DES SIJPERS
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neral & en particulier , il ne faut pas laisser passer fans les , les Maries, & les Ophiogenes 0 ) , ont la verturéponse l’objection que l’on fait d’ordinaire en saveur de naturelle que l’Antiquite (f) leur a attribuée de gue-la plupart de ceux qui guérissent les maladies des hom- rir les morsures & le venin des Serpens; m si les Ten-mes & des bestes, soit avec des paroles & des Oraisons, tyrites (g) peuvent naturellement guérir les blessuressoit sans paroles & lans Oraisons , soit par leur halei- des Crocodiles. Je ne m’arrete point non plus à exa-ne, soit par leur attouchement, soit de quelqu’autre miner si les Empereurs Velpatien ( ) , rien (i) &
maniéré.
On dit qu'ils ont receu de Dieu la grâce de gué-rir les maladies, cette grâce dont parle l’Apôtre saintl?aul dans fa premiere Epître aux Corinthiens (a).
Mais quelle preuve en sçauroit-on alléguer , qui nepuisse être justement & solidement contredite ? Cettegrâce étant un don du saint Esprit, dans le sentimentde cet Apôtre des Nations , elle a besoin du témoi-gnage de V Eglise pour être reconnue', & elle méritébien pour cela d’être meurement examinée , sinon enplein Synode (ce qui toutessois seroit à desirer) aumoins dans le Conseil des Evêques. Car comme el-le est pour l’edification de l’Eglise , c’est à l’Egliseou à ses principaux Ministres à en connoître & à enjuger, & jusqu’à ce que l’Eglise ou les Evêques ,qui font ses principaux Ministres , lui ayent donnéleur approbation avec connoissance de cause, les Fidè-les font en droit de la tenir pour suspecte. C’est pourcela que les Conciles Provinciaux de Mexico en 1585.
& de Malines (h) en 1607. ainsi que nous l'avonsCy-devant remarqué , défendent tres-expressement àtoutes fortes de personnes, d’exorciser les maladies parparoles ou par Oraisons , s’ils n’en ont receu la per-mission des Evêques.
Or qui de ceux qui se mestent de guérir les mala-dies par paroles, par Oraisons* ou autrement, ont étéapprouvez des Evêques pour cela ? Qui des Evêquesá examiné avec soin s’ils avoient la grâce de guérirles maladies ? Qui des Evêques ì’a reconnuë ? Qui desEvêques leur a donné quelque témoignage authenti-que ?
Qtielle apparence y a-t-il au reste, que ces sortesde Médecins extraordinaires & miraculeux ayent cettegrâce ? Pour le Droit on en convient aisément ; maisaussi faut-il demeurer d’accord que dans le fait il y asouvent bien de l’imposture: c’est-à-dire, pour parlerplus clairement, qu’on ne fait pas de doute que Dieune la puisse communiquer , aussi bien que les autresgrâces gratuitement données aux médians comme auxbons, ainsi qu’il paraît par l’exemple de Balaam &par celui de Caïphe ; aux ignorans comme aux sça-vans , parce qu'elles ne sont pas pour la sanctificationde ceux qui ses reçoivent, mais pour la sanctificationdes autres, suivant la Doctrine de S. Thomas (c).
Mais on auroit peine à trouver des preuves bienauthentiques dans les monumens de l'Eglise, qui mon-trassent qu’il l’ait jamais communiquée à des gens quiii’ont ni science ní vertu, comme sont pour l’ordínai-íô ceux dont nous parions t, & il seroit bien étrangeqssil en eut usé de la sorte à leur égard, & qu’ilâit gardé une autre conduite à l’égard de quantité de
Aurelien (k) & Pyrrhus (/) Roi des Epirotes * ontfait .les guérisons qu’on leur impute. Car toutes cesrelations sentent ou la Fable, ou la Superstition, dans
le sentiment de du Laurent ( m ).
Mais pour revenir à nôtre sujet* quantité de Saintsont eu la grâce de guérir les maladies, je l’avoiie. S.Cyrille Patriarche d’Alexandrie (n) témoigne qu’ils ontchassé les Démons âu nom de J e s u s-C h r i s t, 8 tquë par la force de leurs Oraisons, ils orìt délivré lesmalades de diverses maladies. S. Barses Evêque d’E-desse chastoit les maladies par sá seule parole , & lelit qu’il laissa dans l’Iste d’Arade avoir tant de ver-tu , què tous les malades qui s’y couchoient, en sor-toient parfaitement guéris, ainsi que Passeuse Theodo-ret. ( 0) Protogenes Prestre d’Edesse (p), par ses priè-res & par son seul attouchement guerissoit les enfansqu’il instruisoit. Sozomene (7) 8 c Nicephore (r) rap-portent que le Moine Jean avoir receu de Dieu ledort de guérir de la goutte , & de remettre les mem-bres dénoûeá; & disloquez; 8 c que le Moine Benja-min guerissoit toutes sortes de maladies en touchantseulement les malades de sá main , & en les oignantd’une huile qu’il avoir benite, bien qu’il ne se pûtguérir lui-même d’une espece d’hydropisie qui le ren-dit si gros & si enflé * qu’il ne pouvoir plus passer parla porte de fa Cellule. Le Moine Moyfe de Lybie,suivant le témoignage des mêmes Historiens (1), gue-rissoit les maladies par ses prières, comme faisoit aussiJulien Moine d’Edeííe (Q, qui outre celâ châssoitles Démons. Paithenius Evêque d’une ville de l’Hel-lespont, resuscitoitles morts, commandoit aux Démons,'
& guerissoit de diverses sortes de maladies. Copras, se-lon le rapport de Cafliodote (v) , avoir le même pou-voir sur les maladies & fur les Démons. J'apprens desaint Grégoire de Nyflè (w) , que S. Cregoire Evêquede Neoceíàrée surnommé Thaumaturge, châssoit les Dé-mons avec des billets qu’il mettoit fur un Autel, & oùil écrivoit ces mots : ypypópiac, rw sxtuvcí inéy&s , Oregoireà Satan, entre. J'apprens de l'Histoire de Paul Diacre,& de celle de Nicephore, que du tems dejustiuienuncertain serviteur de Dieu, Del cnltor , conseilla aux ha-bitans de la ville d’Antioche (x) de se précautionnercontre les tremblemens de terre, en mettant fur les por-tes de leurs logis ces paroles , Chrijhts nobífcum flate ,ce qui leur réussit heureusement. J’apprens de SulpiceSevere (y) dans la vie de 8. Martin, que ce grand Ar-chevêque de Tours a guéri miraculeusement plusieursmaladies. Enfin, j’apprens de l’Histoire de l’Eglise,qu’un grand nombre d’autres Saints ont eu le même pri-vilège. r '
Mais ils étoient des Saints ; máis ils se fervòient de cê
au garae une autre conduite à l égard ae quanutc uc . tantôt d’une façon & tantôt d’une autre;
Saint, . » Pì il a fait part des à çofoA m l'ordre de Dieu ; ntah en feu
res de fa Sagesse , & ï Pli >1 a donne le pouvoir d n’abusoient m des paroles de VEcnture Sa
faire des miracles (d). _ , ,
Je ne m’aneste point ici à examiner u les Plyl
ënSain-te,
Aulus-gel. 1. »6.
c. II.
(*) Qu’il appelle Chap. là. Gratianì sanitatum, ou curationum.
{b) Can. 34.
(c) i; x. q. ii. art. i. in Cor,
(d) Ainsi que dit le Cardinal Cajetan : In Sum. V. In AndMirum est quod sanctis vitis, quibús Deus credidit sécréta sa-pientix sux, 8c virtutem potenti» sus iri miraculis Sc sacra-mentis , 8c curam animarum , quibus promistt notitiam omnisVeritatis , sécrétas has sacrorum virtutes negaverit, Sc vetulisac personis qualibuscumque h*c communicaverit. Le DocteurNavarre est dans la même pensée , comme il est visible par cesparoles-, In Manual. c. n. n. >r. sure quís miretur illorum ho-minum imprudentiam qui his & aliis similibus íuperstitionibuscredunt, & quod Deus impartitus fuerit vetulis quibusdam , 8chòminibus ignorantibus (& ut plurimùm deliris) vitaque repre-nenhbili, ea qux no « est elargitus Sanctis, quibus m gradu adeoalto profustda s U5c divin» sapienti» arcaiva , vittutemque sus M-
mtx potentis qua tot miiacula fecerunt, communicavit.
se) Plirì. 1 . j. c. î.
(/) Strabo 1 . 13.
(g) Idem. 1 . 17; . .
(h) Sueton. in Veípas. 8c Corn. Tacit. 1 ; 4. Isisior;
(i) Spartian in Adrian.
\k) Vopiscus in Aureliano.
(0 L. 1. Plutarch. in Pyrrho 8c Plin.
(m) De Strumis c. 8c 4.
(») L. 6. in Julian.
(0) Theodoret. 1 . 4. Kiít- Eccles. c. 15.
(f) Ibid. c. 16. 8c Nìcephor. 1 . 11. c. a 3.
\q) L. 6 . c. íp.
(r) L. 11. c. ;p.
(,) Sozòm. ibid. Niceph. 1 „ y. C. 39,
(t) Idem 1 . 9. c. iy.
(v) Idem 1 . 8. c. 44. L. 8. Hist. Triparti cap. C( œ ) Orat. de Laud; S. Gregor. Thaumat.
(x) L. 16. Histor. Miscell.
(J) L. 17. c. z.
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