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te, ni de celles des divins Offices ; mais en s’en servantils ne s’attachoient point scrupuleusement & supersti-tieusement à certaines personnes , à certains jours , àcertaines heures, à certains mois , à certaines années, àcertains tems, à certaines circonstances, à certaines cé-rémonies , à certaines paroles , ni à certaines Oraisonsparticulières , & non approuvées de l’Egiise ; mais c’é-toit dans les premiers siécles de l’Eglise qu’ils s’en fer-Voient ; mais ils s’en servoient pour confirmer la véritéde la Religion Chrétienne , pour convertir les Infidè-les à la Foi Catholique, & pour donner plus de créan-ce à l’Evangile qu’ils annonçoient : Maintenant que la
Religion Chrétienne & la Foi Catholique sont établiesfur des fondemens inébranlables, & que l’Lvangile estannoncé à toutes les créatures , qu’est il besoin de sem-blables signes , de pareils privilèges ? Quelle nécessité ya-t-il de croire que Dieu les accorde à des misérables, àdes ignorans, à des imposteurs, à des esclaves du Dé-mon? Mais enfin s’ils les ont receus de Dieu qu'ils nouSen donnent de bonnes marques & nous les croirons :Sans cela ils ne méritent pas qu’on les écoute, qu’onajoûte foi à leurs paroles.
On dira peut-être avec Pomponace (b), qu’tls ont re-ceu de la nature la vertu de guérir les maladies, & qu’ilsles guérissent naturellement,, comme naturellement la rhu-barbe purge la bile , l'aiman attire le fer, la violette ra-íraichit, la flambe guérir de la toux.
Mais s’ils ont receu de la nature cette Vertu si admi-rable , c’est ou parce qu’ils sont hommes, ou parce qu’ilsfont d’un tel tempérament, d’une telle complexion.
Si c’est parce qu’ils sont hommes, tous les hommesla devraient avoir receuë auísi bien qu’eux, d’autant quece qui convient à un homme , entant qu’homme, con-vient à tous les hommes. Et néanmoins tous les hom-mes ne guérissent pas les maladies.
Si c’est parce qu’ils sont d’un tel tempérament, d'ti-ne telle complexion , d’où vient que la même diversiténe se rencontre pas dans la rhubarbe, dan s l’aiman, dansR violette, dans la flambe, & que dans une même efpe-ce il n’y a point d’individu de rhubarbe qui ne purge labile , d’aiman qui n’attire le fer , de violette qui ne ra-fraîchisse , de flambe qui ne guérisse de la toux? Quipourrait croire que les qualitez des temperamens sussentcapables de produire tous les effets merveilleux & sur-naturels que nous voyons que nos Médecins exorcistesproduisent ?
Puis donc que Dieu ne donne que tres^rarement auxhommes la grâce de guérir les maladies, & que bail-leurs les hommes ne la peuvent avoir, ni L cause de leurespece, ni à cause de leur individu, on doit extreme-ment se defier de ceux qui se vantent de l’avoirde l’unepu de l’autre maniéré, & tenir leurs guérisons pour sus-pectes.
En Espagne il y a des gens qu’on appelle Sauveurs ouEnchanteurs , Salttdaderes , Enfalmadores , Santiguada -r es. Les Enchanteurs , Enjolmadores , Santiguadores,ainsi que le remarquent le Pere Delrio (c) & du Lau-rent, (d) guérissent les malades avec certaines Oraisonsqu’ilsrecitent pour eux & fur eux, comme est celle quenous avons rapportée dans le chapitre 2. du L. V. &qui fut examinée par le Conseil de Monsieur Simon E-vêque d’Ipre. Les Sauveurs, Saludadores, les guérissentavec leur salive & leur haleine. Mais les uns & les au-tres passent pour des fourbes dans l’esprit de bien desgens. Bodin (e) dans íà Demonomanie dit que ce fontdes Sorciers & des Imposteurs , & que par un blasphéméqui *> est pas moins abominable quest l'on ïnvoquoit Sathan ,ils s'appeUent Sauveurs , pour ôter la fiance en Dieu. LePere Delrio (f) asseure qu’ils observent avec grand soin
(a) Ce qui fait dire à 8. Jerôme : Esto signa sint Infidéíium,qui quoniam sermoni & doctrinse credere noluerunt, sigais addu*cantur ad fidem.
(b) De Incantationib. c. 4.
(c) L. 1. Disquis. Magic. c. j. q. 4.
(d) L. 1. de Strumis: c. 4.
(e) L. 3. c. 2 & f.
(/) Supr. Sedulò observant modos tangendi certes, numerom
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certaines maniérés de toucher les malades, certains nom-bres j & certaines cérémonies, & qu’ils emploient quan-tité de choses pleines de suspicion & de danger: du Lau-rent (g) parle de la même maniéré , & ajoûte queleurs guérisons sont magiques. Enfin íe Concile Provin-cial de Mexico (h) en 1585. déclare qu’ils ont accou-tumé de pratiquer quantité de Superstitions :
La plupart de ces Sauveurs ou Enchanteurs ont em-preinte fur quelque partie de leur corps la figure d’uneroue entiere , ou d’une roue rompue , qu’ils appellentde Sainte Catherine ; & c’est pour cela qu’ils íe disentparens de Sainte Catherine. Ils asseurent qu’ils ont ap-porté du ventre de leur mere cette figure, quoiqu’ils sela soient faitç à eux-mêmes, comme disent Léonard Vair(i) & le Pere Théophile Rainauld (k)ì Ils se vantentque le feu ne leur peut nuire, & qu’ils le peuvent ma-nier fans se brusler.
Les Sauveurs d’Itâlie se disent parens de S. Paul, &portent empreinte sur leur chair la figure d’un Serpent,qu’ils veulent faire croire leur être naturelle, quoiqu’ellesoit artificielle , comme celle de la roue des parens desainte Catherine , selon les mêmes Auteurs. (I) C’estpour cela qu’ils se Vantent de né pouvoir être blessez parles scrpehs ni par les scorpions, & de les manier fansdanger. Ce qui néanmoins esteombatupar l’Histoire quePomponace (m) raporte être arrivée a Modene dans letempá qu’il travaìlloit à son Livre des En hantemens.Car un de ces prétendus parens de S. Paul, aprés avoirmanié plusieurs serpens, fut enfin picqué d’un qui étoithorrible à voir , & mourut cruellement de fa blessure.Gaspar Pucer dit qu’il est íàns doute que ces gens-là seservent de conjurations («). Le P. Delrio les traited’im-posteurs (<r). Du Laurent dit la même chose d’eux 8 cdes parens de sainte Catherine (/>):.
Léonard Vair avoit écrit avant lui quelque chose dsplus précis fur ce sujet. Voici comme il s’explique. (q)„ La puissance de guérir les maladies par paroles ne peut,» être en l’homme à cause de fa naissance 8 c génération ;,, car tous en feraient participans, & auraient une pa«„ reille vertu de charmer, ce que toutefois nous voyons„ à l’ceil être faux. Et combien que quelques-uns fei-„ gnent & veulent faire accroire qu’ils font de la race,, & famille de saint Paul ou de sainte Catherine, d’au-„ tant qu’ils portent la marque d’un serpent ou d’une,, toûe imprimée en quelque endroit de leur corps, sc„ vantant partout que telle marque leur est venue na-,, tureliement : toutefois on a découvert & prouvé,, qu’ils se sont faits & engravez eux-mêmes tels signes,„ d’autant que ceux qui raportent leur race & genealo-,, gso à saint Paul, n’oscnt manier aucun venin, ni tou-„ cher à serpent, que premierement ils ne se soientfrot-,, tez & munis de quelque fort & puissant remede, ou„ qu’ils n’ayent arraché les dents aux serpens qu’ils veu-„ lent debailler. Quant est de ceux qui se sont enrôler„ au parentage de sainte Catherine, & tiennent en leurs
„ mains
Sc alias ceremonias. Accedunt multa íùípicione plena 8c periculo.
(g) L- 1 • de Strumis c. f. Et íànè curationes eorum, quoîEnsolmadores vocant, ego Magicas elfe puto.
(b) L. f. rit. 6 . n. j. Permultíe Superstitiones ab bujuímodi'hominum genere permiseeri soient.
(0 L. 2. des Charmes c. 11.
(k) Tract, de Stigmatismo sacro Lee. sect. 2. c. 4,
(/) Ibid. 6(m) De Incantat. c. 4.
(ri) Voici ses propres mots. De Incantationib. Certè eos qui istprehendendis 8c cicurandis viperis , harumqae venenatis ictibuîcontentnendis donum fincti Pauli nunc falíò jactitant, eos inquatstadjurationibus sese munire minime dubium est.
(0) CL *• dich- Magic. c. z. Quoad illos , dit-ìl , qui genus S-cognationem B. Pauli tumidis buccis crêpant , seque angues lin®lseiione Gontrectare poste; jam plerisque impostura cognita est, se'lere prius contra moríùm sese antidotis pr semunire.
(p) L. 1. De strumis. c. 4 Qui ex familia D. Pauli & S. Ca-tharinL se este jactitant , implores funr ; nec enim nativa sentillis signa, sed arte confecta. Et qui serpentes contrectant, pú uSalexiteriis se muniunt, denteíque serpentibus evellunt. Quiverò car-bones ignitos innoxiè tangunt, manus primum succis quibuseaU 1illittunt, quibus ab igné pet aliquod tempus se tueatur.
(4) 4 *• c. u.