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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES S U P

remedes divins & Ecclésiastiques, qui seuls se peuventpratiquer sans danger & fans péché , qui font toujoursutiles aux âmes bien disposées, fans jamais nuire âuxcorps , & qui souvent nous délivrent ou nous préser-vent des maléfices & des autres maux ausquels nôtrevie est si sujette. Tels font la foy vive & animée dela charité; lusage légitimé des Sacremens que nous pou-vons recevoir dans létat nous nous trouvons , lesprières des gens de bien , en la pieté desquels nousavons confiance , les Exorciímes & les Prières de lE-glìse dont on trouve les Formulaires dans les Rituelsdans les autres Livres juridiquement approuvez , lesœuvres de miséricorde , laumône & le jeune , linvo-cation du saint & terrible nom de J e s u s , de celui

e a s t i T i o N s.

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éluder la force des toúrmens quil lui preparolt. Jeande Sarisbery , Evêque de Chartres se mocque avecraison de ce remede (f)-

Ceux qui portent sur eux contré les maléfices, unéracine de chicorée quils ont íouchée à genoux avec delor & de largent., le jour de la Nativité de S. JeanBaptiste un peu avant le Soleil levé , & quils ont en-suite arrachée de terre avec un ferrement, & avec beau-coup de cérémonies , après savoir exorcisée avec lépéede ) udas Machabée, ainsi que parle Pictorius (g ).

Ceux qui pour le même sujet crachent trois fois sofles cheveux quils sarrachent en se peignant ; qui por-tent fur eux du sel non béni, & qui changent de de-meure & de nom. Je suis persuadé que le changement

* Marie. d. ceux des bons Anges & dessus Saines , de Ueu A L

le ligne de la Coix, les Reliques authentiques des sc «r- sc àgem-n- d- nom -c d-

8aints , Jean , le vin , se pain -, lencens, les cierges,ìe sel & les fruits bénis selon les cérémonies de lEgli-fe.

Voilà les principales armés dont nous devons nousservir contre les attaques des Démons, & contre lesmaléfices , au lieu duser des remedes magiques, & su-perstitieux pour nous en défendre. Cest pourquoi onne sauroit exempter de péché.

Ceux qui pour se garantir, ou pour garantir les au-tres de maléfices ou de charmes, vont cueillir de grandmatin à jeun , sens avoir lavé leurs mains, fans avoirprié Dieu , fans parler à personne , & sans saluer per-sonne en leur chemin , une certaine Plante , & la met-tent ensuite sur la personne maleficiée ou ensorcelée.

Ceux qui crachent sur le soulié de leur pied droitavant que de le chausser , afin de se préserver de malé-fices , & qui se servent de leur salive pour les usages

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rre;

demeure contre les maléfices ?

Ceux qui empruntent quelque chose d'u» Sorcierou dune Sorcière, ou qui leur dérobent quelque cho-se , pour ôter les maléfices que lun ou lautre a don-nez.

Ceux qui portent fur eux du sel, ou un noyaudatte poli j afin de chasser les malins esprits ; (h) ceque Bodin dit être. tcne idolâtrie.

Ceux qui font passer les enfàns nouvellement nez parle feu , afin de les préserver de quantité de maléfices ;ce qui est une Superstition des Amorthéens & des E-gyptiens, comme le témoigne le même Auteur («J.

Ceux qui pour fe préserver de maléfice frappent troisfois fur les cocques des œufs quils ont mangé & lesremettent ensuite dans le plat.

Ceux qui pour ôter le maléfice damour emploient lemaléfice de Haine en consacrant avec certaines ceremo-

dont parle Pline (a). - D1 e on noir quils dorment ensuite à manger

Ceux qui croyent que la tete d un loup un peu nies un p^eon H crif . ^ v avo ; r couoé

vieille, est capable de les préserver de maléfices, & qui aux deux per onnes qui * ce qui est une Su-

pour ce sujet samchen. aux porter de seurs logis. Ceux --> deux part.es à r-uy°s ZV ' S '

qui attribuent la même vertu à la peau du coû. toute perstition une irnp _

feule & toute entiere de cet animal, (b) Le même Pli-ne fait mention de ces deux remedes.

Ceux qui chassent les maléfices avec du souffre &de la maniéré que Tibullè le décrit dans une de sesElégies (c).

Ceux qui mangent de la Joubarde ou Joubarbe , afin

Ceux qui pour guérir une personne maleficiée pren-nent trois mesures d*huile violât, fbiit tenir le maladeà lopposite du Soleil avant qu'il soit levé , lui fontprononcer son nom & celui de fa mere , nommer troisfois le jour pendant six jours les Anges de gloire quifont dans le sixième degré , le font tenir tout nud le

de rompre le nouement de laiguillette dont ils font af- septième jour &c. puis ecrivent sor une plaque les nomsfìigez. de ces Anges, &c. dans la creance quil fera guéri le

Ceux qui mettent du sel dans la laiífive , de craintequon ne lempêche de couler , ou dans la baratte , depeur quon nempêche le beurre de se faire.

Ceux qui pendent à leur coû la vilaine figure que1 on faisoit autrefois porter aux petits enfans contre tou-tes sortes de charmes & de maléfices.

Ceux qui font passer leurs chevaux , leurs vaches,leurs moutons, &c. par des feux faits de certains bois,

& qui les font tourner certaine quantité de tours autourde ces feux, afin de les garentir de maléfices toute Tan-née.

Ceux qui crachent une ou trois fois dans leur seinafin de n'être point charmez. Cette pratique étoit or-dinaire aux anciens (d) , & Theophraste ne Ta pas ou-bliée dans les caractères du superstitieux.

Ceux qui lavent leurs mains le matin avec de T urinepour détourner les maléfices, ou pour en empêcher lef-

ces

20. jour du mois.

Les femmes qui pour se faire aimer de leurs marisprennent de tous leurs cheveux , les offrent trois fois àT autel, avec un cierge ardent & les portent ensuite surleurs têtes.

Celles qui pour empêcher que leurs maris ne soienttués, ou quils ne meurent de mort subite , prennentces paroles sacrées .... & les écrivent sor un billetquils cousent sor les habits de -leurs maris.

Celles qui pour empêcher quils ne. soient submergés,sils vont sor mer , font écrire certaines lettres au basde TEuangile de la Fête de .... & les leurs attachentsu cou.

Celles qui, pour ne point avoir le cochemar pendantquelles sont en couche , ou de peur que les Sorciers neleur enlevent leurs enfans , font mettre sor leur lit uncouteau, ou une couroye, &c.

â'urine se^nr/l n ^áhase fit arozer Ceux qui font mettre sor les portes des maisons > ou

ftSsoS f qui font pocter des Images du Nom de s-so-, Idr

(*) Lib 28 c8 & qUC ^ Ce m °y en e e ne P ouroic lesquelles il y a un peu de terre quils appellent Sainte %(£) ïbid. c .. ' Venpfirí; st i - ra . afin d être garantis de maléfices ; (k) Remede extraordi-

íïfetSg' TSïCÏK T- « à- du, el redise « s'eft point encore d i.

lis vpftio-i* ° ir ^ Xîí ^ matur *- quippe tanta vis est anstoa- darec, 8c peut-etre ne íc dcckrera-t elle jamais*

(c?L ilkgr cquis àarn torporetn.

Ille ego cum tristi morbo defejjk jaceresTe dicer -vêtis erifuijfe n>eis. J 1Ipféque ter c'trcum lufiravi fuis hure pure '

... Carmine cum magìco pr&ánuiffet anus!

I J L., i. Eleg. i. Tibulle en parle auíïì de la forte;

. c *» molles & sibi quisque sinus.

W Vlt - S. Luci* apud-n, i z. Dec,

(/) Lib, i. Polycrat. c,

Cum

. ulyerat. c. 8. Quis libestter non vídeat 8c rideati prxstigjatoris íotio perfufl ars deletur , 8c oculis , tjuos ma-litiâ íuâ prsestriûxerat, videndi facultas reparaturî(x) Lpitom. de Magia, c. 26 8c 27.

(h) Demonom. 1 . 2. c. C

(i) Ibid. *

(k) II falloit dire remede superstitieux, l'on ne reconrtoit pointlesprit de r Eglise,

ÎJ T R Aïs