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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPER

tions 'de son Ordre , & comme il ne doit point se set-vir d autres prières que celles que lEvêque lui met

entre les mains, & qu'il lui ordonne dapprendre parcœur. r 1 1

. a ^ n q ue les Exorcisines, les Bénédictions &

£s taisons soient dans Tordre de T Eglise, & quonpuisse les soupçonner de Superstition , elles doivente taire par des'personnes que T Eglise autorise pour ce-* a > & avoir elles mêmes lapprobatìon de TEglise. Sansces deux conditions elles font illicites , & il y a de laSuperstition à sen servir.

De- vient que le Synode dAusbourg (a) en 1548.veut que Ton refuse la Communion à tous ceux qui,, récitent certaines Prières singulières & non approu- vées de TEglise.

Le Concile Provincial de Tours (6) en i;8;. de-

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rir les maladies , Nous leur ordonnons de sen abste- nir fous peine dexcommunication.

Puis donc quil est défendu sous de grandes peines,'Sc aux Ecclésiastiques & aux Laïques de guérir les ma.ladies par conjurations ou oraisons, tous ceux qui en-treprennent de le faire, ne sont-ils pas manifestementrebelles aux ordres de T Eglise ? Cependant combien ya-t-il de gens dans les villes & dans la campagne , quise mêlent impunément de ce métier , & qui croyentrendre de grands services à Dieu & à fou Eglise , ensen mêlant, soit parce quon ne les en reprend pas, ouquon ne les en reprend que foiblement , soit mêmeparce quils trouvent quelquefois des Ecclésiastiques as-sez ignorans pour approuver leur conduite, oudumoinspour ny rien trouver à redire.

Je connois un Sergent de village , qui dit T Oraisonfend à tous Ecclésiastiques fous peine de suspense, suivante pour tous les malades, & pour tous les blessez& à tous Laïques fous peine dexcommunication, qui se présentent a lui * & qui le prient de la dire :

de se servir de certaines Formules de prières conçues,, en des termes inconnus , & quils récitent tous bas, pour guérir les maladies, & d'y ajouter foi en quel- que maniéré que ce soit.

Le Concile Provincial de Narbonne en i6oy. ex-communie , ipfi fatlo , ceux qui entreprennent de gué-rir les maladies par imprécations, par paroles, par liga-tures , ou par quelquautre Superstition.

Le Cardinal de Sourdis, Archevêque de Bourdeaux,a fait ce Reglement fur le même sujet , dans une Con-grégation des Vicaires forains de son Diocèse , tenue àBourdeaux (c) le 23. Octobre r613. Pour le re-,, gard de ce qui a été représenté par plusieurs des Vi-caires forains 8c témoins Synodaux , de plusieurs per-

Au nom du Pere , & du Fils, & du saint Esprit.

Madame sainte Anne qui enfanta la Vierge Marie,

la Vierge Marie , qui enfanta Jesus-Chr ist,,, Dieu te benisse & guérisse pauvre créature N. de re- noueure , blessure, rompure, &dénervure, & de toute autre sorte de blessure quelle que ce soit , en Thonneur de Dieu & de la Vierge Marie, &deMes- sieurs saint Cosme 8c saint Damian, Amen. TroisPater , 8c trois vive. Et ce quil y a de considérableest que cette Oraison guérit presque tous ceux pourqui elle est dite, ainsi que me lont assuré plusieurs per-sonnes dignes de foi.

Néanmoins elle ne les guérit pas naturellement, puis-que les termes dans lesquels elle est conçue , nont pas

sonnes qui usent de conjuration pour guérir les ma- la vertu naturelle de les guérir. Il faut donc quelle leS,, ladies, ordonnons que Decret sera fait & délivré, guérisse fur-naturellement, & par conséquent que les portant excommunication contre telles personnes. effets quelle opéré soient merveilleux dr surnaturels.

De Solminiac , Evêque de Cahors dit dans ses Sta- Elle en pòurroît guérir furnaturellement, si TEgliseruts Synodaux (d). Sur ce qui nous a été repre- lavoit instituée pour de tels effets : Mais cela ne nous

sente , quil y a plusieurs personnes de diverses qua-r paroît point.

,, litez, qui usent de Conjurations pour guérir les ma- Elle en pourroit encore guérir furnaturellement, íì ladies, Nous leur défendons très-expressement les- Dieu lui avoit donné cette vertu , Sc quil y eût atta- dites conjurations , comme n*étant que de vrayes ché fa toute puissance. Mais qui le pourroit dire fans

Superstitions contre la Foi 8c Religion Chrétienne, une témérité criminelle , puisque nous nen voyons

fur peine dexcommunication contre telles personnes, rien ni dans T Ecriture , ni dans la Tradition de T E-Enjoignons à tous Recteurs 8c Vicaires de le publier glife , qui sont les deux fondemens inébranlables, & les

au Profne de leurs Eglises , autant de fois quils lejugeront nécessaire.

deux principes infaillibles de nôtre foi.

Si donc elle guérit furnaturellement, & que ce ne

Le Rituel de M eaux de 1 annee 1645. dénoncé (e) soit ni par T institution de TEglise , ni par celle de

J - r r ' Dieu , cela se fait ou par Tassistance des Démons, ou

par le secours des Anges.

Si cest par laffistance des Démons , elle suppose denécessité un pacte tacite ou exprès avec les Démons ; &ainsi elle est superstitieuse à cet égard, quand même el-le ne le scroit point par dautres raisons.

Quelle preuve pourroit-on alléguer que cela se fìt parcisir Us malades ou les befliaux , & d'user de superstitions le secours des Anges ? Les Anges peuvent bien «merirfour les guérir ; & il ne lordonne que dans le dessein des maladies, quand Dieu le leur permet. Mais ou li-ss arrester un si grand abus. sons-nous que Dieu leur ait permis de guérir de celles

Les Statues Synodaux de Sens en 1658. ceux dE- dont il est parlé dans cette Oraison , & den guérirvreux en 1664. & ceux dAgen en 167;. mettent au avec cette Oraison ? A la vérité ils connoiffent quanti-ratl f 4 utj 1 Su P erstltions des restes du Paganisme de remedes naturels dont les hommes nont nulle & de 1 idolâtrie , & des inventions du Démon, les connoissance , & ils peuvent les leur indiquer , comme3, conjurations de evres, chancres, feu-volage, avi- fît Raphaël au jeune Tobie Çh) , auquel il apprit les ves & autres maux, par paroles, billets^ ou ligatures, vertus du cœur , du fiel, 8c du foye du gros poisson

pour excommuniez ceux qui disent ou qui sont dire des Oraisons superstitieuses pour guérir des maladies ,,, tans des hommes que des animaux.

Vialart, Eveque de Chaalons fur Marne , ordonneaux Doyens & aux Promoteurs Ruraux (/) de sonDiocèse, de sinformer des Curez, sil ny a point quel-ques personnes dans leurs détroits , qui se mêlent dexor-

33 & en quelquautre maniéré que ce puisse être.

Et les Constitutions & Instructions Synodales de S.François de Sales & dAranton dAlex , Evêques deGeneve , portent Et parce qu'il se pourroit fai-3, re qu il y auroit des Ecclésiastiques, qui par simpli-33 cite ou par ignorance usent de conjurations pourgue-

siO Stat. to.w Tit. 4.

Ordonnances 8cc. de Bourdeaux tit. 10.

W C..

(e) Dans l e Profne.

(/) 7. Mandement, », p *

kg) 1. p-c. n, n. 4, P 7

qui sortit du Tigre pour le devorer. Mais outre quilne sagit pas à présent de la vertu naturelle de cetteOraison , à qui est-ce que les Anges ont révélé quelleguerissoit furnaturellement de remueure , blessure , rom-pure, (st denervure , dr toute autre sorte de blessure quel-le que ce soit ? Je ne pense pas que jamais personne aiteu cette révélation.

Le même Sergent se sert encore de cette autre Orai-son pour guérir les maladies des yeux : Monsieur33 saint Jean, passant par ici trouva trois Vierges en son.33 chemin, il leur dit, Vierges que faites vous soi»

,, nous

W Tob. 6.

3h