DES S U P
remedes divins & Ecclésiastiques, qui seuls se peuventpratiquer sans danger & fans péché , qui font toujoursutiles aux âmes bien disposées, fans jamais nuire âuxcorps , & qui souvent nous délivrent ou nous préser-vent des maléfices & des autres maux ausquels nôtrevie est si sujette. Tels font la foy vive & animée dela charité; l’usage légitimé des Sacremens que nous pou-vons recevoir dans l’état où nous nous trouvons , lesprières des gens de bien , en la pieté desquels nousavons confiance , les Exorciímes & les Prières de l’E-glìse dont on trouve les Formulaires dans les Rituelsdans les autres Livres juridiquement approuvez , lesœuvres de miséricorde , l’aumône & le jeune , l’invo-cation du saint & terrible nom de J e s u s , de celui
e a s t i T i o N s.
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éluder la force des toúrmens qu’il lui preparolt. Jeande Sarisbery , Evêque de Chartres se mocque avecraison de ce remede (f)-
Ceux qui portent sur eux contré les maléfices, unéracine de chicorée qu’ils ont íouchée à genoux avec del’or & de l’argent., le jour de la Nativité de S. JeanBaptiste un peu avant le Soleil levé , & qu’ils ont en-suite arrachée de terre avec un ferrement, & avec beau-coup de cérémonies , après savoir exorcisée avec l’épéede ) udas Machabée, ainsi que parle Pictorius (g ).
Ceux qui pour le même sujet crachent trois fois sofles cheveux qu’ils s’arrachent en se peignant ; qui por-tent fur eux du sel non béni, & qui changent de de-meure & de nom. Je suis persuadé que le changement
* Marie. d. ceux des bons Anges & dessus Saines , de Ueu A L
le ligne de la Coix, les Reliques authentiques des sc «r- sc àgem-n- d- nom -c d-
8aints , J’ean , le vin , se pain -, l’encens, les cierges,ìe sel & les fruits bénis selon les cérémonies de l’Egli-fe.
Voilà les principales armés dont nous devons nousservir contre les attaques des Démons, & contre lesmaléfices , au lieu d’user des remedes magiques, & su-perstitieux pour nous en défendre. C’est pourquoi onne sauroit exempter de péché.
Ceux qui pour se garantir, ou pour garantir les au-tres de maléfices ou de charmes, vont cueillir de grandmatin à jeun , sens avoir lavé leurs mains, fans avoirprié Dieu , fans parler à personne , & sans saluer per-sonne en leur chemin , une certaine Plante , & la met-tent ensuite sur la personne maleficiée ou ensorcelée.
Ceux qui crachent sur le soulié de leur pied droitavant que de le chausser , afin de se préserver de malé-fices , & qui se servent de leur salive pour les usages
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demeure contre les maléfices ?
Ceux qui empruntent quelque chose d'u» Sorcierou d’une Sorcière, ou qui leur dérobent quelque cho-se , pour ôter les maléfices que l’un ou l’autre a don-nez.
Ceux qui portent fur eux du sel, ou un noyau dédatte poli j afin de chasser les malins esprits ; (h) ceque Bodin dit être. tcne idolâtrie.
Ceux qui font passer les enfàns nouvellement nez parle feu , afin de les préserver de quantité de maléfices ;ce qui est une Superstition des Amorthéens & des E-gyptiens, comme le témoigne le même Auteur («J.
Ceux qui pour fe préserver de maléfice frappent troisfois fur les cocques des œufs qu’ils ont mangé & lesremettent ensuite dans le plat.
Ceux qui pour ôter le maléfice d’amour emploient lemaléfice de Haine en consacrant avec certaines ceremo-
dont parle Pline (a). -• D1 „ e on noir qu’ils dorment ensuite à manger
Ceux qui croyent que la tete d un loup un peu nies un p^eon H • crif . ^ v avo ; r couoé
vieille, est capable de les préserver de maléfices, & qui aux deux per onnes qui * ce qui est une Su-
pour ce sujet samchen. aux porter de seurs logis. Ceux --> deux part.es à r-uy°s ZV ' S '
qui attribuent la même vertu à la peau du coû. toute perstition une irnp _
feule & toute entiere de cet animal, (b) Le même Pli-ne fait mention de ces deux remedes.
Ceux qui chassent les maléfices avec du souffre &de la maniéré que Tibullè le décrit dans une de sesElégies (c).
Ceux qui mangent de la Joubarde ou Joubarbe , afin
Ceux qui pour guérir une personne maleficiée pren-nent trois mesures d*huile violât, fbiit tenir le maladeà l’opposite du Soleil avant qu'il soit levé , lui fontprononcer son nom & celui de fa mere , nommer troisfois le jour pendant six jours les Anges de gloire quifont dans le sixième degré , le font tenir tout nud le
de rompre le nouement de l’aiguillette dont ils font af- septième jour &c. puis ecrivent sor une plaque les nomsfìigez. de ces Anges, &c. dans la creance qu’il fera guéri le
Ceux qui mettent du sel dans la laiífive , de craintequ’on ne l’empêche de couler , ou dans la baratte , depeur qu’on n’empêche le beurre de se faire.
Ceux qui pendent à leur coû la vilaine figure que1 on faisoit autrefois porter aux petits enfans contre tou-tes sortes de charmes & de maléfices.
Ceux qui font passer leurs chevaux , leurs vaches,leurs moutons, &c. par des feux faits de certains bois,
& qui les font tourner certaine quantité de tours autourde ces feux, afin de les garentir de maléfices toute Tan-née.
Ceux qui crachent une ou trois fois dans leur seinafin de n'être point charmez. Cette pratique étoit or-dinaire aux anciens (d) , & Theophraste ne Ta pas ou-bliée dans les caractères du superstitieux.
Ceux qui lavent leurs mains le matin avec de T urinepour détourner les maléfices, ou pour en empêcher l’ef-
ces
20. jour du mois.
Les femmes qui pour se faire aimer de leurs marisprennent de tous leurs cheveux , les offrent trois fois àT autel, avec un cierge ardent & les portent ensuite surleurs têtes.
Celles qui pour empêcher que leurs maris ne soienttués, ou qu’ils ne meurent de mort subite , prennentces paroles sacrées .... & les écrivent sor un billetqu’ils cousent sor les habits de -leurs maris.
Celles qui pour empêcher qu’ils ne. soient submergés,s’ils vont sor mer , font écrire certaines lettres au basde TEuangile de la Fête de .... & les leurs attachentsu cou.
Celles qui, pour ne point avoir le cochemar pendantqu’elles sont en couche , ou de peur que les Sorciers neleur enlevent leurs enfans , font mettre sor leur lit uncouteau, ou une couroye, &c.
â'urine se^nr/l n ^áhase fit arozer Ceux qui font mettre sor les portes des maisons > ou
ftSsoS™ f’ qui font pocter des Images du Nom de s-so-, Idr
(*) Lib 28 c’8 & qUC ^ Ce m °y en e e ne P ouroic lesquelles il y a un peu de terre qu’ils appellent Sainte %(£) ïbid. c .‘ iò. ' Venpfirí; „ st i - ra • . afin d ’ être garantis de maléfices ; (k) Remede extraordi-
íïfetSg' TSïCÏK T- « à- du,„ el redise « s'eft point encore d i.
lis vpftio-i* ° ir ^ Xîí ^ matur *- quippe tanta vis est anstoa- darec, 8c peut-etre ne íc dcckrera-t elle jamais*
(c?L ilkgr cquis àarn torporetn.
Ille ego cum tristi morbo defejjk jaceresTe dicer -vêtis erifuijfe n>eis. J 1Ipféque ter c'trcum lufiravi fuis hure pure '
... Carmine cum magìco pr&ánuiffet anus!
I J L., i. Eleg. i. Tibulle en parle auíïì de la forte;
vî. c *» molles & sibi quisque sinus.
W Vlt - S. Luci* apud Sà-n, i z. Dec,
(/) Lib, i. Polycrat. c,
Cum ■
. ulyerat. c. 8. Quis libestter non vídeat 8c rideat—i prxstigjatoris íotio perfufl ars deletur , 8c oculis , tjuos ma-litiâ íuâ prsestriûxerat, videndi facultas reparaturî(x) Lpitom. de Magia, c. 26 8c 27.
(h) Demonom. 1 . 2. c. C
(i) Ibid. *
(k) II falloit dire remede superstitieux, où l'on ne reconrtoit pointl’esprit de r Eglise,
ÎJ T R Aïs