des super
ceux qui donrïent dès préservatifs , demeurent excom-muniez six ans , & s’ils continuënt, qu’ils soient chas-íez pour toujours de l'Eglise , conformément à ce queles sacrez Canons ordonnent.
Le venerable Bede (a) déplore la folie de certainesgens , qui dans un temps de mortalité, au mépris desSacremens de la foi j ausquels ils étóient initiez, avoientrecours à des remedes superstitieux & Idolâtres ; commefi, dit-il, „ par le moyen des charmes, des preíerva-„ tifs , ou de quelques autres secrets de fart magique„ 8 c diabolique , ils eussent pû détourner une calami-„ té qui avoit été envoyée de la part de Dieu le Crea-,, teur.
S. Boniface, Archevêque de Mayence (b) , fe plaintau Pape Zacharie, de ce que des Allemans, des Bava-rois , & des François , qui avoient fait le voyage deRome , s’étoient scandalisez d’y avoit vû des femmes *qui à la façon des Payens , avoient des Phylactères &des Ligatures aux bras & aux fuisses , & qui en ven-doient publiquement à tous ceux qui en vouloient ache-ter , & de ce qu’ils prenoient de là occasion d’empê-cher le fruit de ses prédications. C’est ce qui l’obligede le supplier d'abolir cette coutume Payenne. A quoice Souverain Pontife répond (c) , qu’elle lui paroît dé-testable , austì bien qu’à tous les Chrétiens , & qu’èlleest pernicieuse.
Le troisième Concile de Tours (d) en 8x3. ,, or-,, donne aux Curez d’avertir les Fideles , que les liga-„ tures ne peuvent soulager en aucune maniéré , ni les„ hommes, ni les animaux malades, boiteux, ou mo-„ ribonds , & qu’elles ne font que des piégés & des,, embûches du Démon.
L’Empereur Charlemagne & l’Empereur Louis leDébonnaire son fils , dans leurs Capitulasses, défendentaux Ecclésiastiques & aux Laïques l'usage des Phylac-tères & des Ligatures, qu’ils disent être des marquesde magie (e).
Le Pape Nicolas I. (/) défend auíïi âux Bulgares,de pendre des ligatures & des préservatifs au Cou desmalades afin de les guérir , parce que ces remedes étantdes inventions du Démon , on ne peut s’en servir sanscrime. C’est pour cela, dit-il, que les Décréts Apos-toliques veulent que l’on frappe d’anatheme, & que l’onchasse de l’Eglise les personnes qui en usent (g).
Le premier Concile Provincial de Milan (si) en 1565.enjoint aux Evêques „ de punir severement & d’ex-„ communier les Magiciens & les Sorciers qui së per-„ suadent, ou qui promettent aux autres qu’ils pour-,, ront , par le moyen des ligatures, des nœuds & des,, caractères, donner des maladies ou en guérir.
Le Concile Provincial de Reims (i) en 1583. ,, de-„ fend à toutes fortes de personnes, de se servir de si-„ gnes qui marquent un pacte tacite ou exprès avec le,, Démon, comme de ligatures ou de caractères, quand,, même ils pourraient avoir eu quelquefois un heureux„ succez.
Le Concile Provincial de Bourdeaux , (kj) en lamême année , assure avec S. Augustin, „ que les liga-
omnino exturbandos decernimus , ficut 8c lacri Canones di-cunt.
(a) L. 4. Hist. Anglor. c. 27.
(b) Epist. ad Zachar'. Poritif. c. 6 .
(c) Epist. i. zachar. ad Bonis. De Phylactères quai Gentilimore observait dixisti apud beatum Petrurn Apostolum , Vel inurbe Roma , hoc 8t nobis & omnibus Christianis detestabile 8cpernicioíum este iudicamus.
(d) Can. 42.
(«j L. 6. art. 72.. Ut à Clericis vel Laïcis Phylacteria , vel sal-ie iníòriptiones aut ligature , quae imprudentes pro febribus autaliis pestïbus adjuvare putant , nullo modo vel ab iilis, vel à quo-quam Christiano fiant, quia magicae artis insignia fiant.
(/) Respons. ad Consult. Bulg. art. 79.
(?) Huiusmodi quippe ligaturx & phylacteria dsemoniacìs suntinventa versutiis £c animarum hominum este vincula comproban-tur ; ac ideo his utentes anathemate Apostolica décréta pereuffosab Eccletia pelli prsecipiunt.
(h) Constit. p. j, tit. 10,
(ì) Tn, 6. num. 2.
(k) Tit. 7.
5 T I T I O N S. 71
„ turcs, les caractères, & les préservatifs , àppartien-„ nent à la Magie , qu’ils font des effets des pactes„ que l’on fait avec les Démons , & qu’un Chrétien„ les doit éviter, & les avoir en horreur.
Le Concile Provincial de Tours (/) , aussi en la mê-me année ,, défend aux Ecclésiastiques, fous peine de„ suspense , & aux Laïques sous peine d’excommuni-„ cation , de se servir de préservatifs ou de caractères,,, & d’y ajouter foy en quelque maniéré qUe ce soit.Il renouvelle ensuite le 42. Canon que nous venons deciter du troisième Concilç de la même ville.
Le Concile Provincial de Narbonne (m) en 1609.excommunie ipfio faBo , ceux qui prétendent guérir su-'perstitieufiement les maladies par des ligatures.
Enfin les Statuts Synodaux de S. Maso (n) en 16x8.Ceux de Sens (o) en x6,8. Ceux d'Evreux (p) en1664. Ceux de Geneve imprimez à Paris (q) en 1673.
6 ceux d’Àgen (r) en la même année , condamnentexpressément les Ligatures.
CHAPITRE II.
De quelques ‘Phylactères qui se font sans fia*rôles. Des Talismans ér des Gamahez.Des Plaques caractérisées. Des Caractè-res. De la Croix ou médaillé de S. Be-noîts fifiiselle paroît superstitieuse pour plu-fieurs raisons.
M A 1 s ce n’est pas assez d’avoir montré que lesPhylactères ou préservatifs en général , sontcondamnez par l’Eglise, il faut faire voir en outre qu’ilsle font aussi en particulier.
Or j’en trouve de deux sortes , les uns qui se fontsans paroles, & les autres qui se font avec des paroles.Cela est clair par (0 la remarque de Théodore Bal-samon Patriarche d'Antioche. Nous expliqueronsles derniers, après que nous aurons parlé des premiers ,dans ce Chapitre & dans les fuivans, entre lesquels jemets, d’âbord
I. Les Talìfinms ou Muthalfimi , comme les appelleFrey (t) , quoiqu’il y en ait qui se font avec des pa-roles, ainsi qu’on le peut voir dans les Centuries d’An-toine Mizauld (v) , mais on les peut mettre au rang desConjurations ou Exorcifrhes. On appelle Talismans ouMuthalfans certaines figures, qui sont de l’invention desPhilosophes Arabes , Almansor , Massahalha, Zahel,Albohazen, Halyrodoam, Albategnius, Horriar, Zag-dir , Hahamed ? Serapion , & quelques autres. Ellesfont faites fur des pierres ou fur des métaux de sympa,thie , qui répondent à certaines constellations. Aussil’Auteur anonyme & superstitieux du Livre intitulésLes Talismans justifiez, , les definit-il en cette forte (w) ,
„ Talisman , dit-il , n’est autre que le sceau, la figure,
,, le caractère , ou l’image d’un Signe celeste, Planettè„ ou Constellation faite , gravée ou cizelée sur une„ pierre sympathique , ou sur un métail correspondant„ à l’Astre , par un Ouvrier qui ait l’esprit arrêté 8 c
» î
( 1 ) Tit. 43(m) C. ;.
(n) Art. ft'. .
(o) Tit. des Coût. abus. Hum. 6.
(p) Tit. eod. 8c n.
(3) Part. 1. c. 11.
(r) Tit. 39.
(j) In can. 61. Trullari. Phylacterii, Koc est remediorum feuamuletorum prsebitores dicuiitui- , qui fraude daemonìs, eis qui àfe decipiuntur , vincula quœdam ex sericis fìlis contexta , pr«-bent ; qu» aliquando quidem intus habent scripturas , aliquandoveto falíà quaedam alia , qutecumque inciderint. Dicunt auterstha;c juvare si ex collis eorum qui illa accipiunt perpétué pen~deant, ad omne malum vitandum.
(t) ín Admirand. Galliar. c. )o.
so) Centur. i. n. 45, yr Lt 94. Centur. a. n. 8, 44 St §§«Centur. 3. n. 58. Centur. 4. n. 100. 8t Centur. 9. n. 48.
(w) P. 20,
Si