DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c.
s, Fermier de Pacy & de ses domestiques. Mais à„ l’instant il témoigna y avoir grand regret, & que-, l’Esprit lui avoir révélé que c’étoit Hocque qui„ avoir fait ladite charge , & qu’il étoit mort a six,, lieues dudit Pacy , dans le tems qu’vl savoir levée,„ fans savoir qu’il sût à Paris , ni en prison. Ce qui„ se trouva véritable , tant par l'insormation faite par-, se Commissaire le Marié au Château de la Tournel-„ se , que par celle faite par 1 e Juge de Pacy sur les„ lieux , qu’au même jour & à la même heure queìlra'defer avoir commencé à lever ladite charge,j»> Hocque qui étoit un homme des plus forts & des„ plus robustes , étoit mort en un instant , dans desj, convulsions étranges > & se tourmentant comme un,, possede , fans vouloir entendre parler de Dieu ni„ de Confession. Ce qui fait voir sensiblement qu’il-, y a quelque chose de surnaturel dans les maléfices de-, ces Bergers.
,, Si k Cour désiré s’éclaircir de ce fait concernant
l’é
La quatrième maxime de cette auguste Compagnie »est de ne faire examiner les personnes accusées de sorti-lège , que par des voyes naturelles & légitimes , & derejetter par conséquent celles qui ne le font pas.
CHAPITRE IV.
ffht’ìl faut •vérifier autant que l'on peut leschoses extraordinaires. Extrait d'une let-tre de M. Nicole. Histoire de ía Muettequi disait avoir recouvré la parole au tom-beau de saque s II. Roi d,' Angleterre. His-toire d’une fille cataleptique.
N ne fait rien , quand on ne fuit point de prèsles événemens qu’on donne pour extraordinai-Faute de preuves , ses personnes judicieuses ne
r es.
étrange moi t de Hocque , elle en trouvera la preu- p ont aucun usage de ces faits ; & tout ce qui en ré-
e flanc 1„_. r.í j_• _ . . „ ° . . 1
-, ve dans son Greffe , avec le procès qui a été depuis-, fait, tant audit Brasdefer, qti’aux enfansdudit Hoc--, que , & aux nommez Petit Pierre & Jardin Ber--, gérs, trouvez complices.
Tous ces complices & quelques autres Bergers fu-re nt condamnez aux galères par divers Arrêts. Cepen-le mal ne ceifoit point , & l’on continua d’enchercher la cause : ,, On trouva des Bergers saisis de„ Livres manuscrits , contenans plusieurs moyens de„ faire mourir les bestiaux , attenter à la vie des hom--, mes , & a l'honneur des femmes. Et ceux qui fu--, refit pris & interrogez reconnurent avoir fait des char--, ges d'empoijonnemens fur les besiaux , appellées entre„ eux le beau Ciel-D:eu , avec des parties de la Sainte-, Hfi:e > qu ils prenoient à la Communion , des excré --, mens d animaux , Ct un écrit avec du sang des mêmes-, -animaux , mêlé d'Eatt-beníte , Ct les paroles mention --, nees au procès.
W. le Févre , Sécretaire du Roi Seigneur de Pacy,qui avoit souffert un grand dommage par ces miséra-bles Bergers , en fit encore saisir deux en 1691. PierreBiaule & Medard Lavaux , qui avouèrent leurs sorti-lèges , & furent condamnez ì être pendus & brûlez,par Sentence du Bailly de Pacy le z6. Octobre 1691.Ccue Sentence fut confirmée en ce point par un Ar-rêt du Parlement de Paris, imprimé sous ce titre : Ar-rejî de Nosseigneurs de la Cour du Parlement de Parisrendu contre les nommez, Pierre Piaule Ct Medard La-vaux-, Bergers sorciers de la Province de Brie.
t^u par la Cour le procès criminel fait par lé Bailly dela Châtellenie de Pacy en Brie , à la requête du Procu-reur fiscal de ladite jttflice Demandeur Ct Accusateur ,contre Pierre Biau ! e Ct Medard Lavaux de la Provincede Brie , Défendeurs Ct Accusez, prisonniers en la Con-ciergerie du Palais , Appellans de la Sentence contre euxrendue par ledit Siège le L- 5 . Qclobre dernier , par laquel-le lesdtts Biaule çjr Lavaux , font déclarez, duement at-teints Ct convaincus de fuperfiitions , d'impiété z, , sacrilè-ges , prophanations , empoifonnemens Ct maléfices mention'nez au procès , & par le moyen d’iceux fait mourir deJJcin premey ite deux chevaux , quarante fix moutonsréparation de quoi suivant l'article troisième del Ordonnance du Roi du mois de Juillet iS8r. 'condam-nez de faire amande honorable , nuds en chemise , ay ans
j cor st ati C0H ... ce fait menez Cr conduits en la gran-it P aie dudit p ac y , p 01iY y £ tre pendus Ct étranglez àes potences , qui pour cet effet y feront plantées ... ceeurs corps jettez au feu Ct les cendres au vent ....
t , om renvo J l ledits Lavaux Ct Biaule prisonniers^devant ledit Bailly de Pacy p 0Hr l'exéeution. Paît en
z2. er f ) e , nt f î 8. Decembre 1691. prononcé Ct exécuté le■fs ombre t fso 1. audit lieu de Pacy.
one 'k r de Cluelle maniéré le Parlement en use , lors-I- felemSh”' D conflms - H.résulte debout cela quecin»L c, - a Bans reconnoit des sortilèges par les-
Ladh
-,
fuite , c’est que les esprits forts en prennent occasionde tourner en ridicule ceux qui font incontestables. IIimporte donc de s’assurer de la vérité de ces choses ex-traordinaires.
M. Nicole (a) a écrit à ce sujet une lettre , dontune partie mérite d’être insérée ici. Outre qu’elle estpleine de principes solides - elle renferme des faits trèscurieux.
,, Quittons, s’il vous plait, l’hypothése de M. Lec-„ fedal, qui est plus embarassée , & prenons un autre„ cas. Faut-il, par exemple , examiner , si ce qu’on3 , dit être arrivé à la sœur Ser.... est vrai ou non ?J5 Je parle de cet enlèvement extraordinaire devant tou-tes ses sœurs. Si on le trouvoit faux ou incertain,5J cela nuiroit au Monastère , si on le trouvoit vrai,cela servirait â l’Eglise. Que faut-il faire dans cettej espérance , & dans cette crainte ? Je dis qu’il le faut,, examiner. Si on n’examine aucune des choses extra-„ ordinaires que Dieu fait en ce tems, & qu’il fait„ fans doute à dessein qu’elles soient utiles, elles sont„ toutes inutiles , non seulement aux gens de bien,„ mais à toutes les personnes sensées. Car il y a untel mélange de vrai & de faux , par la crédulité,l’imposture , le manquement de lumière de ceux quiles rapportent ; qu’une chose extraordinaire que l’onpropose , & qui n'est pas distinguée de la foule desautres par quelque marque particulière, doit selonla raison être rejettes; c’est-à-dire qu’on n’y doitpoint avoir d’égard. Cela suposé , je demande ; sil’Eglise j les gens de bien, les personnes de bon sensdoivent être privées de Futilité d ? une merveille queDieu aura opérée , par cette seule considération,qu’il se pourra peut-être faire que ces examens, ren-dant certaines choses, qui passent pour merveilleuses,incertaines, il y aura des étourdis qui en seront scan-„ dalisez?
„ Car il ne faut point se tromper : toutes chose» ex-„ traordinaires non examinées & non prouvées, devien-„ nent inutiles, & plus elles font grandes, plus elles„ se tournent facilement en ridicule. Il faut donc avoir„ un soin extraordinaire de les bien établir , quand on„ le peut ; car quand on les néglige, c’en est fait. Jse„ me souviens fur ce sujet, qu’ayant lu dans la vie„ d’un certain Carme déchaussé , nommé le Père Do-„ mi nique, qu’il fut élevé en Pair devant le Roi d’Es-„ pagne , la Reine ,, & toute la Cour, & qu’il n’yavoit qu’à souffler son corps pour Je remuer comm»une bouteille de savon , jè fis ce récit chez Madamede Longueville pour la divertir. Diverses personnesde fort bon esprit , ne manquèrent pas de tournermon récit en ridicule; & leur principale raison étoit,que ce miracle etant la chose la plus éclatante dumonde & la plus importante pour la Rdigiori . on
„
ea
ngou-
( a ) Tome VII. Let. 45-. pa. 158.
Ss %