DES SUPERSTITIONS.
' Ne pas tailler ni coudre des chemises les vendredis,parce qu’elies attirent des poux ; ne pas se peigner lesmêmes jours pour la même raison.
Cuire un pain la Veille de Noël & en mettre dans lebreuvage des Vaches aprés qu elles ont jette leur Veau»àfin qu’elles poussent plus facilement au dehors cé qti’pnhomme le delivre , ou l’arriere faix. Faire mettre despoules côuver ìe jour du Mandy gras par une personnequi aura bien bû , afin que la couvée soit heureuse.Quand on change de logis aller dans le nouveau logislorsque la lune est dans son croissant, afin d’áugménterIon bien. Croire qu’il mourra quelqu’un dans uue Pa-roisse la semaine même lorsqu’il tonne le Dimanche. Nepoint filer le jour de Careme prenant, de peur que lessouris ne mangent le fil tout le reste de l’année. Ne pointpreter à crédit au commencement de la journée, de crain-te que toute la journée ne soit malheureuse, ni le pre-mier jour de Tan , de peur que toute Tannée ne soitauffi malheureuse. Quand un malade est à T extrémité levouer à sainte Christine la premiere heure d’aprés mi-nuit, afin d’obtenir de Dieu fa guérison par Tinterceffionde cette sainte, dans la pensée qu’elle a le pouvoir derendre la santé , & de conserver la vie à une per-sonne tous les jours de Tannée, ce qu’elle ne faitnéanmoins qu’à lâ premiere qui le demande, ou pourqui on le demande.
Ne pas chanter Allelaia , rii Noël en Carême, decrainte de faire pleurer la bonne Vierge.
Mettre du sel aux quatre coins des herbages le i.jourd*Avril, afin de préserver les bestiaux de maléfice.
Faire comme certaines femmes de Suede, lesquelles auraport du P. Jacques Sprenger & du P. Henri Inftitòrla) , sortent de leurs logis le i. jour de Mai avant leSoleil levé, & s’en vont cueillir des Feuilles de saules &de certains autres arbres, dont elles font de couronnes*qu’elles attachent à l’eritrée des étables de léqrs bestiaux,s’imaginant que par ce moyen elles les préserveront tou-te Tannée de maléfice.
Prendre douze grains de bled le jour de Noël, don-ner à chacun le nom d’un des douze mois, les mettreTun aprés T autre fur tinè pelle de feu un peu chaude,en commençant par celui qui porte lé nom de Janvier& eii continuant de même, & quand il y en a qui fau-tent fur la pelle, asseurer que le bled fera cher ces mois-là, comme au contraire qu’il. sera à bon marché, quandil y en a qui ne sentent point fur la pelle. Il y a unedouble Superstition dans cette pratique , parce que Tonveut deviner d’une maniéré indue, & que Ton s’atta-che pour cela au jour de Noël plutôt qu’à un autrejoufi (b) Antoine Mizauld rapporte la même pratiqued’une autre façon, máîs elle n’en est pas moins supersti-tieuse.
S’imaginer qu’en portant des brandons dâns les champsle premier DimancŒ de Careme , & en conjurant lesmulots , on fera mourir ces animaux & on éloigneral’yvraie & la nielle. Laver les brebis la veille de la seintJean, & les enfants le jour du vendredi saint & se per-suader que cela les préservera de la galle. Ne point vou-loir manger de choux le jour de seint Etienne parcequ’il s’étoit caché dáns des choux, pour eviter le Mar-tyre. Refuser du feu à ses voisins, depuis Noël juf-qu’à la Circoncision, de peur de s’exposer a ..... son-ner une cloche pendant 24 heures la veille de la seintJean dés T Aurore, pour empecher les maléfices des Sor-ciers durant toute Tannée.
Assembler le même jour dans un carrefour tous lesmoutons, toutes les brebis & tous les agneaux d’uneParoisse, & les enfumer avec des herbes cueillies Tannéeprécédente, auffi le même jour avant le soleil levé, afin
de les préserver de la.Amasser le même jour auffi
avant T Aurore ce que Ton appelle du chardon roulant ,pour en picquèr les bestiaux malades en veue de les gué-rir.
1 Prendre le même jour & dans la même circonstance
(a) Mail. Malefic. a. p. q. a. c. 7.
( 4 ) Centur. 6. n, 64.
de temps une herbe appellée en quelques lieux, de lalatte, la porter fur soi à la tête & à la ceinture, fairetrois tours autour du feu de la seint Jean & un signe decroix, afin de fe garantir toute Tannée du mal de tête& du mal de reins. Prendre des rameaux bénits le Di-manche des Rameaux, les ficher le même jour dans lesterres ensemencées en blé, afin d’empecher les Sorciersde jetter quelque maléfice fur le blé. Ne point cuire depain entre les, deux Noëls, c’est-à-dire, entre la Nati-vité de notre Seigneur & la Circoncision, parceque celaporte malheur.
Laisser en ce temps là le pain fur la table le jour & lànuit, parceque la sainte Vierge y vient prendre son repas.Aller le premier au puits ou à la fontaine le premier jourde Tan, & offrir au puits ou à la fontaine une pomme& unboucquet, dans la pensée que Teau en est beaucoupmeilleure & plus salutaire. Ne pas filer le joíir de saintSaturnin qu’on nomme en quelques endroits S. Atomeon Atorni , de crainte que les moutons, les brebis & lesagneaux n’ayent le coû tors. Ne pas garder chez soi dufil écru pendaht la Semaine Sainte , parceque notre Sei-gneur en a été lié.
Ne pas amasser la nuit de devant la S, Jean de la fou-gère ni de la graine de fougere, ne pas en semer, nepas couper ni arracher des herbes, & ne pas exposer àl’air ou à la rosée cette nuit là des draps de laine ou delini, s’imaginant qu’ils ne seront point mangés des fei-gnes , & que les herbes amassées cette nuit là seront plusselataires qu’en un autre temps. Cette superstition eíìcondamnée par le Synode de Ferrare en 161 z (c).
Se faire tirer du sang le jour de TAssension on le jourde la S. Jean , le même jour se laver les pieds, se bai-gner dans la Mer, amasser des chardons & de certainesherbes la nuit dé devant la S. Jean. Ce font des Super-stitions condamnées par le Synode du Mont Caffin ea1626. (d).
Porter la nuit ou le jour de Tavoirié à sainte Rade-'onde ou à une autre Sainte pour être guéri du ma|e .... Croire que lá veille de la S. Jean on trouvetin charbon au pied de Tarmoise ou du plantain, quipréserve ceux qui le portent de lâ peste , du char-bon , de la foudre, de la fievre quarte , & du feu ;mais qu’il n’y a que les petits enfants & les viergesqui le trouvent, (c) Mizauld en parle dans fa z. Cen-turie n. io. Faire mourir la nielle d’un champ, en en pre-nant le même jour cinq brins & en les mettant sé-cher à la cheminée. A Mesure qu’ils sèchent la niellesèche & meurt. Empêcher que les souris ou les ratsne gâtent un tas de blé , en tirant à jeun le mêmejour un seau d’eau, dans lequel on mefle de Teau be-. niste de Pafques & de Pentecôte, & en arrosant en-suite le tas de blé.
Empecher que les froments ne soient noirs & fon-drez, en méfiant dans les semences de la chaux cuiteentre la fête de T Assomption & celle de la Nativitéde la Vierge. Se rouler fur de la rosée d’avoine lejour de 8. Jean avant le soleil levé, pour guérir desfièvres. Jeûner au pain & à Teau le jour de Pafques,pour se préserver de ce qu’on appelle en certains lieux,les Breluches. Prendre une hache le vendredi saint <?nle jour de la S. Jean , & avec le dos de cette hacheracler de la pouíîiere d’un arbre frappé de la foudre,en mettre dansl’arme à feu dont on veut tirer, 8c on
ne
(c) Prohibemus a c vétamus ne quís ea nocte quas diem S,Joannis Baptista: Nativitati sacrum pradt, silices, filicùmque lèmí-na colligat , earumque , vel aliarum íemina terrae mandes, nevepantìos lineos aut laneos riocturno aëri sut rori excipiendo expo.nat, inani Superstitione ductus, fore ut tineos aliave animaleula eanon attingant aut corrodant. Qui taie quid in posterum admiíè-rintde iis supplicium arbitratu nostro pro gravitate culp^íumemus.Tit. de superlì. &c. n. 7.
(</) C. 4. Decret. 7.
( e ) Sunt qui certam 8c. constantem fidem mihi fœcere in VigílíaB. Jeannis Baptistaj ad radices arternisiœ carbonem reperiri quideferentes à peste , carbumculo , fulgure , quartana gc incendiaimmunes reddat. Sed illum invenire solis puerusis 8c virginibusconceiìum este aiunt. Audio etiam sub plautagine iìmilem reperirieodem die, sed hsec otioíîs & curiosis quaaenda rdinquo.