r>e
DES SUPER
'j, des Ecoliers, elle lui deiiíarida s’il ne pourfoit point„ lui écrire quelques lettres pour la guérir , & elle luij, promit un habit neuf pour fa peiné. L’Ecolier, qui„ rie Vòúloít pas perdre une si belle óccaíìori de gagnerj, un habit neuf, lili répondit qu’il lë feroit volontiers :,, & àuíïi-tôt il écrivit quelques mots fur uri billet,qu’il enveloppa dans des chiffons, & qu’il lui don-*-„ na pour le porter toujours fur elle , lui défendant de„ le developer & de regarder dedans. Au boiit dej, quelque rems cette femme guérit, & voyant qvl’unede ses voisines étoit malade de la même maladie , ellej, lui donna ce même billet, & elle guérit aussi. Leurcuriosité les ayant ensuite portées toutes deux à re-garder ce qui étoit écrit dans ce billet, elles y trou-,, verent ces paroles : Que lë Diable t’aitache les deux„ yeiix, & te bouche les places des deux yeux avec„ de la boue. De quoi s’étant confessées, elles firent„ penitence de leur péché;
Cé n’ést pas encore assez , que ceux qui fe ferventd'EXorcifmes & d’Oraisons pour guérir les maladies, lefassent avec l’agrément & la participation de l'Eglise , ilfàut en outre que leurs exorcifmes & leurs oraisonssoient approuvées de l’Eglife (a).
C’est dans cette vue que le Rituel de Chartres im-primé en & en 1640. celui de Rouen de la mê-
me anriéë 1640. celui de Paris de l’an 1646. & plu-sieurs autres ont sagement prescrit cette réglé touchantles bénédictions : „ - (b) Que le Prêtre sçache qu’il ne,, lui est pas permis de sc scrvir d’áuctlne autre bene-j, diction que de celles qui sont marquées dans le Ri-„ tuel ou dans le Missel de ce Diocèse , rïi d’y ajoûter„ d’autres cérémonies ou d’autres prières, sous quelqueprétexte que ce soit.
Le Rituel d’Evreux de Tannée (t) 1606. n’a pasd’autres seritimens fur ce sujet. .Aussi le Concile Pro-vincial de Bourges (d) en 1584. ordonne aux Evêquesde prendre garde que fous pretexte de pieté il ne se fassedes exorcifmes qui ne soient pas approuvez de TEglise.
Le Concile Provincial de Mexico (e) en 1585. dé-fend âux Sauveurs de réciter publiquement aucunes priè-res , soit dans les ruës, soit dans les Eglises, qu’aupa-ravant ils n’ayent été examinez par TEvêque.
Le Concile Provincial de Toulouze (/) en 1590.ne veut pas que sous quelque pretexte & sous quelquecouleur de dévotion qûe ce soit, Ton fasse d’autresexorcifmes que ceux que TEglise a approuvez.
Le Concile Provincial de Malines (g) en 1607. nepërmet pas non plus que Ton se serve d’autres exorcis-tes que de ceux qui sont approuvez par T Ordinaire.C’est en exécution de ce Reglement que le Pastoral
{») C’est ce qu'on peut inférer des paroles de S. Hilaire , Evê-qué de' Poitiers íiir ce verset dîi Pseaume 64. Mon Dieu ! c’estdans Sion qu’on vous doit louer , 8c c’est dans Jérusalem qu’onvous doit rendre des vœux. Car voici comme il l’explique ; Lalouange , dit.il > est digne de Dieu quand elle se fait dans Sion,& qu’elle est accompagnée de Cantiques spirituels 8t Ecclésiasti-ques qui k rendent agréable à Dieu. Le Roi Prophète condamnepar là toutes les Superstitions , comme étant contraires à l’Eglisede Dieu 8c à la Religion. En effet de toutes les prières qui íontau moride , il n’y a que celles de TEglise , qui nous soient utiles& avantageuses. Or elles sont telles , lorsqu’étant composées deCantiques dignes de Dieu 8c approuvées de TEglise , elles nousmettent en état d’avoir le saint Esprit pour nôtre Intercesseur au-près de Dieu. Vota enim tantùm Ecclesiastic* religionis utilíasunt > qu® cùm 8c dignis Deo cantionibus 8c propoht* in Ecde-sia observant!» studio probantur , tum digni erimus pro quibusDeum sanctus Spiritus interpelles;
{b} Tìt. de Benedict. Regul. général. Scíat SaCerdos Hon licereíìbi ullis aliis benedictionibus uti quàm iis qu» in hoc Rituali velïn Missali pr»seribuntur , aut iis quovis pr»textu aliénas ceremo-nias, aut preces adjungere.
_ (c) P. p. tit. de Exorcis. n. 7. Caveat Sacerdos ne aliis Exor-cisons , prsterquam istis utatur , vel ab ipso Epíseopo approba-tis.
(d) Tit. 40. Can. 3. Provideant Episcopi ne pr»textu pietatisiilli exorcismi fiant nisi qui a b Ecclesia probati sint.
(e) L. f. tit. 6. n. ;.
(/) P - 4- c - I1 \ n- .4 Qui quocumque pietatis pr»textu & no-mine fiunt exorcismi, nisi ab Ecclesia probati fuerint, omninoprohibeantur.
(g) Tit. iy. c. 4. Ncmo utatur aliis exorcismis quàm ab Or-dinario approbatis.
5 T I T I O N S,
Romain à l’uíâge de Malines imprimé aussi eiì 1607»déclaré qu’on ne doit point user d’autres Formulesd’Exorcismes & de Bénédictions, que de celles quisont marquées dans le Pontifical & dans le Missel.(b) II faut, dit-il, s'arrêter à celles qui sont usitéesdans TEglise ; & dahs Tantiquité , non seulement afinque nous soyons plus assurez contre les Superstitions 8 cles autres erreurs ; mais aussi parce que nos prières sontplus efficaces & plus puissantes lorsqu’elles sont unies àcelles de TEglise , & qu’elles sont animées de son es-prit. Ainsi il est nécessaire de ne pas se servir , autantqu’il sera possible, d’àutres paroles que de celles de l’E-glisc (/).
Voilà pourquoi Maximilien d’fcinátten , Chanoine8e Ecolastre d'Anvers , dit dahs là Préfacé de son Ma-nuel des Exorcifmes, (kj que toutes les prières, tous lesexorcifmes , & toutes les bénédictions qu’il y rapporte,font tirées du Missel, du Pontifical 8 c du Rituel Ro-main , du Pastoral de Malines , & d’autres Ouvragesapprouvez. Et dans la troisième partie du même Li-vre (l) , il assure qu’il propose diverses Formules deBénédictions dont les Exorcistes prudens 8 c sages sepourront servir , afin d’exclure par ce moyen les For-mulaires inventez par certaines personnes temeraires quiy ont mêlé quantité de Superstitions. „ Et quoique„ peut-être , dit-il , dans certains Auteurs, il se ren-,, contre quelques-uns de ces Formulaires qui soient„ bons, & qui ne sentent nullement la Superstition, il„ est néanmoins plus à propos de sc scrvir des Bene-„ dictions & des Prières que TEglise a reçues, qui ont„ été usitées dans TAntiquité j Ou qui approchent de,j bien près de celles de TEglise , parce qu’elles sont„ plus efficaces & d’un plus grand rîierite devant Dieu.„ C’est pourquoi les Prêtres & les Exorcistes ne se ser-„ viront que de celles-là , & il ne leur sera pas permisj, d’en employer d’autres , de crainte que par le mau-„ vais choix qu’ils pourroiënt faire , ils n’en employas-„ sent quelques-unes de celles qui ne sont pas bonnes.
Cette Discipline au reste , est fondée fur ce qui sepratique dans T Ordination des Exorcistes. Le qua-trième Concile de Carthage ( m) en 598. assure quequand on ordonné un Exorciste , l’Evêque lui doitdonner uri Livre dans lequel les Exorcifmes soient écrits,
6 lui dire ces paroles : ,, Prenez ce Livre , & l’appre-„ nez par Cœur, 8 cc. Exorcifia cùm Ordinatur, ac-cipiat de manu Epifcopi llbrum in quo fcrìpti funt Exor-cismi , dicentè fibi Episcopo , Accipe & Commenda me*moriae, 8 tc.
La même chose se trouve dans Raban (n) , Arche-vêque de Mayence , dans Fortunat (0) , Archevêquede Treves, & dans Ives (p) de Chartres. Le Ponti-fical Romain de Clement VÍH. & Urbain VIII. (q)dit qu’au lieu du Livre des Exorcifmes , on peut luidonner le Pontifical ou le Missel, dans lesquels sont or-dinairement les Formules des Exorcifmes.
Or pourquoi est-ce que TEglise donne le Livre desExorcifmes , le Pontifical ou le Missel au nouvelExorciste, sinon afin qu’il apprenne par cœur les Exor-cifmes qui y sont contenus , 8 c qu’il reconnoisse patcette cérémonie ce qu’il doit dire en faisant les fonc-tions
C b ) Tit. Instructio advers. afflict. &c. p. 277.
(») Formul* Exorcismorum 8c Benedictionum ex Pontifical»8t Miílàli in sine hujus Manualis apponuntur : Et quamquam etiarstali» à temerariis excogitari poffint 8c sint excoggat» , nullus tà-men Sacerdotum 8c Exorcistarum illis uti prxsurnat ; sed ilks re-tineat qu» ab Ecclesia in usum receptx íunt, 8c à veteribus usi-tat» : non tantum ut tutiores simus a Superstitionibus 8c errori-bus aliis , sed etiam quia efficacior est oratio nostra, quando curS-Ecclesi» precibus vivacités conjungitur. Ad quam rem confertetiam, ipíà verba ab Ecclesia usitata, in quantum fieri potest ,tinere.
(k) Tom. r. Mallei Malesic.
(/) Tit. Formul* benedicendi tam comestibilia, 8cc.
(m) Can. 7.
(n) L. 1. de Instit. Cleri. c. ïo.
(0) L. ». de Eccles. Offic. c. 9.
(p) Serin, de Excell. Sacr*. Ordin. 8c de Vit. Ordinand* ***Synodo habit.
(q) Tit. de Qrdinat. Exorcist.