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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PREFACE DE LA PREMIERE EDITION.

blés qUi ne puissent être produits, ni par les secrets ressortsde la nature , ni par la fourberie des hommes , on doit ledire (st on ne doit pas taire quil faut attribuer aux Espritsce qui ne peut être produit par les Corps , puisqu'il efi con-fiant que nous n avons d'idée d.'aucune substance que deT Esprit (st áu Corps. Enfin fi par tout ce que la Raison (stla Foi nous enseignent touchant les Esprits, ilparoit évidentquon ne peut attribuer les effets en quefiìon qu aux Espritsque lEcriture apelle fi souvent des séducteurs , pourquoidissimuler sur ce point ? Qu'on disê en général quil y a desfourbes fort adroits dont on efi souvent la dupe , je naigarde de le nier. Je crois qu'il q en a qui font tourner laBaguette , mais il y a des moyens de connoìtre jusquesla fourberie peut aller. Qu'on dise encore qu'on se trompesoudent , pour ne pas Connoìtre assez, la nature , rien n'efi:plus vrai. Plusieurs donnent trop au méchanifine , les au-tres n y donnent pas assez. , & la difficulté efi de choisir«n juste milieu entre ces extrêmitez, vicieuses. Mais celanempêche pas qu'il n'y ait des cas , ou le discernementneff ni impossible , ni difficile. Ce qui efi constant , c estquon n est jamais st exposé à se tromper, que lorsqu'on ju-ge sur des idées vagues (st confuses. Je crois qu'on verraassez, clair dans le sujet dont il s agit , quand on se fer a don- la peine de lire (a) la première Partie de cet Ouvrage.

On jugera néanmoins plus exaflement de cette pratiqueaussi bien que un grand nombre dautres , en lisant laseconde Partie (b ), lon établit des principes pour fai-re connoìtre ce que cefi que miracle (st superstition, parquelles loix tous les effets font produits , (st par quellesrégies on peut juger si un effet est naturel ou non. DansVapplication de ces notions ou de ces régies, on n a pu fidispenser de faire voir les erreurs des Philosophes , quivnt cru naturels des effets qui ne peuvent lêtre , (st dedécouvrir lillufion nous jettent plusieurs prétenduesmerveilles de la nature, qui ont été crues fans fondement.II a fallu aussi montrer avec quelque étendue , nécessairepour diverfis personnes, quelle efi la cause des effets quim fimt pas produits naturellement.

Avec ces principes on pourra fi détromper aisément dungrand nombre de pratiques superstitieuses , qui durant plu-sieurs siécles ont trouvé des défenseurs. C'est dans cettevue que nous avons entrepris /'Histoire Critique des U-í âges Superstitieux, qui ont séduit les peuples & embar-rassé les Savans. On représente dabord combien on a tou-jours été porté à excuser (st à autoriser même des prati-ques superstitieuses , faute de lumière (st d'attention , Q"lon entre ensuite dans le détail de celles qui ont été en-fin condamnées universellement par lEglise , ou qui doi-vent Pétri par toutes les personnes instruites (st attenti-ves. Cette matière est si ample, qu elle pourra nous obli-ger k donner dans quelque tems un second Folume. Ce-pendant on na pas dessein de faire un Traite entier desSuperstitions. On obmettra celles qui ne font en usage queparmi des perfinnes fans Religion, ou qui ne peuvent trom-per que des femmelettes. II suffit que les Curez, (st- tousceux qui instruisent , tachent den désabuser le peuple ; (stil y a assez, de Livres qui les indiquent , (st- en donnent delhorreur. Nous ne parlerons que des pratiques qui font au-torisées par des Savans , parcequ'elles donnent lieu de dou-ter fi elles ne produisent pas leur effet naturellement, oupar miracle.

On ne trouvera pas étrange quon apelle Savans les Dé-fenseurs de ces pratiques superstitieuses , en même tems quonmontre quils fi trompent en ce point. C'est un titre quiconvient k ceux qui ont beaucoup de leBure, (st- la réputa-tion de Gens de Lettres. On ne pouvoit pas contester cettequalité ni cette réputation au célèbre Hincmar de Reims,qui a pourtant autorise des épreuves certainement supersti-tieuses.

Mais on aura sujet d.'être surpris que f ose éclaircir oudécider des difsicultez. qui ont partagé & embarrassé des Sa-vans. Deux chofis mont rassuré contre la peine que je res-sent ois fur ce point. La première est , que je ne mets déci-ma) Lisez le septième Litre de la nouvelle Edition.

(f) Lisez le premier Livre de la nouvelle Edition .

fivement plusieurs pratiques au nombre des juperfiìtìoni 1quapres des décisions généralement reçues. LautoriiêdHincmar , ou de quelquautre Savant que ce soit, nepeut faire douter que lépreuve de leau froide ne soit super-stitieuse, depuis quelle a été absolument condamnée par TE-glifi.

La seconde est , que quand on saplique k me matièreavec des notions qui ne peuvent être fausses, (st- quon adailleurs des décisions formelles de T Eglise en pareil cas ,/attention fait naître des pensées (st découvrir des raisonsdécisives, qui ne peuvent être ébranlées par des discours va-gues , fondez, fur ce quil y a dans le monde une infinité dechoses merveilleuses, obscures, (st difficiles k pénétrer.

Ainsi lon ne refusera pas d'examiner les pratiques super-stitieuses qui jont communes dans les Files ou dans lesPro-vinces, (st qui trouvent néanmoins quelques Défenseurs. Jeprie seulement ceux qui demandent quon parle sur ces str-ies de pratiques, de ne pas nous proposer celles qui fent kpeine connues , (st qui n ont pas befioin de discussion. Desperfinnes, par exemple, nous ont pressé de parler de ce qttis'observe , dit-on , dans quelque Eglise, Ton porte lesenfans morts nez,, (st Ton prétend quaprès certainesprières ou cérémonies, ces enfans donnent des signes de vie,k la faveur defquels on les baptise promptement. On a faitentendre quil y a de la fourberie ; (st quand cela ne firoitpas, c est une superstition visible, (st une tentation de Dieuqui a été souvent défendue. Si cela se fait sans éclat, com-me on T assure , il faut en avertir T Evêque. Un détail desemblables superstitions ne peut fervir quk scandaliser , (stporter des perfinnes ignorantes k faire T essai de ces prati-ques , au lieu qu'on peut compter qu'il n'y a point d.'Evê-que qui ne fiit assez, z,eié pour faire cesser ces fortes d.abus.Quoi quil en soit, nous ne prétendons parler que des prati'-ques publiques, qui séduisent le Peuple (st trouvent des Dé-fenseurs.

APPROBATION

De Monsieur de Lorme, DoBeur de Sorbonne.

JAi lu par Ordre de Monseigneur le Garde des Sceaux,l'Histoire Critique des Pratiques superstitieuses, &c. jenai garde d'en porter un jugement différent de celui desDocteurs célébrés qui lont approuvée avec éloge dès levivant de lAuteur. Je remarquerai seulement que la nou-velle forme quil avoit lui-méme donnée à son Ouvra-ge, & les Additions posthumes qui y font insérées, lefont lire avec une nouvelle satisfaction. En Sorbonne, le. Janvier 175z.

DE LORME.

JESUS MARIA.

Permission da Très Révérend Père Général de TOratoire.

N Ous Pierre-François De la Tour, Prêtre , Supé-rieur Général de la Congrégation de lOratdire deJésus-Christ Notre Seigneur. Vu pàr nous le Privilègedu Roi & lApprobation du Censeur Royal , permet-tons à la Veuve de Florentin Delaulne , Imprimeur &Libraire, dimprimer un Livre intitulé : Histoire critiquedes Pratiques superstitieuses, 8 cc. composée paf le feu P.Pierre le Brun, Prêtre de notre Congrégation, confor-mément au Privilège à nous accordé par les Lettres Pa-tentes du Roi, en datte du r6. Mars 1689c enregistréesau Grand Conseil le 25. Avril de la même année , parlesquelles il est défendu à tous Libraires & Imprimeursdimprimer & vendre aucuns Livres composez par ceuxdc notre Congrégation, sans notre permission expresse ,fous les peines portées par ledit Privilège. Donné à Pa-ris ce vingt deuxième Janvier mil sept cens trente deux.

P. F. DE LA T OUR.

De TOrdre de Notre Révérend Père Général,L. Batterel, Sécretaire.

A P-