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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c. 155

ores à v réussir, & sont la plupart du tems frapezdu

3, tement, à dessein de les perdre ; cest à elle de-,1 tromper ses ensans d'une telle séduction, par la lu-33 miere divine qui la régit. II a voulu regner au Ciel,

-z & près de trois mille ans il sest fait adorer à la terre3, en mille façons , fous le nom & lapparence des As-j, tres ; elle ne doit pas souffrir quil se cache sous leur33 vertu, ni qu'il sautorise de la puissance que les corps3> célestes ont fur ce bas monde. Les Anges lont chas-33 du Ciel ; cest à elle de le bannir de la terre, de33 la société des serviteurs de Dieu Aussi a-t-eìîetoujours prescrit des pénitences à tous les fidèles qui^auroient eu recours à quelques pratiques superstitieu-ses. On peut voir-dessus ce que disent 0*)*Zonare& Balsamon sur. le 6 t. Canon du Concile m Trullo ,& les Canons de Laodicée , dAncyre , dAuxerre,dAgde, & c. On nen cite aucun , de peur dêtretrop long; outre que le Nomocanon dePhotius, leDe-cret de Gracien , de Burchard, dYves de Chartres,sont des sources communes on les trouve assez bienramassez. Gonzalès fur les Décrétâtes, Godefroy fur 1 eCode , & plusieurs aiitres , ont savamment exposé &explique les loix de lEgliíè & des Princes fur cette ma-tière , & lon trouve un grand nombre dáutoritez dansI e savant Traité des Superstitions que Mr. Thiers donnaau public en 1679.

Vous ne trouverez point dans tous ces endroits cettedistinction, savoir si lon a sait un pacte avec le Démon°u si lon nen a point fait. Il est fort rare quon fassepacte avec le Démon. 1. Comment compter sur le pac-te fait avec celui qui est essentiellement menteur? 2.Quand même il voudroit exécuter ses promesses, sou-vent il ne le peut pas, Dieu ne 1 e permettant pas.

3,

CHAPITRE III.

cplan un traité des sortilèges . On expliquela, nature du fort, & ses différentes espè-ces. Maximes duParlement de Paris furles Sorciers fy les sortilèges^

même défaut, cest de se déterminer òu à nier ou àcroire, sans approfondir tes choses.

Réflexions pour »n bon traité des sortilèges.

Sans prétendre à la qualité de grand Philosophe, notismettrons ici quelques réflexions fur ce qui est nécessairepotir un bon traité des sortilèges , & par- nous suplé-roils en quelque maniéré à ee que nous pouvons avoirobmis dans traité.

H. I.

Notion des forts & des strtile'gesl

7 . Il faut avoir une notion exacte de ce quon appel-le fort & sortilège. Cest à quoi plusieurs manquent,ce me semble , sur tout divers Théologiens qui exami-nent sil est permis duser du sort An fortìbus uti li-ceat ?

Tout le monde doit convenir quil faút entendre parsort ce qui arrive indépendamment de la volonté ou dela cohnoiflânce des hommes. Mais cette notion dorit lemonde convient assez , se brouille & sobscurcit lors-quon veut décider sil ny a point de mal de recourirau sort. Quelques Théologiens prétendent que le sortne sautoir jamais être exemt de péché. Car , disent-ils»jetter au fort ; .cest prendre 1 e hazard pour arbitre. Orsi par 1 e hazard on entend Fortune; comme tes Pa-yens lentendoient, on devient superstitieux comme eux»Si lon entend la volonté de Dieu, qui se manifeste parun tel signe, on exige donc que Dieu nous fasse connoi-tre fa volonté dans un tel cas, & par conséquent on ten-te Dieu , & lon tombe ainsi dans une autre eípéce desuperstition. C'est par ces raisons queMr.de Ste. Beuve& divers autres Théologiens condamnent la Lotterie &les autres jeíix 'de hazard , parceque tout y est décidépar le sort.

Le plus grand nombre des Théologiens marquant di-verses espèces de sort, disent quil y en a de licites &dillicites. Ils (c) en distinguent de trois espèces, le sortde partage , ou de division ; fors ditiiforìa ; 1e fort deconsultation, fors consultorìa ; & le sort de divinationsfors divinatotia. Ils nexcusent celui de consultation »

M Bayle finit son extrait des deux traitez de Rìch-- hius sor l'épreuve de leau froide, en souhaitant

lin bon traité des sortilèges. Il en donne le planque j»** . -y-y «'v mêle rien de

nous ne devons pas obmettre , & qui nous donnera lieu que lorsquil y a nécessite, & qu i y ^

de dévplnnpr rfirtp mitUw superstitieux ; & ils approuvent celui e ìv 1 > P°

«« .»« c-m. ^ h mst.ro . ou st ne s a

de déveloper cette matière.

II seroit à souhaiter (b) quà présent quil y a dej,. grands Philosophes au monde , quelquun nous don-,3 ULt un bon Traité sor les sortilèges* Òn suppose com-,3 me un principe constant, quaussitôt que les Sorciers,3 & les Magiciens ont été saisis par l'autorité de la,, Justice, te Diable ne peut faire la moindre chose pour3, leur délivrance , & néanmoins en dau.tres :

víì quil ne sy fasse rien contre la justice , quil negifle pas dun Bénéfice ecclésiastique , & quon y pro-cède avec respect. Le sort, ajoUte-t-dn, après S. Au-gustin , nest pas une chose mauvaise, puiíquil léve ledoute en marquant te volonté de Dieu (d).

Mais après tout cela , la difficulté nest pas levées

;t f- . r . - & la division quon fait des différentes manières de forts

dune t3orr 3 A° n? st US àKcites^que nest te rupture ne paroit pâs exacte. Les membres de la division font33 inégalité* u;', ° n e f. contraint d admettre cent autres renfermez les uns dans les autres. Car 1. on veut que fur tout cete 31 " 1 '^ 11 01t Profondément raisonner Je fort même de partage ou de division fe fasse avec des systèmes ' if* p rH ue . ce siede est le vrai tems respect: on fupose donc quon y consulte Dieu. Ain-" mmmprrp ^ * u r01t imaginer ún touchant le si le sort de partage est un fort de consultation. 2. Le

sort de consultation est souvent un sort de divination »comme le sort de divination est un sort de consulta-tion. Quand ori veut deviner , on consulte ou Dieuou le Démon ; comme les (e) Théologiens lenseignent »& quand òn consulte, souvent lon veut deviner.- Lors-que Josoé jetta le sort pour découvrir qui étoit le pré-varicateur de lordre de Dieu , on consultqit Dieu j

mais en même tems on devina dans quelle Tribu , dans

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33 commerce qui peut être, entre le Déssion & lhom-33 me. Il ny a point de Philosophie plus propre à cela3> que celte de Mr. Deseartes ; fur tout depuis quon3 > a si bien disputé sur les causes occasionnelles. II sem-33 ble que jusques ici la question des sorcelleries n'àit33 été traitée que par des esprits, ou trop incrédules,,3 ou trop crédules. Les uns & les autres font mal pro-

(a) Quoniam verò audivi quemdam dîceritem evs debete igfiosctqui p to corporah medeìâ, vel aììquâ aliâ re salutiferâ, hxd faciunt ;Dico quòd ha; c quoque est occulta dìaboli circumventio. Namstuomodocumque eâre uti est perniciosiffunum. Legequ*incom-eatario 15-, ca p tit. prseientis operis positœ Sitvt leges. Etf>$- 'Novellim Imp. Domini Leónis Philosophi hxc circa finemexpreíTè definientem Siquis autem omninò h*c prsftigîatoriâ ar-te uti deptehensus suerit - sive corporís medetò praetextu, sive aUuctibus noxa ext remum luat supplicium , apostatarum pœnaîst«biens. Balsamon m Cône. 61. 3 um. 5.

{o) République des Lettres, ibìd. pg. 2pi.

UldD V-ll 11av12.1v irvui^ u.. ___ t

quelle famille , dans quelle maison étoit. prévarica-teurs & lon sut enfin précisément par le sort, qui étoitte voleur. Donc ces notions de diverses èspéces de forene sont pas justes;

Pouf

(r) M. Thiers Superst; p. 207. Le P. Alex! Mor. t. ç- p> 754 -(d) Sors non est aliquid mali; sed res est in dubitatione huma- divinam indicans voluntatem. jíug. m Sfdin. ap-te) S. T ctó. a. 2, q. 97. a. 8.

Q.q 2-