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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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j, même ils gùeriroient véritablement les maladies , il vaudroit mieux mourir , que de chercher fa guérison eu implorant le secours de ces ennemis de Dieu. Carque fert'il de guérir le corps , si on laisse mourir 1 a- me? Et quel avantage y a-t-il de recevoir un peu de consolation en ce monde, pour être ensuite pncipite>, dans les fiâmes eternelles ?

II combat encore de semblables désordres dans la villedc Constantinople , les enchantemens étoient prati-quez par plusieurs personnes ; & c' est ce qui 1 obliged'y prescher, O) Que comme les femmes qui aiment,, mieux voir mourir leurs enfans que d'avoir recours as, cés Superstitions , lorsquil s'agit de leur guéri on» ou de celle de leurs maris, ou des personnes quifont les plus cheres & les plus intimes , on g or du martyre devant Dieu? ainsi les autres kmmes qui

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usent de ces moyens abominables poUr le rétablissement dont nous venons de parier.

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,, re, & les charmeurs nont nul pouvoir dans les lieux lon chante tous les jours les louanges de Jésus*Christ. LEglise na point dautre Enchanteur que,, Jesus-Christ N ôtre-Seigneur » qui rend inutiles les,, charmes des Magiciens & le venin des Serpens.

Le 4. Concile de Carthage (e) en 598. ordonne,, que ceux qui Rappliqueront aux enchantemens fe*», ront séparez de rassemblée des Fideles.

(f) Saint Augustin qui a été un des Peres de ce Con-cile , déclaré que les remedes que la Medecine con- damne, soit quils consistent dans les enchantemens,3, ou dans certains caractères, appartiennent à la Mai,33 gie, & font des effets de quelque pacte avec les De*3, mons.

Le Concile dAgde (g) en ;o6. ordonne la mêmechose aux Ecclésiastiques que le Concile de Laodicée,

de leur santé, sont véritablement idolâtres. Car, dit il y elles auroient sacrifié aux Idoles, si cela leurétoit,, permis ; & on peut dire quelles y ont sacrifié effec-tivement, puisque ces remedes quelles pendent à,, leur coû j font une efpece didolatrie, quoique lesS, personnes qui gagnent leur vie à faire pour elles ces,, enchantemens, puissent dire mille fois quelles invo- quent le nom de Dieu fans faire autre chose , & que», les femmes qui fe servent delles dans leurs maladies disent delles que ce font de bonnes vieilles femmes Chrétiennes & fideles.

Si vous avez la foi (c'efi toujours S. Jean Chry/ojlo -

Saint Grégoire le Grand (h) loue le Notaire Adriende ce quil donnoit la chasse aux Enchanteurs, quilappelle les ennemis de Jesus-Christ, auffi-bienque les Sorciers, Jnmicos Chrifti , & il lexhorte de con-tinuer à leur faire la guerre.

S. Eloì Evêque de Noyon défend aux Chrétiens dajouter foi aux Enchanteurs » & de les consulter pour quelque sujet ou quelque maladie que ce soit, parce , dit-il, que celui qui commet ce crime perd aussi-tôt la grâce du Baptême.

Le Concile Constantinople («') en 6pr. veut quelon chasse de lEglise les Enchanteurs.

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me qui parle) faites le signé de la Croix fur vous. Di- Grégoire II. enjoint à lEvêque Martinien & au Prê tes, je nai point dautres armes que celles-; çest tre Georges (kj ), quil envoyé en Bavière, ,, de ne pasmon unique remede, & je nen reconiidis pàs d'au- », souffrir les charmes & les enchantemens, qui font des

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tre. Mais dites-moi, je vous prie, si ayant fait venir,, un Médecin , au lieu de fe servir des remedes de la,» Medecine dont il fait profession, il ufoit denchante-,3 mens pour vous guérir » le préndriez-vous pour un», Médecin ? Non certes » puisquil no'bserveroit rien», des réglés de la Medecine. Cest ici la même chose,», & ceux qui ont recours aux enchantemens rie gardent,, nullement les régies du Christianisme. 11 y en a d'au-», tres qui pendent à leur coû des noms de Fleuves » &», commettent mille autres excés de cette nature. Je vous,» le dis, & je vous en avertis tous par avance, que si

ordonne aux Cu-

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quelquun est convaincu de sêtre servi de ces sortes», de moyens, je ne lui pardonnerai pas la seconde sbis,

soit quil ait pendu quelque chose à son coû, soit quil ait eu recours auX enchantemens, soit quil ait pratiqué quelque autre moyen de cet art pernicieux.

,, Vous ne vous contentez pas de ligatures & de char-,, mes C dit-il au Peuple dyíntioche ) (í>) Mais en outre», vous faites venir cheZ-vous de vieilles femmes toutes,, y vres & chancelantes. Apres cela nêtes-vous pas char-», gez de confusion & de honte, en faisant réflexion surcette sagesse si relevée que lon enseigne parmi nous ?Enfin expliquant ces paroles du Pseaume 9» Je», trouverai ma joie dans le salut quevous donnez, U efi», dit d nôtre sujet : Ma couronne & mon Diademe,» cest de vous eriger uft trophée, & dobtenir de vous won salut, ô mon Dieu ! Je parle ainsi à càuse de ceux qui se servent denchantemens dans leurs mala-dies » & qui ont recours â dautres impostures & àdautres prestiges, pour trouver quelque soulagement», dans leurs itifirmitez. Car ce nést pas fe guérir,», mais se perdre, puisque nôtre plus grande guérison,, est dêtre guéris de Dieu.

8. Gaudence Evêque de Bresse (c) asseure les Néo-phytes que les maléfices & les charmes sont des especes didolatrie.

S. Ambroise (d) se moque des charmes & des enchan-temens en ces termes : II y a bien des gens qui ten- tent lEglise ; mais les enchantemens qui se font par3» lart magique, ne lui peuvent nuire en aucune mánie-

(«) Homil. 8. in Ep. ad ColoíT.

\b) Homil. ii. ad pop. Antioch,

(c) Tract:. 4. de lectione Exodi.

(<0 L, 4 - Haxaëm. c. 8 ,

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restes de lerreur des Payens.

Le 3. Concile de Tours en 813.

rez davertir les Fideles que les charmes ne peuvent,, soulager en aucune maniéré , ni les personnes, ni les bêtes malades, boiteuses, ou moribondes, & que les,, enchantemens ne font que des piégés & desembufches,'

dont le Démon qui est lennemi du genre humain,

fe íert pour les tromper.

Le 6 . Concile de Paris (l) en 8 z 9. appelle les char-mes, des maux tres-pemicieux, & des restes de VI- dolatrie.

Le Pape Nicolas I. (m) défend aux Bulgares duíèrdenchantemens & de charmes, parce que ce sont des pompes & des oeuvres du Démon, aufquelles nous avons renoncé dans le Baptême, & dont nous nous sommes dépouillez avec le vieil homme & avec ses», œuvres, lorsque nous nous sommes revêtus du nou- veau.

Herard Archevêque de Tours («) dans son CapituJLire de Vannée 8;8. veut ,» que lon mette les Char- meurs en penitence publique » comme étant coupa-bles dun grand crime.

Le Pape Etienne V. dáns 1 $ discours quil fit au Peu-ple Romain, & qui est rapporté par Anastafe le Biblio-thécaire, dans fa vie, veut que Von retranche de la participation du Corps & du Sang de Jesus-Christ,,, les Charmeurs & ceux qui usent denchantemens, jus- quà ce qu'ils ayent fait penitence d'un si grand cri- me; & quils soient frappez dun perpétuel Anathe- me, sils perfeverent dans un péché si énorme.

Le Concile dEanham en 1009. (s) est davis que», Von chasse du pais les Charmeurs, afin que le Peuple,, fidele soit plus pur & plus saint, à moins quils nen veuillent sortir deux-mêmes avec tout ce qui leur

» ap-

(c) Can. 89Ì

(/) L. 2. de Doct. Christ. C. 20.

(g ) Can. 68.

(h) L. Y. indict. 4- Epist. 47-

(j) Trulkn. c. 61.

(k) In Capitulaxi Martiniano Ep. Georg. Presb. Ste. c.

(i) L. z. c. 2.

(m) Respons. ad Consult. Buigar. c. if.

(») Cap. ;.

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