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ìugelle. Vaine persuasion ; car ils ne considéraient pas'que tous les temps sont bons de leur nature , & qu’ilsne sont appeliez malheureux ou mauvais, qu’eu égardâux malheurs ou aux maux qui y arrivent. Ce quifait dire à S. Paul (a) , Qu’U faut racheter letemps , parce que les jours font mauvais , & à nôtreSeigneur dans 1 * Evangile, (b) Qu’à chaque jour suffitson mal.
Or voici le sens que S. Jean Clirysostome donne àces paroles de l’Apôtre , Fous observez, les jours & lesmois, les saisons & les années, dans une Homilie qu’il afaite au sujet de la nouvelle Lune que le peuple d’An-tioche passoit en festins & en débauches, afin d’en ti-rer un heureux présage pour le reste de Tannée. Cesaint Archevêqlie prèsche contre cette funeste pratiquecomme contre une coutume qui l’afflige sensiblement,parce qu’èlle est pleine d’impieté & d’intemperance. (c),, EUè est impie, dít-il , parce que ceux qui commet-j, tent cet abus, observent les jours, fe servent d’augû-„ res & de présagés, & sc persuadent que s’ils passents , avec plaisir & gayèté la nouvelle Lune de ce mois,„ ils feront joyeux tout le reste de Tannée. Cette cou-,j turhe est aussi un effet d’intemperance & de débau-„ che, parce que dés le point du jour les hommes &s , les femmes ém lissent de vin leurs pots & leurs tassesf, pour en boire avec excés. Ces choses sont tout-à-fait,, indignes de la modestie ’& de la sagesse dont vous fài-j, tes profession » soit que vous les pratiquiez vous mê-s , mes, soit que vous les regardiez faire par d’autres,j, par vos domestiques, par vos amis, par vos voisins.,, N’avez-vous pas ouï dire à S. Paul : Vous observezj, les nìois. St lés temps, & les années , je crains d’a-,, voir travaillé inutilement pour vous. C’est la dernie-„ re folie de croire que si un seul jour a été heureux,,, tout le reste de l’année sera une fuite de profperitez.„ Mais ce n’est pas seulement un effet de folie & d’ex-„ travagance, c’est aussi la marque d'une opération dia-,, bolique, de croire qu’il faut plutôt regler la condui-,, te de vôtre vie par la fuite & la succession des jours,„ que par l’ardeur & le zele de vos bonnes actions.
Toute Tannée sera heureuse pour vous, non pas quand„ vous Vous ferez enyvré au commencement de la nou-„ velle Lune; mais si vous pratiquez ce jour-là & du-„ rant tous les autres jours de Tannée, ce que Dieude-„ mande de vous. Car les jours ne font ni bons, ni,, mauvais de leur nature, puisqu’un jour n’est pas dif-„ ferent d’un autre jour ; mais c’est nôtre zele ou nô-,, t re lâcheté qui leur donne cette différence. Le jour,, auquel vous ferez de bonnes œuvres, vous sera heu-„ reux ; mais vous n’y trouverez que des malheurs &„ des supplices, si vous l’employez à offenser Dieu.
S. Ambroise parle dans le même esprit lorsqu’il dit(d): Ceux-là, observent k s jours qui disent par exemple;„ II ne faut pas partir demain , car aprés demain on„ ne doit commencer aucun ouvrage ; Ce qui fait„ qu’ils sont davantage trompez. Ceux-là observent,, les mois, qui recherchent les raisons du cours de,, la Lune en disant : II ne faut pas passer d’actes le,, septième jour de la Lune ; il ne faut pas menerj, chez soi un esclave que l’on aura achetté le neu-,, viéme jour de la Lune ; Ce qui leur cause ordinai-,, rement quelque malheur. Ceux-là observent les sai-„ sens qui disent, c’est aujourd’hui le commencement3 , du Printemps , il est aujourd’hui feste, aprés de-„ main arrive la feste de Vulcain , il y a du mal-„ heur, il ne faut pas sortir de la maison, Enfin,, ceux-là observent les années qui disent , le premier„ jour de Janvier, est le nouvel an; comme si l’an-„ née ne s’accompíiffoit pas tous les jours. Mais ils,, n'observent cette Superstition dont les Chrétiens„ doivent avoir horreur , que pour honorer la me-„ moire de Janus à deux visages. Car quand on aime
(a) Epheff f-
(b) Matth. 6. . .,
(c) Homil. zz. aà. pop. ìn eos qui novi-lun. observant.
f d) In c. 4- Gai.
S t I T I O N 5,
Dieu de tout son cœur j la grâce fait qu'on n’a ní„ crainte , ni soupçon de toutes ces choses, & lors-„ .qu’on agit avec simplicité , & par un principe de„ véritable pieté, on peut réussir dans tout ce qu’on,, entreprend.
S, Augustin est du même sentiment que son maîtreS. Ambroise. ,, (e) Nous n’observûns pas les jours,„ dit-il, les années, les mois, ni les faisons, de crain-„ te que T Apôtre ne nous dise, J’apprehende pour„ vous que je n’aye travaillé en vain parmi vous.„ Car il bîasme ceux qui disent : Je ne partirai pas,, aujourd’hui, parce que c’est un jour malheureux ,„ ou parce que la Lune est dans une telle position ;„ Ou bien , je partirai afin de mieux réussir, parce„ que les Estoiles sont disposées de telle maniéré ; Je„ ne ferai point de commerce ce mois , ou j'en fe-„ rai, parce qu’une telle Estoile domine; Je ne plan-,, terai point de vigne cette année, parce que c’est„ une année bifléxte. Mais jamais les personnes sages„ ne croiront que ceux-là observent superstieuscment„ le temps qui disent; Je ne partirai pas aujourd’hui;,, parce qu’il s’est élevé une tempeste ; Je ne ferai„ pas voileparce qu’il y a encore des restes de l’Hy-„ ver; Il est temps de semer, parce que la terre est„ humectée des pluyes de T Automne; On qui con-„ sidéreront les effets ’ naturels qui sont causez par la„ diversité des faisons que Dieu a fait dépendre de la,, disposition des Astres dont il a dit en les faisant.„ (f) Qu’ils soient des signes, & qu’ils marquent les„ temps, les jours & les années.
„ (g) Qui croirait, dit-il ailleurs , que ce fût ún„ grand péché que d’observer les jours, les mois, les,, années & les faisons, comme font ceux qui à cer-„ tains jours, à certains mois & à certaines années
veulent, ou ne veulent pas commencer quelque„ chose, parce que selon la vaine doctrine des hom-„ mes ils s’imaginent qu’il y a des temps heureux,„ & des temps malheureux , si nous ne considérions„ la grandeur de ce mal par ces paroles de T Apôtre :„ J'appréhende pour vous, 8 cc.
II fait voir encore dans son Commentaire fur TE-pitre aux Galates (h) , que ce passage de 8. Paul, sepeut aussi-bierì appliquer aux Gentils qu’aux Juifs, &„ il laisse au choix du Lecteur de suivre laquelle des„ deux opinions il voudra , pourveu , dit-il , qu’il -„ sçache que les observations superstitieuses des temps„ causent tant de dommages à l’ame qUé T Apôtre a dit,, sor ce sujet, J’apprehende, &c. Et bien que ses pa-„ rôles sc lisent dans les Eglises avec beaucoup de so-„ lemnité & beancoup d’autorité , nos assemblées ne„ laissent pas d’être pleines dç gens qui consultent les„ Mathématiciens fur ce qu’ils ont à faire, & qui rie„ font pas difficulté de nous avertir de ne pas com-„ mencer à bastir, ou à faire quelque chose sembla-„ ble aux jours qu’ils appellent Egyptiens " (») ,c’est-à-dire aux jours malheureux , que Ton dit êtrele i. & 1 e r;- de Janvier; le 4. & le r6. de Fé-vrier; le 1. & le 28. de Mars; le 10. & le 20. d’A-vril; le 3. & le dernier de Mai; le 10. & le 17. deJuin ; le 13. & le 27. de Juillet ; le 1. & le 24.d’Août ; le 3. & le 21. de Septembre ; le 3. & le2,2. d’Octobre ; le 5. & le 28. de Novembre; se 7.
à le 22. de Decembre.
Sur quoi l’on peut ici observer en passant que certainsAuteurs attribuent la Remarque des jours malheureuxsu Patriarche Joseph » ensuite de la vision qu’il eutd’unAnge en Egypte ; & que c’est pour cela qu’ils soutien-nent qu’on les appelle Egyptiens . Mais cette pensée estindigne & de T Ange qui apparut à Joseph , & de Jo-seph même. 11 y a bien plus d’apparence à ce que dit
(e) Ep. j 19. c. 7.
(/; Genes. 1.
(#) Enchirid. c. 79.
(^) In c. 4.
(r) Petr. Brestayus 1 . r, Notabil. c.
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