci-té des plus habiles ?