discernement
gfias
asm
DES EFFETS NATURELS
D’AVEC CEUX QUI NE LE SONT PAS,
AVEC
LHISTOIRE CRITI CL U E
Des Pratiques Superstitieuses, qui ont séduitles Peuples & embarrassé les Savans.
LIVRE PREMIER.
Du Discernement de la Vérité Gf de la Fausseté des Effets naturels.
CHAPITRE PREMIER.
Nécessité ér difficulté de discerner les effets naturels d’avec ceux qui ne e f on P ' _vient cette difficulté. On ne tire des anciens Sages du monde que peu de fecour J rsujet. Histoire naturelle confondue avec la Superstition.
R ne sent que trop souvent la né-ceffité de discerner les effets- naturelsd'avec ceux qui ne le font pas, maison ne s’applique pas davantage pourcela à chercher les moyens de fairece discernement. U suffit à plusieursde savoir qu’il arrive des choses sin-gulières dans le monde , pour croire fans examen toutce qu'on leur dit ; en vain leur propre expérience leurapprend-elle qu’on est souvent trompé , ils ne veulentpas se donner la peine de vérifier les faits, & l’indiffé-tence produit en eux la crédulité. D’autres tombentdans l'excès opposé. Quoique la Religion leur enseignequ’il y a âes faits extraordinaires produits par la puis-since de Dieu & le ministère des Anges, ou par le pou-voir qu’il a laiip' au Démon ; ils refusent d‘ajouter foià tout ce q V ,i ne j eur pgroit pas naturel, & qu’ils s’i-magment ne pouvoir pas expliquer physiquement. D’au-tres plus feuler & plus raisonnables voudraient bien n'L-
S'
wm
tre ni trop crédules, ni absolument incrédules, mais ilsfont rebutez par la difficulté de faire un juste discerne-ment.
Il faut avouer qu’il n’est pas toujours aisé de porterun jugement exact & solide sur ce que l’on voit d'ex-traordinaire , & que ceux qui auroient dû fournir aureste des hommes les lumières & les secours nécessairespour distinguer les prodiges d’avec les ouvrages de la. na-ture , se sont égarez les premiers , en confondant l’His-toire naturelle avec la Religion & la Superstition.
Chaldéens, Perses, Assyriens, Egyptiens, Phéni-ciens , voilà les íàvans du monde après le Déluge, voilàles maîtres qui ont instruit ces Grecs & ces Romains,tant vantez pour la beauté de leUr génie & l’étendue deleurs connoissances, & voilà aussi les auteurs des fablesles plus absurdes & des pratiques les plus extravagantes.On ne fauroit lire les Histoires qu’ils ont laissées, fansy trouver le faux & le ridicule. Je ne m’éronne pasque les Relations des voyages du nouveau monde, nous
Gg '