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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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LIVRE Q^U ATRIEM E.

CHAPITRE PREMIER.

De la vaine observance en général. Ce que d est. Que c*est une Superstition . 'Pourquoielle s* appelle vaine . Qui elle ne se pratique gueres fans péché mortel ou venìel. Qtpil ya deux réglés certaines par lesquelles on peut la reconnoìtré . 'Divers exemples de cetteSuperstition.

Ieu qui hait ceux qui soccupentinutilement à des vanitez , selon la'parole du Roi Prophète (a) t ne peutquil ne soit ennemi de la vaine ob»itifMjtijj 3 fetvance , qui eft une espece de Su-ê ' pèrstition dans la pensée de tour les

** Théologiens, & qui suppose de né-cessité un pacte tacite ou expres avec le Démon.

La vaine observance , dît le Cardinal Tolet, (b) est

font pas dans lobligation de le savoir , ou qui hen ontpas été suffisamment instruits , oti qui nen ont jamaisdouté. Car encore quon ne fût pas dune profeffionqui obligeât à le savoir , on est cependant obligé da*bord quon en doute , de sen informer aux Sçavans ;& il y a de la négligence à ne le pas faire , puisquona le savoir , & par, conséquent quon ne lignore pasdune maniéré invincible.

11 pouroit néanmoins arriver quelquefois quil ny

la quatrième espèce de Superstition , par laquelle on invo - auroit nul péché dans la vaine observance j comme

que tacitement le Démon , & on se firt de certains mo-yens qui nont aucune vertu pour produire les,effets quelon en espère. Bonacina est du même sentiment que leCardinal Tolet, & il assure que telle est lopinioncom-mune des Théologiens (c). Cest aussi ce que lonreconnoit par la définition de Jean Polman Chanoine[Théologal & Penitencier de Cambrây (d).

Elle sappelle vaine par deux raisons; ou parce quel-le nobtient pas les effets quelle se promet , ce qui ar-rive très-souvent ; ou parce que si elle les obtient quel-quefois , ceux qui la pratiquent , en reçoivent plusdincomffiodité que de profit, dautant que pour ustavantage temporel tout au plus quils en retirent, ilsintéressent notablement leurs consciences & perdent mi-sérablement leurs âmes. Car il ny a gueres de vaineobservance qui ne soit un péché mortel ou veniel.

Elle est un péché mortel lorsquelle suppose un pacteexprès avec le Démon , ou que celui qui. la met en

par exemple , si on ne la pratiquoit que par taillerie,sans préjudicier à personne , sans scandaliser personne,ou pour en faire voir lillusion & la folie , ainsi quéfit un jour le Cardinal Cajetan , selon ce que nousávons rapporté de lui dans le Chapitre dixième.

Mais au reste , je trouve deux réglés infaillibles, paslesquelles on peut reconnoître la vaine observance.

La premiere. Quand lesset que lon espere sur-passe les forces de la nature , il faut considérer si fé-lon lEcritUre Sainte , selon la définition de 1 Eglise,ou selon la Tradition approuVee par 1 Eglise , il doitêtre attribué à Dieu ; Et en cas quil ny ait pas lieude le lui attribuer , on peut dire quil est vain & su-perstitieux , & quil suppose par conséquent un pac-te avec le Démon Telle seroit sans doute la ré-mission des pechez mortels hors lusage des Sacremèns»& lassuíânce dobtenir la persévérance finale & la vieeternelle , en récitant certaines prières, ou en portant

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pratique , hachant quelle en suppose au moins un ra- certains signes extérieurs de pieté,cite , ne laisse pas de le faire , quoi quil ait été averti La secondes Quand il est constant qiie la chose

de sen abstenir.

Mais elle nest quun péché veniel, si tant quon lapratique , on ignore quelle suppose aucun pacte avecle Démon. Ce qui se doit entendre de ceux qui ne

(a) Psi 30. Odisti observantes vanitatcs super vacue.

(è) Instruct. Lacer-1. 4. c.- ,6. n. r.

(c) Tom. a. Tract- de legib. in part. cul. diíp. Z. q. f - pustct.'4. n. Vana observatio , dit-il, ex S. Thoma 8c altis commu-uiter est Superstitio, qua média inutilia adhibentur ad prœstandumvel omittendum aliquid ad quod illa média nec à Deo , nec à na-ture virtutem ullam habent.

{d) Brevìar. Theolog. p- r. r. Tlt. de Superstit. 8cc. n. 979.Obsiervautia vana est eventus fortuiti superstitiosa consideratio,mediique inefficacis adhibitio ad consequendum certum effectum ,quem nullam habet efficaciam naturalem nec ex inftituto divi-ne», neque Ecclestastico.

à laquelle on attribue quelque effet , a reçu de Dieu,, ou de 1a nature la vertu de le produire , il ny a point de vaine observance du côté de lesset quelle produit, mais il y en peut avoir du côté des oircon- stances qui laccompagnent , savoir lorsquelles sont inutiles, ou ridicules, ou quelles nont été ordon- nées ni de Dieu , ni de lEglise pour cela ". Ainsice ne seroit point Une vaine observance à un Rel mieux,que de se donner la discipline pour mortifier fa chair& ses passions, parce que l'Eglise approuve lusage dela discipline pour cette fin. Mais cen seroit une assu-rément , s il s imaginoit que pour mortifier sa chair &ses passions il fut obligé de ne se donner que certainequantité de coups de discipline , de ne se la donner quencertains temps & à certaines heures, quen présence deO r cer-